Présidentielles américaines

Trump contre Biden, et le coronavirus

  • PubliĂ© le 19 mars 2020 Ă  12:56
  • ActualisĂ© le 19 mars 2020 Ă  13:33
Le président américain Donald Trump et Deborah Birx, responsable de la coordination du dossier coronavirus à la Maison Blanche,le 18 mars 2020 à Washington lors d'un point sur la situation dans le pays

Pour Donald Trump, c'est quasiment sûr, Joe Biden sera le candidat démocrate à la présidentielle de novembre.

Mais il compte déjà un adversaire bien plus dangereux: le coronavirus qui perturbe la campagne électorale et plonge le pays dans l'incertitude. Il y a un peu plus d'une semaine, le milliardaire républicain se sentait serein avec une Bourse qui battait des records et des indicateurs au beau fixe.

Il multipliait les meetings pour sa réélection, ironisant à chaque fois devant des milliers de fervents partisans sur la division du parti démocrate, bien en peine de se trouver un candidat.

Mais la donne a radicalement changé depuis l'explosion des cas de coronavirus sur le sol américain. Le pays vit au rythme des restrictions de voyage et des mesures de confinement, l'économie de la premiÚre puissance mondiale a plongé et le risque de récession est réel. La peur a remplacé l'optimisme.

La lutte contre la propagation de l'épidémie a contraint Donald Trump à interrompre sa campagne électorale et à renoncer à ses meetings qui électrisaient ses partisans. En face, l'ancien vice-président Joe Biden a réalisé un retour en fanfare. Avec 19 victoires sur 27 scrutins de la primaire démocrate, elle aussi chamboulée par le coronavirus, il a rassemblé le camp des modérés et a pris un avantage presque insurmontable face au "socialiste" Bernie Sanders dans la course à l'investiture.

Et contre le Covid-19, M. Biden n'hĂ©site pas Ă  rappeler son expĂ©rience de vice-prĂ©sident de Barack Obama, quand il avait participĂ© Ă  la lutte contre Ebola et gĂ©rĂ© le plan de sauvetage de l'Ă©conomie amĂ©ricaine aprĂšs la crise financiĂšre de 2008. "Le prochain prĂ©sident devra sauver notre rĂ©putation, reconstruire la confiance en nos dirigeants, et mobiliser notre pays et nos alliĂ©s pour faire face rapidement aux nouveaux dĂ©fis, comme les pandĂ©mies Ă  venir", a-t-il affirmĂ© mercredi. "Nous avons besoin d'un dirigeant qui sera prĂȘt dĂšs le premier jour" de son mandat, a-t-il ajoutĂ©.

- Trump "en guerre" -

Donald Trump, en revanche, affronte les critiques pour la réponse initiale de son gouvernement face à l'épidémie. Mardi, un sondage NPR/PBS/Marist indiquait que 60% des Américains avaient pas ou peu confiance dans ses déclarations sur la crise.

Pendant plusieurs semaines, il a paru minimiser les risques, affirmant notamment que le virus n'était pas aussi dangereux que la grippe saisonniÚre et qu'il allait disparaßtre aux beaux jours. Au delà des déclarations sur le "virus chinois", qui rappellent sa stigmatisation des immigrés mexicains lors de la campagne 2016, ce sont les ratés dans la mise au point et la distribution des kits de dépistage qui ont fait bondir ses opposants et les experts.

Touché par cette mauvaise presse, l'ancien homme d'affaires a fait volte-face. Il a annoncé un plan massif d'aide à l'économie de 1.000 milliards de dollars et s'est présenté mercredi comme un président "en temps de guerre" face à un "ennemi invisible". "Toutes les générations d'Américains ont été appelés à faire des sacrifices pour le bien de la nation", a-t-il déclaré en rappelant la mobilisation pendant la Seconde guerre mondiale.

- "J'espĂšre" -

L'ode au patriotisme ("l'AmĂ©rique d'abord") et la confiance dans une victoire finale ont remis M. Trump sur pieds. C'est ce message qui l'avait fait Ă©lire en 2016 et qu'il compte rĂ©utiliser pour assurer sa réélection. AprĂšs avoir interdit les arrivĂ©es en provenance de Chine, puis d'Europe, il a annoncĂ© mercredi la fermeture de la frontiĂšre terrestre avec le Canada, une stratĂ©gie du repli choisie par de nombreux pays pour arrĂȘter la pandĂ©mie. Pourtant, ce qui dĂ©cidera du vainqueur en novembre n'est probablement pas la façon dont le coronavirus est battu, mais quand.

Avant l'Ă©tĂ©, Donald Trump pourra crier victoire en espĂ©rant une reprise Ă©conomique rapide. Il pourrait mĂȘme bĂ©nĂ©ficier d'une vague de sympathie pour sa gestion de la crise. Si le virus s'avĂšre coriace, la reprise devra attendre. Il pourrait aussi, comme la grippe espagnole, revenir Ă  l'automne juste avant l'Ă©lection.

"Cela va repartir", a assurĂ© M. Trump Ă  la Maison Blanche en Ă©voquant l'Ă©conomie post-virus. "Un jour, on sera peut-ĂȘtre ici et on dira +On a gagnĂ©+".
"Et nous allons gagner plus vite que les gens le croient", a-t-il affirmé aux journalistes, avant d'ajouter : "j'espÚre".

AFP

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