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Toxicomanie: un rapport préconise la consommation de drogue dans les centres d'accueil

  • PubliĂ© le 18 avril 2016 Ă  10:01
la Fédération française d'addictologie (FFA) recommande dans un rapport que la consommation de drogue soit permise dans les centres d'accueil pour toxicomanes

Consommer dans des "salles de shoot" mais pas seulement : la Fédération française d'addictologie (FFA) recommande dans un rapport rendu public lundi que la consommation de drogue soit également permise dans les centres d'accueil pour toxicomanes.


Les centres de soins d'accompagnement et de prĂ©vention en addictologie (CSAPA) et les centres d?accueil et d?accompagnement Ă  la rĂ©duction de risques pour usagers de drogues (CAARUD) sont Ă  l'origine des lieux de conseil, de prĂ©vention et de soins, oĂč la consommation est officiellement interdite.
Mais "la supervision d'injections se fait déjà officieusement dans ces centres qui doivent pouvoir accompagner sur le plan médical ce type de gestes pour en limiter les risques", explique le docteur Alain Morel, qui a présidé l?audition publique dont est issu le rapport de la FFA.
ConcrĂštement, la supervision mĂ©dicale d'une injection permet d'Ă©viter les risques d'overdoses et les risques infectieux. "On veille Ă  ce que l'usager ne se pique pas n'importe comment, avec une seringue propre, et pas n'importe oĂč en fonction de l'Ă©tat de ses veines, qu'il Ă©vite par exemple de piquer dans un abcĂšs et risquer la septicĂ©mie", prĂ©cise Alain Morel.
Par ailleurs, la fédération, qui rassemble les associations de lutte contre les addictions, recommande la mise à disposition des usagers et de leur entourage de la Naxolone, un antidote permettant de renverser les effets d'une overdose à un opioïde ou à l'héroïne.
En France, la Naxolone ne peut ĂȘtre administrĂ©e que par un mĂ©decin. "En cas d'overdose, les services d'urgence d'un hĂŽpital peuvent faire une injection qui vous sauvera la vie, mais le temps que vous arriviez Ă  l'hĂŽpital ...", pointe le Dr Morel, alors que l'espĂ©rance de vie est rĂ©duite Ă  une dizaine de minutes en cas de perte de conscience suite Ă  une overdose.
Selon la FFA, la diminution des risques et des dommages liĂ©s aux conduites addictives passe en prioritĂ© par la dĂ©pĂ©nalisation de l'usage. "Harceler, punir ou mettre en prison des usagers de drogues n'a aucun intĂ©rĂȘt: toutes les structures et sociĂ©tĂ©s savantes du champ de addictions sont d'accord sur ce point", souligne le Dr Morel.
Le rapport de la FFA contient quinze propositions pour la réduction des risques et des dommages liés aux conduites addictives qui sont communiquées au ministÚre de la Santé.

Par Harumi OZAWA - © 2016 AFP
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