Donald Trump lancera une attaque "trÚs bientÎt ou pas si tÎt que cela", Emmanuel Macron se décidera "en temps voulu": les Occidentaux entretenaient le flou jeudi sur leur riposte à l'attaque chimique présumée dans la Ghouta orientale.
Alors que la tension est encore montée d'un cran aprÚs des menaces d'action militaire du président américain sur Twitter, la PremiÚre ministre britannique Theresa May a convoqué pour jeudi une réunion d'urgence de son gouvernement, afin de "discuter de la réponse à apporter aux événements en Syrie".
AprĂšs avoir provoquĂ© une montĂ©e de tensions en demandant Ă la Russie mercredi de se "tenir prĂȘte" Ă des frappes contre son alliĂ© syrien, Donald Trump a semblĂ© temporiser.
"Jamais dit quand une attaque contre la Syrie pourrait avoir lieu. Cela pourrait ĂȘtre trĂšs bientĂŽt ou pas si tĂŽt que cela", a-t-il Ă©crit dans un tweet matinal. "Dans tous les cas, les Etats-Unis, sous mon administration, ont fait un super boulot pour dĂ©barrasser la rĂ©gion de l'EI (groupe Etat islamique ndlr). Ou est le "Merci l'AmĂ©rique+?"
En France, le président Emmanuel Macron a semblé se donner du temps aprÚs avoir évoqué mardi une annonce "dans les prochains jours". "Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace", a-t-il dit sur la chaßne de télévision TF1. Sur le fond, il est cependant resté ferme dans ses accusations, disant avoir "la preuve" que "des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu'elles ont été utilisées par le régime de Bachar al-Assad".
Les Occidentaux, Washington en tĂȘte, ont menacĂ© le rĂ©gime de Damas de frappes imminentes aprĂšs une attaque chimique prĂ©sumĂ©e dĂ©but avril dans l'enclave rebelle de Douma, qu'ils imputent au rĂ©gime de Damas, ce qu'il dĂ©ment. La Russie a dĂ©noncĂ© un "prĂ©texte" utilisĂ© pour lancer une opĂ©ration militaire contre son alliĂ©, son ambassadeur au Liban avertissant qu'elle abattrait tout missile lancĂ© contre la Syrie.
Le Kremlin s'est voulu rassurant, affirmant jeudi que la ligne spéciale entre militaires russes et américains au sujet de leurs opérations en Syrie, destinée à éviter les incidents, était encore "dans un état actif et utilisée des deux cÎtés". Jugeant "absolument essentiel" d'éviter des frappes contre le régime de Damas, son porte-parole Dmitri Peskov a appelé à éviter tout acte qui pourrait avoir "un effet extraordinairement destructeur sur tout le processus de rÚglement syrien".
"Impasse"
"Toute action ne contribuera qu'Ă dĂ©stabiliser davantage la rĂ©gion", a averti de son cĂŽtĂ© le prĂ©sident syrien Bachar al-Assad. La perspective d'une action militaire des AmĂ©ricains, soutenus par la France et probablement le Royaume-Uni, s'inscrit dans un contexte extrĂȘmement difficile entre l'Occident et la Russie. Les relations sont dĂ©jĂ passablement dĂ©gradĂ©es par l'affaire de l'ex-espion SergueĂŻ Skripal empoisonnĂ© par un agent innervant en Angleterre le 4 mars. Des tensions symbolisĂ©es par un dialogue de sourds Ă l'ONU. Un triple vote mardi -- rare Ă l'ONU la mĂȘme journĂ©e et sur le mĂȘme sujet -- sur deux textes russes et un texte amĂ©ricain n'a abouti Ă aucune adoption.
Mercredi soir, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exhorté les cinq membres permanents du Conseil de sécurité "à éviter une situation hors contrÎle" en Syrie, réaffirmant sa "grande inquiétude face à l'impasse actuelle". Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est dit préoccupé jeudi par le "bras-de-fer" engagé par certaines puissances étrangÚres, tandis que les éléments d'une riposte coordonnée entre Occidentaux se mettaient en place.
Selon les Casques blancs et l'ONG médicale Syrian American Medical Society, plus de 40 personnes ont été tuées à Douma, dernier bastion rebelle dans la Ghouta orientale, tandis que plus de 500 blessés ont été soignés notamment pour des "difficultés respiratoires".
L'armée russe, qui intervient depuis septembre 2015 en soutien aux forces gouvernementales, a en outre annoncé jeudi que le drapeau du gouvernement syrien flottait sur la ville de Douma. Cela marque la reprise par le régime de Bachar al-Assad du contrÎle de "la totalité de la Ghouta orientale", derniÚre enclave rebelle visée ces derniÚres semaines par une offensive meurtriÚre.
Le groupe rebelle Jaich al-Islam, qui contrÎlait Douma a expliqué n'avoir eu d'autre choix que d'accepter de l'évacuer aprÚs une attaque chimique présumée imputée au régime.
"Evidemment, c'est l'attaque chimique qui nous a poussés à accepter" de partir, a déclaré à l'AFP Yasser Delwane, le chef du bureau politique de Jaich al-Islam, dont les combattants continuaient de quitter jeudi Douma, localité située prÚs de Damas, pour rejoindre des zones rebelles dans le nord syrien.
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