Donald Trump est attendu mardi en Corée du Sud pour une deuxiÚme étape sensible de sa tournée asiatique, promettant en dépit de divergences marquées avec Séoul sur le dossier nucléaire nord-coréen, de "régler tout ça".
La CorĂ©e du Nord Ă©tait dĂ©jĂ au coeur de l'escale japonaise de son marathon asiatique, au moment oĂč les tensions sont particuliĂšrement Ă©levĂ©es sur la pĂ©ninsule divisĂ©e.
Mais si le bouillant président américain a plusieurs fois affiché sa proximité avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, ses relations avec le président sud-coréen de centre-gauche Moon Jae-In ont jusqu'à présent été beaucoup moins chaleureuses.
"Je me prépare à partir pour la Corée du Sud et des réunions avec le président Moon, un homme de valeur", a déclaré mardi matin M. Trump dans un tweet au Japon. "On va régler tout ça."
Un message apparaissant beaucoup plus mesuré qu'un précédent tweet, quand il avait accusé en septembre M. Moon, partisan d'un dialogue avec Pyongyang, de défendre une politique "d'apaisement" vouée à l'échec.
Cette pique avait été mal perçue à Séoul, en ce qu'elle assimilait M. Moon à un Neville Chamberlain des temps modernes, en référence à l'artisan de la politique britannique d'apaisement vis-à -vis d'Adolf Hitler à la fin des années 1930.
Le président américain effectuera sa premiÚre visite officielle en Corée du Sud aprÚs des mois de dégradation du climat sur la péninsule.
- Insultes -
En cause l'intensification des programmes militaires de Pyongyang, qui a réalisé en septembre son sixiÚme essai nucléaire -le plus puissant à ce jour- et testé plusieurs missiles potentiellement susceptibles d'atteindre le territoire américain.
La surenchÚre verbale et des échanges d'insultes entre le président américain et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un ont également contribué à la montée des tensions.
Lundi, M. Trump a pu s'assurer du soutien total du Japon à sa politique nord-coréenne, qui défend l'idée que "toutes les options sont sur la table" vis-à -vis de Pyongyang.
"Les essais nucléaires illégaux et les tirs de missiles balistiques scandaleux (...) sont une menace pour la paix internationale et la stabilité", a martelé lundi M. Trump lors d'une conférence de presse commune avec M. Abe.
"L'heure de la patience stratégique est révolue", a lancé le président américain, en référence à la doctrine de son prédécesseur démocrate Barack Obama.
AprÚs un dimanche détendu et agrémenté d'une partie de golf avec M. Abe, M. Trump a aussi rencontré lundi, avec son épouse Melania, l'empereur et l'impératrice, ne tarissant pas d'éloge sur la qualité des liens avec l'archipel.
Les relations personnelles sont beaucoup plus fraßches entre M. Trump et M. Moon, un ancien avocat spécialisé dans les droits de l'Homme qui a succédé cette année à la présidente conservatrice destituée Park Geun-Hye, qui défendait aussi une ligne dure vis-à -vis de Pyongyang.
- 'Bombes rhétoriques' -
Moon Jae-In a demandé aux Etats-Unis qu'aucune intervention militaire contre Pyongyang ne se fasse sans le consentement préalable d'une capitale sud-coréenne inquiÚte de se savoir à portée de l'artillerie nord-coréenne.
La Corée du Sud n'en déroulera pas moins le tapis rouge pour M. Trump. L'enjeu, pour Séoul, sera d'obtenir des assurances sur la solidité de l'alliance bilatérale, en dépit de la personnalité d'un président américain qui avait promis "le feu et la colÚre" à Pyongyang.
La population sud-coréenne est divisée face à Donald Trump, qui est l'objet de manifestations de sympathie et de défiance depuis ce week-end à Séoul.
"Les CorĂ©ens ont beau ĂȘtre calmes au sujet de la guerre des mots entre Trump et Kim, nous chĂ©rissons nos vies autant que les AmĂ©ricains chĂ©rissent la leur et la perspective d'une guerre nous effraie", observait mardi dans un Ă©ditorial le Korea Times.
Avant d'ajouter au sujet du président américain: "Ses +bombes rhétoriques+ disent tout."
De l'autre cÎté de la Zone démilitarisée (DMZ), située à quelques dizaines de kilomÚtres seulement de Séoul, la Corée du Nord a d'ores et déjà donné le ton: par la voix du journal du parti unique, le Rodong Sinmun, elle a qualifié M. Trump de "vieil homme fou de la Maison Blanche".
Le président américain fera d'abord étape au Camp Humphreys, QG des 28.500 militaires américains stationnés dans le pays, à environ 90 km au sud de la capitale.
Il participera ensuite à la Maison bleue, siÚge de la présidence sud-coréenne, à un sommet avec M. Moon avant un dßner d'Etat.
Il s'exprimera mercredi devant les parlementaires sud-coréens mais fera l'impasse sur la visite de la DMZ, pourtant un passage -quasi- obligé de tous les présidents américains.
Depuis la visite de Ronald Reagan sur place en 1983, seul George H.W. Bush n'a pas effectué ce déplacement qui donne toujours lieu à des images fortes.
Par Anne-Sophie MOREL - © 2017 AFP


