Sommet Ă  Versailles

Ukraine : l'UE menace Moscou de nouvelles "sanctions massives"

  • PubliĂ© le 11 mars 2022 Ă  21:04
  • ActualisĂ© le 12 mars 2022 Ă  07:27
Le préseident français Emmanuel Macron (C), le président du Conseil européen Charles Michel (G) et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'expriment devant la presse à l'issue du sommet de Versailles sur l'invasion russe de l'Ukraine, le 11 mars 2022

Doublement des financements pour des armes à l'Ukraine, menaces de nouvelles sanctions "massives" contre Moscou, les Européens réunis en sommet à Versailles ont encore accru vendredi la pression sur la Russie pour qu'elle cesse son offensive militaire.

"Si (le président russe Vladimir) Poutine intensifie les bombardements, fait le siÚge de Kiev, s'il intensifie encore les scÚnes de guerre, nous savons que nous devrons prendre encore des sanctions massives", a déclaré le président français Emmanuel Macron à la presse à l'issue de deux jours de réunion avec les dirigeants européens.

Il n'a pas exclu que l'UE puisse s'en prendre aussi aux importations de gaz ou de pétrole, jusqu'ici épargnées en raison de leur coût pour les Européens, trÚs dépendants des hydrocarbures russes. "Rien n'est interdit, rien n'est tabou", a-t-il lancé.

Les Vingt-Sept ont déjà adopté des sanctions financiÚres et économiques d'une ampleur inédite qui ont entraßné un effondrement du rouble .

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a par ailleurs proposé vendredi aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE réunis au Chùteau de Versailles, prÚs de Paris, de doubler le financement européen destiné à armer l'Ukraine, malgré les mises en garde de Moscou.

M. Borrell a annoncĂ© avoir "fait une proposition pour doubler la contribution (de l'UE) avec 500 millions d'euros en plus pour des armements en soutien Ă  l'armĂ©e ukrainienne". Elle devra encore ĂȘtre adoptĂ©e par les Etats membres.

Les financements proviennent de la "Facilité européenne pour la paix", un fonds doté de 5 milliards d'euros. Une premiÚre enveloppe de 500 millions d'euros, inédite dans l'histoire européenne pour du soutien militaire, avait déjà été débloquée fin février.

Cette somme est utilisée pour rembourser les fournitures d'armements prélevées par les Etats membres sur leurs stocks. Le gouvernement ukrainien a formulé des demandes trÚs précises de matériel que les combattants sont capables d'utiliser, notamment des systÚmes de défense antiaérienne et des armes antichars, utilisés avec succÚs pour freiner la progression des troupes russes et les priver de la suprématie aérienne. Ces armements sont acheminés en Ukraine via la Pologne.

- "Livraisons dangereuses" -

Le ministre russe des Affaires étrangÚres Sergueï Lavrov a averti jeudi que ces livraisons étaient "dangereuses" et a menacé les Occidentaux. "Ceux qui gorgent d'armes l'Ukraine doivent bien sûr comprendre qu'ils porteront la responsabilité de leurs actes", a-t-il déclaré.

Les 27 Etats de l'UE se sont par ailleurs félicités d'avoir trouvé un compromis, à l'issue de discussions difficiles dans la nuit, sur le message politique à envoyer à l'ancienne république soviétique quant à son projet d'adhésion à l'Union.

DivisĂ©s sur cette question, qui constitue un chiffon rouge pour Moscou, ils ont soulignĂ© son appartenance Ă  la "famille europĂ©enne", sans aller jusqu'Ă  Ă©voquer formellement une intĂ©gration, mĂȘme lointaine, Ă  l'UE.

Le Premier ministre slovĂšne Janez Jansa n'a pas cachĂ© sa dĂ©ception: "Une large majoritĂ© (de pays membres) plaidait pour un message politique fort garantissant une adhĂ©sion Ă  l'UE", mĂȘme si ce n'est "pas pour demain bien sĂ»r". "Il faut aller plus fort. Ce n'est pas ce que nous attendons", a rĂ©agi le prĂ©sident ukrainien Volodymyr Zelensky.

L'Ukraine et l'UE sont dĂ©jĂ  liĂ©es par un accord d'association depuis 2014. Cet accord "peut ĂȘtre confortĂ©, consolidĂ©", a expliquĂ© le prĂ©sident du Conseil europĂ©en Charles Michel.

L'intégration à l'UE est un processus, qui s'étale sur des années, pour rapprocher la législation du pays candidat du droit européen. Il nécessite des négociations complexes sur de nombreux sujets et des critÚres difficiles à respecter pour un pays en guerre, comme la stabilité politique et une économie de marché viable.

Il exige en outre l'accord unanime des 27 pays membres. Les dirigeants européens ont également discuté le projet de la Commission européenne de réduire des deux tiers, dÚs cette année, la dépendance de l'UE au gaz russe, qui représente aujourd'hui 40% de sa consommation.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a indiqué qu'elle proposerait l'objectif d'une indépendance de l'UE envers les énergies fossiles russes d'ici à 2027.

AFP

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