Italie

Toujours l'impasse sur le nouveau gouvernement

  • PubliĂ© le 27 mai 2018 Ă  15:17
  • ActualisĂ© le 27 mai 2018 Ă  16:09
L'impasse politique reste totale dimanche 27 mai en Italie oĂč le chef du gouvernement dĂ©signĂ©, Giuseppe Conte, ne parvient toujours pas Ă  imposer son Ă©quipe, prĂšs de trois mois aprĂšs les Ă©lections.

L'impasse politique restait totale dimanche en Italie oĂč le chef du gouvernement dĂ©signĂ©, Giuseppe Conte, ne parvient toujours pas Ă  imposer son Ă©quipe, prĂšs de trois mois aprĂšs les Ă©lections, faute d'accord sur le nom du ministre des Finances.

Les populistes italiens d'un cĂŽtĂ©, et le prĂ©sident Sergio Mattarella de l'autre, restent arc-boutĂ©s sur leurs positions, et rien n'indique qu'une solution pourra ĂȘtre trouvĂ©e d'ici la rĂ©ouverture des marchĂ©s lundi matin.

Objet de ce bras de fer: le refus du prĂ©sident Mattarella de nommer Paolo Savona, 81 ans et eurosceptique dĂ©clarĂ©, Ă  la tĂȘte du ministĂšre des Finances. Le chef de l'Etat en Italie nomme le prĂ©sident du Conseil et les ministres sur proposition de ce dernier.
Ce refus scandalise Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrĂȘme droite), qui avec Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystĂšme), ont portĂ© M. Conte Ă  la prĂ©sidence du Conseil. Et il n'est pas prĂȘt Ă  cĂ©der, quitte Ă  "tout faire sauter" et Ă  retourner devant les Ă©lecteurs, fort de son ascension dans les sondages.

"Soit le gouvernement commence à travailler dans les prochaines heures, soit il vaut mieux retourner voter et prendre la majorité absolue", a-t-il lancé samedi soir, devant ses partisans prÚs de Bergame (nord). Et sur ce point, il est soutenu par M. Di Maio. "Nous avons déjà perdu trop de temps, ou on boucle dans les 24 heures (...) ou on laisse tomber", a-t-il déclaré samedi soir lors d'un meetin de son mouvement à Terni (centre).

Cette détermination ne semble pas toutefois ébranler le chef de l'Etat pour qui, il en va de la défense de la Constitution et des prérogatives du président.

Déjà peu convaincu de l'autorité de M. Conte face aux poids-lourds politiques qui composeront son équipe, M. Mattarella, garant du respect des traités internationaux, tient aussi à ce que l'Italie respecte ses engagements européens.

- Complot des élites -

Au risque de donner des armes aux populistes, qui dĂ©noncent dĂ©jĂ  le complot des Ă©lites pour les empĂȘcher de gouverner. "Restez Ă  nos cĂŽtĂ©s, nous avons des gens contre nous dans les Ă©tages supĂ©rieurs, mais tellement d'autres qui nous soutiennent", a ainsi averti M. Di Maio devant ses partisans.Le chef de l'Etat italien attend dĂ©sormais en son palais du Quirinal Ă  Rome que M. Conte vienne lui rendre compte et lui prĂ©sente sa liste de ministres.Si elle devait comporter le nom de M. Savona, M. Mattarella devrait confirmer son refus, selon la plupart des commentateurs italiens, obligeant ainsi M. Conte Ă  renoncer.

Le prĂ©sident dĂ©signerait alors un nouveau prĂ©sident du Conseil, mais cette fois sans chercher l'aval des vainqueurs des lĂ©gislatives du 4 mars, pour former un "gouvernement du prĂ©sident". En d'autres termes, un gouvernement technique, qui en tout Ă©tat de cause, n'obtiendrait pas la majoritĂ© au Parlement, oĂč dominent le M5S et la Ligue. Cet exĂ©cutif serait alors chargĂ© de gĂ©rer les affaires courantes jusqu'Ă  des Ă©lections, probablement Ă  l'automne.

M. Savona pourrait de lui mĂȘme jeter l'Ă©ponge pour faciliter une issue Ă  cette crise institutionnelle sans prĂ©cĂ©dent en Italie, mais, selon la presse italienne, il s'y est refusĂ©.Si rien ne devait se produire dimanche, tous les regards se tourneront lundi vers les marchĂ©s financiers. Vendredi, la Bourse de Milan avait terminĂ© une nouvelle fois en baisse, Ă  -1,54%. Quant au spread, l'Ă©cart entre les taux d'emprunt Ă  dix ans allemand et italien, il avait atteint dans l'aprĂšs-midi 217 points, son plus haut depuis dĂ©cembre 2013, avant de clĂŽturer Ă  206 points.
AFP

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