Etats-Unis

Trump entrevoit la reprise imminente de "100%" des territoires de l'EI

  • PubliĂ© le 7 fĂ©vrier 2019 Ă  01:27
  • ActualisĂ© le 7 fĂ©vrier 2019 Ă  05:46
Le président des Etats-Unis Donald Trump fait un discours en clÎture d'une réunion des ministres des Affaires étrangÚres des pays membres de la coalition internationale antijihadistes, le 6 février 2019 à Washington

Soucieux de minimiser les conséquences de son retrait de Syrie, Donald Trump a prédit mercredi la "libération" imminente de "100%" des territoires jadis contrÎlés par le groupe Etat islamique (EI), tout en promettant à ses alliés réunis à Washington de poursuivre le combat.

Eviter la rĂ©surgence de l'EI, trancher le sort de ses combattants Ă©trangers dĂ©tenus en Syrie, dissiper les tensions entre Kurdes et Turcs: les ministres des Affaires Ă©trangĂšres des pays membres de la coalition internationale antijihadistes, rĂ©unis par le chef de la diplomatie amĂ©ricaine Mike Pompeo, devaient faire face aux multiples casse-tĂȘte créés par le dĂ©part amĂ©ricain.

En sonnant le retrait en décembre, à la surprise générale, le président des Etats-Unis avait invoqué une défaite totale de l'EI. Mais cette proclamation hùtive a depuis été mise en doute de toutes parts.
"L'armée des Etats-Unis, nos partenaires de la coalition et les Forces démocratiques syriennes", une alliance arabo-kurde, "ont libéré la quasi-totalité des territoires auparavant contrÎlés par l'EI en Syrie et en Irak", a déclaré Donald Trump, venu clÎturer la réunion au département d'Etat.
"L'annonce formelle que nous avons repris 100% du califat devrait intervenir la semaine prochaine", a-t-il ajouté. "Je ne veux pas l'annoncer trop tÎt", a-t-il précisé, prudent, alors qu'il espérait initialement faire coïncider ce succÚs avec la réunion de la coalition et prouver ainsi que la mission premiÚre des 2.000 soldats américains déployés dans le nord syrien est accomplie.

Pour autant, les jihadistes qui restent "peuvent ĂȘtre trĂšs dangereux". "Ils ont encore de petites poches", "qui seront de plus en plus petites" mais "peuvent ĂȘtre si dangereuses", a reconnu le locataire de la Maison Blanche, promettant de "tout faire pour vaincre jusqu'au dernier membre de la folie de l'EI et dĂ©fendre nos gens du terrorisme islamique radical".
Avant lui, son secrétaire d'Etat avait déjà admis que l'EI restait "une menace dangereuse", et appelé les 74 pays et cinq organisations multilatérales membres de la coalition à "réaffirmer l'objectif de la défaite définitive" du groupe jihadiste, qui a lancé ces derniÚres années des attentats meurtriers en Europe depuis ses anciens bastions, notamment en Syrie.
Il a toutefois estimé que "la nature du combat" était "en train de changer". Dorénavant, "notre combat ne sera pas forcément en premier lieu militaire", a plaidé Mike Pompeo, évoquant l'importance du renseignement à l'Úre du "jihad décentralisé".

"Reprendre" les jihadistes étrangers

C'est pourquoi, a-t-il assuré, le retrait de Syrie "ne signifie pas la fin du combat américain". "L'Amérique va continuer à diriger" la lutte antijihadistes "en ne laissant aucun répit à ceux qui voudraient nous détruire", a-t-il martelé.
Les deux hommes ont également une nouvelle fois appelé les autres pays à participer davantage à l'effort financier de ce combat.

Le sort des jihadistes Ă©trangers qui, aprĂšs avoir combattu sous la banniĂšre de l'EI, ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par les forces kurdes alliĂ©es des Occidentaux sur le terrain, est aussi un problĂšme pour plusieurs pays, France en tĂȘte.
Paris comptait initialement sur les Kurdes pour les juger et les incarcérer sur place, afin de s'épargner d'avoir à gérer leur retour dans un pays encore marqué par les attaques de 2015.
Mais avec le départ des GI's, le risque est trop grand de voir ces jihadistes se disperser dans la nature et reprendre le combat. Le gouvernement français semble donc se résoudre progressivement à les voir rentrer.
Surtout que Washington s'est invité dans cette équation épineuse: "Les membres de la coalition doivent accepter de reprendre" leurs jihadistes, "les poursuivre en justice et les punir" dans leurs pays respectifs, a lancé Mike Pompeo.

Enfin, la rĂ©union de mercredi devait ĂȘtre l'occasion d'aborder, en coulisses, la situation des combattants kurdes qui risquent de se retrouver seuls face Ă  la Turquie, autre membre de la coalition mais qui les considĂšre comme des "terroristes" et menace d'une offensive contre eux.
Un projet de "zone de sécurité" à la frontiÚre turco-syrienne a été évoqué par Donald Trump et par son homologue turc Recep Tayyip Erdogan mais reste controversé et complexe à mettre en oeuvre.
"Nous sommes engagés dans des négociations avec nos homologues turcs sur ce qui est faisable en termes de zone tampon" pour protéger à la fois la Turquie qui a des "inquiétudes sécuritaires légitimes à sa frontiÚre", et les Kurdes "qui ont combattu avec nous ces derniÚres années", a dit mercredi une responsable américaine, refusant d'en dire davantage sur quelle force internationale pourrait superviser une telle zone.

AFP

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