Arabie saoudite

Trump entame Ă  Ryad un premier voyage sous tension

  • PubliĂ© le 20 mai 2017 Ă  06:07
Donald Trump et son épouse Melania Trump quitte la Maison Blanche à Washington le 19 mai 2017

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump entame samedi en Arabie saoudite, oĂč il doit prononcer un discours attendu sur l'islam, son premier dĂ©placement Ă  l'Ă©tranger, espĂ©rant un rĂ©pit aprĂšs une semaine de rĂ©vĂ©lations accablantes Ă  Washington.


Mais juste aprĂšs le dĂ©collage pour Ryad de l'avion prĂ©sidentiel, le Washington Post rapportait que l'enquĂȘte du FBI sur les liens entre l'Ă©quipe de campagne de Donald Trump et la Russie s'intĂ©ressait Ă  un haut responsable actuel de la Maison Blanche, conseiller "proche" du prĂ©sident, non identifiĂ©.
De son cÎté, le New York Times révélait que le président américain avait qualifié de "cinglé" l'ex-directeur du FBI, James Comey, lors d'une rencontre le 10 mai avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, dans le Bureau ovale.

Et quelques heures aprĂšs le dĂ©part de Donald Trump, les chefs rĂ©publicain et dĂ©mocrate de la commission du Renseignement ont annoncĂ© que l'ex-chef du FBI, restĂ© silencieux depuis son renvoi le 9 mai, a acceptĂ© d'ĂȘtre entendu lors d'une audition publique au SĂ©nat amĂ©ricain. Air Force One est attendu en milieu de matinĂ©e dans la capitale saoudienne oĂč le prĂ©sident rĂ©publicain, qui sera accompagnĂ© de son Ă©pouse Melania et de sa fille aĂźnĂ©e Ivanka, peut s'attendre Ă  une rĂ©ception chaleureuse.

Si la mĂ©fiance des monarchies sunnites du Golfe vis-a-vis de Barack Obama Ă©tait notoire, le magnat de l'immobilier devrait ĂȘtre accueilli Ă  bras ouverts.
LĂ  oĂč ses prĂ©dĂ©cesseurs rĂ©servaient traditionnellement leur premier dĂ©placement Ă  leur voisin direct - Mexique ou Canada -, il a choisi la monarchie pĂ©troliĂšre. Le roi Salmane, qu'il rencontrera en dĂ©but d'aprĂšs-midi, a appelĂ© Ă  "un nouveau partenariat" entre les Etats-Unis et les pays musulmans, dont nombre de dirigeants seront prĂ©sents dimanche Ă  Ryad.

"Il aura un message plus dur sur l'Iran (le grand rival chiite, NDLR), il ne leur fera pas la leçon sur la démocratie et les droits de l'Homme et il sera applaudi", résume Philip Gordon, du Council on Foreign Relations. "Mais la véritable question est de savoir ce qu'il leur demandera et ce qu'il peut espérer obtenir".

- Contrats d'armement -

La Maison Blanche appelle de ses voeux une implication plus forte des pays du Golfe dans la lutte contre ceux que Donald Trump met un point d'honneur à qualifier de "terroristes islamiques radicaux". "Il encouragera nos partenaires arabes et musulmans à prendre des décisions audacieuses pour promouvoir la paix et faire face à ceux, du groupe Etat islamique à Al-Qaïda, qui perpétuent le chaos et la violence qui ont infligé tant de souffrances dans le monde musulman et au-delà", a souligné le général H.R. McMaster, son conseiller à la sécurité nationale.

Dimanche, toujours à Ryad, le président américain prononcera devant une cinquantaine de dirigeants de pays musulmans, un sommet qui a été "béni" par l'imam de La Mecque, un discours soulignant ses "espoirs" pour une "vision pacifique" de l'islam.
Il y a huit ans, son prĂ©dĂ©cesseur Barack Obama avait, depuis Le Caire, appelĂ© Ă  un "nouveau dĂ©part" entre les Etats-Unis et les musulmans Ă  travers le monde, "un dĂ©part fondĂ© sur l'intĂ©rĂȘt mutuel et le respect mutuel".

La visite de Donald Trump devrait aussi donner lieu Ă  des annonces de contrats d'armement chargĂ©s de promesse pour l'industrie amĂ©ricaine. "L'Ă©norme point d'interrogation Ă  garder en tĂȘte si l'Arabie saoudite signe des contrats pour un total de 100 milliards de dollars est de savoir comment ils pourront rĂ©gler la facture, avec les prix actuels du pĂ©trole", tempĂšre Bruce Riedel, ancien de la CIA aujourd'hui analyste de la Brookings Institution.

Vendredi soir, la défense aérienne saoudienne a annoncé avoir "intercepté" à 180 km au sud-ouest de Ryad un missile tiré par les rebelles chiites Houthis depuis le Yémen voisin, ravagé par la guerre depuis plus de deux ans. Une coalition militaire arabe sous commandement saoudien intervient depuis mars 2015 au Yémen en soutien au gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi contre les rebelles Houthis, alliés à des unités de l'armée restées fidÚles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh. Les rebelles contrÎlent la capitale Sanaa depuis 2014 et restent maßtres de vastes régions du pays.

MalgrĂ© cet incident, l'Arabie saoudite, oĂč Donald Trump passera deux jours, pourrait en dĂ©finitive ĂȘtre l'Ă©tape la plus aisĂ©e du voyage du nouveau locataire de la Maison Blanche qui peine Ă  prendre ses marques.

Son pĂ©riple le mĂšnera Ă©galement en IsraĂ«l, dans les territoires palestiniens, au Vatican, Ă  Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l'Otan et du G7 oĂč les alliĂ©s europĂ©ens de Washington seront en quĂȘte d'engagements clairs.

Au-delà de ses orientations diplomatiques, le comportement de l'exubérant président septuagénaire sera observé à la loupe. Durant ses huit jours loin des Etats-Unis, partagera-t-il chaque matin sur Twitter ses exaspérations, comme il a pris l'habitude de le faire depuis son arrivée au pouvoir - à la surprise générale - le 20 janvier?

Son équipe, secouée par une séquence tumultueuse qui a poussé certains élus républicains à exprimer leurs réserves, s'efforce pour l'heure de mettre en avant la dimension "historique" de ce déplacement au cours duquel le 45e président américain ira à la rencontre des trois grandes religions monothéistes.

AFP

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