La victoire ou la crise: plongé dans une série de cinq défaites, le XV de France est condamné à remporter samedi (21h05) à Villeneuve-d'Ascq son deuxiÚme test-match de novembre, face à l'Argentine, vieux cousin source de misÚres par le passé.
Le passé trÚs récent, les joueurs ne doivent justement plus y penser, à cette invraisemblable défaite sur le gong face à l'Afrique du Sud (29-26) samedi dernier alors qu'ils tenaient un succÚs de prestige et porteur d'espoirs. Le premier face à une nation de l'hémisphÚre Sud depuis juin 2016 en... Argentine (27-0).
Mais ils ont perdu comme des Bleus, et la face de leur série d'automne s'en est retrouvée changée: au lieu de s'avancer face à l'Argentine emplis de certitudes, ils l'abordent en panne de confiance, comme un "match de la mort" à ne pas perdre.
Pour Ă©viter d'ĂȘtre au pied du mur en recevant les Fidji en clĂŽture, d'entamer en plein doute une saison qui mĂšnera Ă la Coupe du monde 2019, et devenir les premiers dans l'Ăšre professionnelle du XV de France Ă enchaĂźner six test-matches perdus de rang.
Pour l'instant, ils ont seulement Ă©galĂ© celle de l'an passĂ©, tout juste arrĂȘtĂ©e par un nul triste et historique face au Japon (23-23), fatal Ă Guy NovĂšs.
'Ca va basculer'
Jacques Brunel l'a remplacé et le bilan ne s'en pas trouvé amélioré. S'il semble avoir redonné un état d'esprit et de corps aux Tricolores, il manque en effet l'essentiel: la victoire, seulement décrochée à deux reprises (en neuf matches) en 2018.
"Ca pÚse mais c'est dans la défaite qu'on construit un groupe, son état d'esprit. En corrigeant nos petites erreurs, ça va tourner en notre faveur", veut croire le pilier Cedate Gomes Sa.
Les nuages laisseront bientÎt place à un ciel davantage dégagé, Brunel en également persuadé: "A un moment donné, ça va basculer. On est là . Si on était à 10 kilomÚtres (des meilleurs), je serais plus inquiet."
Le pilier droit, ses partenaires et le sélectionneur ont été à l'unisson cette semaine: oui, la cruelle défaite contre les Boks a été difficile à digérer, mais il convient de regarder devant.
Camille Lopez résume le sentiment général: "C'est douloureux, forcément on a passé un samedi soir et un dimanche trÚs compliqués, on ne va pas se mentir. Mais on a basculé dÚs le lundi, on a évité de ressasser. A ce niveau, on ne peut pas se permettre de se lamenter sur le match précédent."
'Ca me rend fou'
L'ouvreur et ses coĂ©quipiers ne peuvent pas non plus se permettre de commettre les mĂȘmes erreurs grossiĂšres, en fin de match ou bien avant.
Elles en rendent certains trĂšs amers, voire en colĂšre, surtout les plus anciens, qui oscillaient entre abattement et ras-le-bol samedi dernier (Maestri, Bastareaud, Guirado).
Jefferson Poirot est plus neuf au niveau international mais n'en a pas moins sa langue dans sa poche: "Ce qui m'embĂȘte vraiment, c'est le nombre de dĂ©faites de l'aprĂšs (Coupe du monde) 2015 Ă 3 points ou moins (six, NDLR). Ca me rend fou, on est les rois de la dĂ©faite encourageante ou du +toujours trĂšs prĂšs+".
Le tournant de la victoire et de la rigueur est donc à prendre au stade Pierre-Mauroy, face à des Pumas qui ont réguliÚrement pris un malin plaisir, depuis une dizaine d'années, à faire déjouer le XV de France devant son public (2007, 2014).
Le mental devrait prendre une part prĂ©pondĂ©rante: les Bleus, les mĂȘmes que samedi dernier Ă deux exceptions prĂšs (Fickou et Huget), devront Ă©viter de douter, transformer leur rage et leur frustration sans pour autant tomber dans l'excĂšs.
"Il faudra ĂȘtre un ton au-dessus au niveau du combat, de l'agressivitĂ©, pour leur faire comprendre qu'on est lĂ ", avance Baptiste Serin.
Cela Ă dix mois de retrouver les Argentins dans la "poule de la mort" au Japon. Un rendez-vous sur lequel ne se projettent pas les Bleus, dont Lopez: "On a trop de boulot Ă court terme pour imaginer quelque chose face Ă l'Argentine Ă la Coupe du monde."
AFP

