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Tournant dans la guerre au YĂ©men ?

  • PubliĂ© le 2 dĂ©cembre 2017 Ă  16:19
  • ActualisĂ© le 2 dĂ©cembre 2017 Ă  16:38
Combattants Houthis devant la mosquée al-Saleh à Sanaa le 30 novembre 2017

De violents affrontements se sont poursuivis samedi dans la capitale yĂ©mĂ©nite entre les deux composantes de la rĂ©bellion, les Houthis dĂ©nonçant un "coup de force" de l'ex-prĂ©sident Ali Abdallah Saleh qui s?est dit prĂȘt Ă  "tourner la page" avec l?Arabie saoudite.


Les combats entre les deux camps, qui contrÎlent la capitale Sanaa, ont fait des dizaines de morts et de blessés depuis mercredi sans qu'il soit possible de donner un bilan précis.
Ils pourraient entraßner un nouveau front dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, ravagé par la guerre depuis plus de deux ans et qui connaßt déjà la "pire crise humanitaire" de la planÚte, selon les Nations unies.
"J'appelle nos frĂšres dans les pays voisins (...) Ă  arrĂȘter leur agression et Ă  lever le blocus (...) et nous tournerons la page", a dit M. Saleh dans des dĂ©clarations Ă  la tĂ©lĂ©vision, en rĂ©fĂ©rence Ă  l'Arabie saoudite.
Ryad a lancĂ© en mars 2015 une campagne militaire contre les Houthis et leurs alliĂ©s pour les empĂȘcher de prendre le contrĂŽle de tout le territoire, et avait rĂ©cemment renforcĂ© le blocus sur le pays aprĂšs un tir de missile des Houthis vers Ryad.
"Nous promettons à nos frÚres et voisins que dÚs qu'un cessez-le-feu sera en place et que le blocus sera levé, nous dialoguerons directement via l'autorité légitime représentée par notre parlement", a ajouté M. Saleh.
Cette initiative a Ă©tĂ© accueilli favorablement par l'Arabie saoudite qui Ă©tait en froid avec M. Saleh depuis 2012 et qui accuse les Houthis d'ĂȘtre armĂ©s par son grand rival rĂ©gional l'Iran.
La coalition sous commandement saoudien a estimé que la démarche de l'ex-président "libérera le Yémen" des "milices loyales à l'Iran".


- 'Coup de force' -


Mais les déclarations de M. Saleh ont provoqué la colÚre de l'autre composante de la rébellion qui a dénoncé un "coup de force" contre leur alliance.
"Le discours de Saleh est un coup de force contre notre alliance et notre partenariat (...) et révÚle l'imposture de ceux qui affirment lutter contre l'agression" saoudienne, a déclaré un porte-parole des Houthis.
La chaßne de télévision Al-Massira contrÎlée par les rebelles a estimé que M. Saleh était en train de changer d?alliance.
Plus tÎt, dans une intervention télévisée, Abdelmalek Al-Houthi, chef des rebelles Houthis, avait exhorté Ali Abdallah Saleh à "revenir à la raison" et averti que "l'Etat pourrait avoir à imposer l'ordre".
M. Saleh a de son cÎté accusé les Houthis d'avoir "déclenché la guerre" à Sanaa dans un communiqué diffusé par son parti CongrÚs populaire général (CPG), en référence aux combats à Sanaa dont faisaient encore état samedi matin les deux camps.
"Le CPG et ses alliés tient Ansarullah pleinement responsables pour avoir déclenché la guerre", selon le communiqué, en utilisant un autre nom pour désigner les rebelles Houthis.
"Nous regrettons que les efforts de médiation (...) visant à protéger notre nation et son peuple (...) soient partis en fumée", a-t-il indiqué, en référence à l'échec de médiations vendredi.
Les deux camps sont pourtant officiellement alliés depuis qu'ils se sont emparés de Sanaa en septembre 2014, poussant le gouvernement reconnu par le communauté internationale à prendre la fuite.
Ils dirigent un gouvernement parallÚle dans la capitale, mais ils sont en profond désaccord depuis plusieurs mois sur le partage du pouvoir à Sanaa.
Les Houthis sont soutenus par l'Iran qui nie cependant leur fournir le moindre appui militaire.
M. Saleh, Ă  la tĂȘte du YĂ©men pendant plus de 30 ans, a dĂ» quitter le pouvoir en 2012 Ă  la suite d'importantes manifestations.
Le conflit au Yémen a fait plus de 8.750 morts et 50.600 blessés, dont de nombreux civils, depuis mars 2015. Sept millions de personnes ont besoin d?une aide alimentaire d?urgence.

Par Julie DUCOURAU - © 2017 AFP

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