Coup dur

Uber perd son permis d'exercer Ă  Londres mais veut faire appel

  • PubliĂ© le 25 novembre 2019 Ă  16:42
  • ActualisĂ© le 25 novembre 2019 Ă  16:49
L'autorité des transports londonienne a annoncé le 25 novembre 2019 refuser de renouveler la licence d'Uber

La plateforme de voitures avec chauffeurs Uber a vu son permis d'exercer suspendu par Londres, l'un de ses principaux marchés, à cause de failles sur son systÚme informatique permettant à des milliers de conducteurs sans permis de prendre en charge des passagers frauduleusement.

La plateforme compte faire appel et continuera de fonctionner jusqu'à ce qu'une décision définitive soit rendue, a-t-elle réagi dans un communiqué.

Uber n'est "pas apte" à détenir une licence à Londres, son plus gros marché européen, a indiqué Transport for London dans un communiqué. La TfL relÚve notamment une "faille" dans l'application d'Uber qui permet à des conducteurs sans permis d'installer leur photo sur les comptes d'autres conducteurs, ce qui s'est produit "au moins sur 14.000 trajets" ces derniers mois, "mettant en danger les passagers".

Dans la mĂȘme veine, la TfL fait valoir qu'une autre dĂ©faillance de la plateforme permet Ă  des conducteurs sans permis ou suspendus de crĂ©er des comptes Uber actifs.

En septembre, l'autorité des Transports de Londres avait renouvelé pour deux mois seulement l'autorisation d'exercer d'Uber, dans l'attente de garanties que le géant américain répondrait à ses exigences en termes de sécurité.

TfL a reconnu qu'Uber avait fait des changements bienvenus en faveur de la sécurité de ses utilisateurs, mais ceux-ci sont insuffisants à l'heure actuelle.

Parmi les fonctionnalités de sécurité lancées par Uber, les passagers peuvent désormais entrer directement en contact avec les services d'urgence à travers l'application. Des "capteurs" sont aussi sensés détecter si un véhicule reste immobilisé trop longtemps ce qui permet de vérifier s'il a eu ou pas un accident et le cas échéant d'envoyer de l'aide.

La sociĂ©tĂ© compte 45.000 conducteurs et 3,5 millions de clients dans la capitale britannique. "Je soutiens la dĂ©cision de TfL sur Uber", a commentĂ© le maire de Londres Sadiq Khan, ajoutant que mĂȘme si la capitale britannique veut attirer "les sociĂ©tĂ©s innovantes", il est "essentiel que les entreprises respectent les rĂšgles".

En 2017, la TfL avait privé le géant américain de sa licence pour des questions de sécurité, mais Uber avait continué d'exercer dans la capitale britannique avant une victoire devant une cour d'appel qui lui avait accordé un permis de quinze mois.

Le pionnier des applications de véhicules partagés est réguliÚrement mis en cause pour des problÚmes de sécurité à bord pour ses usagers comme ses conducteurs, ce qui a contribué à entacher sa réputation à travers le monde, sans parler des polémiques sur la rémunération insuffisante de ses chauffeurs.

Le syndicat Unite, qui reprĂ©sente les chauffeurs de taxi traditionnels, s'est rĂ©joui de la dĂ©cision de la TfL lundi, affirmant qu'Uber a créé "une course vers le bas (dans les normes de conduite des chauffeurs) qui n'est dans l'intĂ©rĂȘt ni des chauffeurs ni de leurs clients".

A l'inverse, le syndicat des travailleurs indépendants de Grande-Bretagne (IWGB) a déploré "un coup massif" porté aux milliers de conducteurs qui travaillent pour Uber "dans des conditions précaires" et qui risquent "de se retrouver au chÎmage et croulent sous une montagne de dettes" pour rembourser leur véhicule.

Le syndicat demande "une rĂ©union urgente avec le maire pour discuter des solutions possibles pour protĂ©ger les conducteurs d'Uber". "Londres fait partie des cinq villes oĂč (Uber) gĂ©nĂšre un quart de ses recettes mondiales" et une confirmation de la suppression de la licence d'Uber aurait donc des consĂ©quences trĂšs nĂ©fastes sur ses comptes, alors qu'elle perd dĂ©jĂ  des centaines de millions de dollars, estime Neil Wilson.

D'autant qu'une série de sociétés concurrentes comme Bolt et Kapten sont dans les "starting blocs" pour prendre les clients du géant des véhicules avec chauffeurs.

M. Wilson estime que les soucis londoniens d'Uber illustrent "l'Ă©tendue de ses problĂšmes juridiques (...). S'il y a eu des problĂšmes avec sa culture d'entreprise (avec des accusations de harcĂšlement et sexisme), l'essentiel de ses dĂ©mĂȘlĂ©s avec les rĂ©gulateurs et la justice ressort de la structure mĂȘme de son activitĂ©: les taxes, les lois du travail et la sĂ©curitĂ© des consommateurs".

AFP

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