AprÚs la tension avec la Corée du Nord

Trump évoque une possible option militaire au Venezuela

  • PubliĂ© le 12 aoĂ»t 2017 Ă  09:21
Donald Trump (d) a Ă©voquĂ© une Ă©ventuelle option militaire au Venezuela, oĂč le prĂ©sident Nicolas Maduro (g), mis au ban de la communautĂ© internationale, avait promis la veille de rĂ©pondre "les armes Ă  la main" Ă  une agression amĂ©ricaine.

Donald Trump a Ă©voquĂ© une Ă©ventuelle option militaire au Venezuela, oĂč le prĂ©sident Nicolas Maduro, mis au ban de la communautĂ© internationale, avait promis la veille de rĂ©pondre "les armes Ă  la main" Ă  une agression amĂ©ricaine. "Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nĂ©cessaire", a lancĂ© vendredi le prĂ©sident amĂ©ricain, lors d'un Ă©change avec des journalistes dans son golf de Bedminster, dans le New Jersey, oĂč il est en vacances.

 

AppelĂ© Ă  donner des prĂ©cisions sur cette annonce, qui intervient dans une pĂ©riode d'extrĂȘme tension avec la CorĂ©e du Nord, le prĂ©sident amĂ©ricain est restĂ© Ă©vasif. "Nous avons des troupes dans le monde entier qui sont parfois trĂšs loin. Le Venezuela n'est pas trĂšs Ă©loignĂ© et les gens souffrent et les gens meurent", a-t-il simplement ajoutĂ©, entourĂ© du secrĂ©taire d'Etat Rex Tillerson et de l'ambassadrice amĂ©ricaine Ă  l'ONU Nikki Haley.

InterrogĂ© sur cette annonce, le Pentagone s'est bornĂ© Ă  indiquer, par la voix de son porte-parole Eric Pahon, qu'il n'avait "Ă  ce stade" reçu aucune consigne sur ce dossier. Le ministre vĂ©nĂ©zuĂ©lien de la DĂ©fense, Vladimir Padrino, a qualifiĂ© d'"acte de folie" cette dĂ©claration du prĂ©sident Trump. En cas d'agression, "nous serons tous au premier rang pour dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts et la souverainetĂ© de notre Venezuela bien-aimĂ©", a dĂ©clarĂ© M. Padrino.

Washington et Caracas, qui n'ont plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010 mais dont les relations s'étaient quelque peu améliorées à la fin du mandat de Barack Obama, conservent des liens économiques et commerciaux étroits, avant tout dans l'industrie pétroliÚre. Début août, les Etats-Unis ont infligé des sanctions au président vénézuélien qu'ils ont qualifié de "dictateur".
La réaction de Washington est survenue au lendemain de l'élection controversée de l'Assemblée constituante voulue par le président socialiste, un scrutin marqué par des violences qui ont fait dix morts.


RejetĂ©e par l'opposition et des pays occidentaux, cette assemblĂ©e l'a confirmĂ© Ă  l'unanimitĂ© dans ses fonctions de "prĂ©sident constitutionnel de la rĂ©publique bolivarienne du Venezuela". Il est extrĂȘmement rare que le gouvernement amĂ©ricain prenne des sanctions contre un chef d'Etat Ă©tranger en exercice. M. Maduro est seulement le quatriĂšme Ă  ĂȘtre ainsi sanctionnĂ© par Washington, rejoignant un groupe composĂ© du prĂ©sident syrien Bachar al-Assad, du dirigeant nord-corĂ©en Kim Jong-Un et du prĂ©sident zimbabwĂ©en Robert Mugabe.


- "Régime inacceptable" -


Une nouvelle série de sanctions américaines ont par ailleurs été adoptées cette semaine à l'encontre de huit responsables vénézuéliens impliqués dans la mise en place d'une Assemblée constituante jugée "illégitime". "Ce régime est inacceptable et les Etats-Unis se tiendront au cÎté de l'opposition (qui se bat) contre la tyrannie jusqu'à ce que le Venezuela restaure une démocratie prospÚre et pacifique", a lancé à cette occasion le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.


Jeudi, M. Maduro a dit souhaiter "une conversation" avec son homologue américain. "S'il est autant intéressé par le Venezuela, je suis là, je suis le chef de ce qui l'intéresse", a-t-il affirmé lors d'un discours devant l'Assemblée constituante. M. Maduro souhaite que cette discussion ait lieu par téléphone ou qu'elle se tienne à New York à l'occasion de l'assemblée générale des Nations unies à la mi-septembre.


La Maison Blanche a révélé que M. Maduro avait effectivement sollicité une conversation avec M. Trump vendredi, mais a implicitement indiqué que sa demande n'avait pas été acceptée. "Les Etats-Unis se tiennent avec le peuple du Venezuela face à la répression permanente exercée par le régime Maduro. Le président Trump parlera volontiers avec le dirigeant du Venezuela dÚs que la démocratie sera restaurée dans ce pays", a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

Tout en disant souhaiter avoir des relations "normales" avec les Etats-Unis, M. Maduro a averti jeudi M. Trump que son pays répondrait "les armes à la main" à une éventuelle agression et "ne se rendra jamais". Il intervenait devant les 545 membres de la nouvelle assemblée chargée notamment de réécrire la Constitution de 1999. Elle régira le pays durant au moins deux ans, le mandat du président s'achevant en janvier 2019.

Les manifestations contre M. Maduro ont fait plus de 125 morts depuis début avril dans un contexte de grave crise économique et institutionnelle. Le ministre de la Défense Vladimir Padrino a annoncé vendredi que les chefs d'une attaque menée le 6 août contre une base militaire du nord du Venezuela avaient été capturés par les forces de sécurité.

Ces deux hommes, un capitaine chassé de l'armée en 2014 et un lieutenant, recevront "un chùtiment exemplaire", a promis le ministre. La base avait été attaquée par une vingtaine d'hommes. Deux avaient été abattus et huit capturés.

AFP

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