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Tout sur les agents secrets au fil du temps, une exposition des Archives

  • PubliĂ© le 4 novembre 2015 Ă  13:55
Un télégraphe électrique créé par Samuel Morse en 1837 exposé aux Archives nationales le 3 novembre 2015

Micro dans une boßte d'allumettes, décryptage des conversations royales, immersion en sous-marin nucléaire: les agents secrets n'ont - presque - plus de.

..secret grùce à une exposition inédite ouverte mercredi à Paris sur leur histoire et leurs "gadgets".
Lever un voile, de maniÚre pédagogique et parfois ludique, sur "Le secret de l'Etat" en France à travers les ùges, du XVIIe au XXe siÚcles: telle est l'ambition des Archives nationales qui, en six modules, retracent l'histoire du renseignement dans les salons feutrés de leur hÎtel de Soubise, dans le vieux Paris, jusqu'au 28 février 2016.
Une tùche pas évidente, confie le commissaire de l'exposition, Yves-Sébastien Laurent, professeur à l'Université de Bordeaux, à qui n'a pas échappé le halo de mystÚre ou de rejet qui entoure le monde des agents secrets.
"Quid du secret d'Etat, un secret de papier, un secret porté par quelques individus autour du président de la République, un secret de bureaucrates?", interroge-t-il. Pour exposer ces secrets, l'exposition regorge de documents et de matériels sophistiqués vus souvent - et à tort - comme des gadgets dans les vieux films de James Bond par exemple. La plupart sont "inédits" ou "peu mis en valeur", selon le commissaire.
Certains proviennent des fonds secrets, sans jeu de mot, des services de renseignement français de la DGSI (sécurité intérieure) et DGSE (sécurité extérieure) ou ont été dénichés dans des musées nationaux ou locaux.
L'entrée se fait, sur grand écran, par une immersion dans le célÚbre sous-marin nucléaire français, le Redoutable, mis à l'eau en 1967. Couleurs rouge ou verte, c'est selon le degré de dangerosité des missions: on s'y croirait.
- "Plombiers" du Canard -
Le parcours se poursuit au fil du temps, depuis l'Ancien Régime jusqu'à nos jours, avec ce besoin constant de l'Etat de tout savoir et tout protéger, grùce d'abord à ses diplomates puis ses agents secrets.
Des agents décriés: sont évoquées à cet égard l'affaire Dreyfus, celles des écoutes de l'Elysée sous François Mitterrand ou des "plombiers" ayant posé des micros au Canard Enchaßné en 1973.
Ici, des espions russes, un document rĂ©volutionnaire sur la situation insurrectionnelle en VendĂ©e, le dĂ©cret signĂ© de la main du gĂ©nĂ©ral de Gaulle crĂ©ant le Sdece, ancĂȘtre de la DGSE. LĂ , un ordre de tuer un citoyen allemand soupçonnĂ© d'aider la rĂ©bellion algĂ©rienne dans les annĂ©es soixante, une mission dite "homo" dans le jargon du renseignement, dont l'exposition ne dit pas si elle a abouti.
Il y a surtout ces piÚces "rares", selon les responsables de l'exposition: le vieux téléphone rouge d'un chef d'Etat, une boßte d'allumettes et une montre dotées d'un microphone invisible à l'oeil nu, des appareils de codage et de déchiffrage afin de déjouer les man?uvres des ennemis de la République ou des rois de France.
M. Laurent est trÚs fier de cette boßte "à déchiffrer et chiffrer" les "informations" en forme de livre rare, datant de Henri II au XVIe siÚcle, venue du musée d'Ecouen, prÚs de Paris. But: "Protéger les discussions royales".
Et, dans le mĂȘme esprit, figure aussi une valise et sa machine de chiffrement "Enigma" de la marine allemande (Kriegsmarine), rĂ©putĂ©e avoir Ă©tĂ© saisie par des agents français peu avant la Seconde Guerre mondiale.
"Il y avait de quoi décoder tous les échanges d'alors" avec des "informations capitales" sur la stratégie des Allemands, selon le commissaire. Mais personne n'en a "beaucoup tenu compte". C'est aussi cela le renseignement.

Par Rémy BELLON - © 2015 AFP
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