AprĂšs la tentative d'assassinat

Une convention républicaine sous haute tension pour sacrer Trump

  • PubliĂ© le 15 juillet 2024 Ă  07:49
  • ActualisĂ© le 15 juillet 2024 Ă  07:59
Un poster géant de l'ex-président américiain Donald Trump dans la salle omnisports Fiserv Forum à la veille de la convention républicaine, le 14 juillet 2024 à Milwaukee, dans le Wisconsin

Des dizaines de milliers de partisans de Donald Trump se retrouvent lundi à Milwaukee pour la convention du Parti républicain, une grand-messe historique sous haute tension, bouleversée par la tentative d'assassinat de l'ancien président.

Déjà arrivé dans l'ancienne ville industrielle donnant sur le lac Michigan, l'ex-homme d'affaires de 78 ans sera trÚs probablement accueilli avec une ferveur renouvelée par ses partisans, qui ont failli perdre leur héros samedi.

Le lieu choisi pour la convention est un immense complexe sportif trĂšs moderne, dont les murs sont tapissĂ©s de grandes photographies Ă  la gloire du 45e prĂ©sident des Etats-Unis, qui veut en ĂȘtre aussi le 47e.

Mais l'image que tout le monde a en tĂȘte, et qui a fait le tour du monde, c'est celle d'un Donald Trump Ă  l'oreille ensanglantĂ©e, le poing brandi, Ă©vacuĂ© de façon prĂ©cipitĂ©e samedi par ses gardes du corps d'un meeting de campagne en Pennsylvanie.

Un attentat qui a choqué une société américaine de plus en plus polarisée, voire ulcéré les plus radicaux des militants trumpistes, qui accusent ouvertement les démocrates d'en porter la responsabilité.

- Le colistier mystĂšre -

Le premier temps fort de la convention rĂ©publicaine Ă  Milwaukee viendra sĂ»rement dĂšs ce lundi, avec l'annonce de la personne choisie par Donald Trump pour ĂȘtre son futur vice-prĂ©sident, s'il remporte l'Ă©lection le 5 novembre.

Trois noms reviennent en boucle.

Celui de l'auteur à succÚs devenu élu du CongrÚs, J.D. Vance; du gouverneur du Dakota du Nord, Doug Burgum; et de l'influent sénateur latino de Floride Marco Rubio.

A moins que Donald Trump, friand des coups de théùtre en politique, annonce un profil complÚtement inattendu.

Le colistier du milliardaire républicain prononcera un discours mercredi soir dans la salle principale de la convention, recouverte pour l'occasion de tapis rouges et de motifs d'éléphants, le symbole du parti.

Les thÚmes majeurs de ce rendez-vous incontournable seront le pouvoir d'achat, l'immigration, la criminalité et la sécurité garantie par une Amérique forte.

Mais le point culminant de ce grand événement institutionnel et festif interviendra jeudi, quand Donald Trump sera désigné candidat officiel des républicains à la présidentielle.

Son sacre ne fait plus le moindre doute, formalisé lors d'une soirée spectaculaire, ponctuée par le lùcher de 100.000 ballons rouges, blancs et bleus -- déjà en place.

Le mot d'ordre de la convention: "Rendre Ă  nouveau Ă  l'AmĂ©rique sa grandeur" -- un slogan en clin d'Ɠil Ă  celui de Donald Trump en 2016.

Le septuagĂ©naire rĂ©publicain est arrivĂ© dimanche dans cette ville de la rĂ©gion des Grands Lacs, mais garde son emploi du temps extrĂȘmement discret, sĂ©curitĂ© oblige.

- Un match "plié" -

Avec ses plus de 50.000 participants, la grand-messe du Parti rĂ©publicain promettait dĂ©jĂ  d'ĂȘtre un Ă©vĂ©nement ultra sĂ©curisĂ©.

Des périmÚtres entiers du centre-ville sont clÎturés par de grandes grilles métalliques et quadrillés par des agents du Secret Service.

Cette police d'Ă©lite chargĂ©e de la protection des hautes personnalitĂ©s a assurĂ© ĂȘtre "totalement prĂȘte" Ă  garantir la sĂ©curitĂ© de la convention rĂ©publicaine.

Mais elle fait l'objet de vives critiques, accusée de ne pas avoir bien protégé Donald Trump lors de son meeting en plein air samedi.

Chamboulant son emploi du temps, le président Joe Biden s'est lui employé durant ce week-end qui marquera le pays à faire retomber la tension, dans plusieurs prises de parole solennelles.

"Il n'y a pas de place pour ce genre de violence en Amérique", a notamment déclaré le démocrate de 81 ans, avant d'appeler la nation à "s'unir". Le locataire de la Maison Blanche a également téléphoné à son rival légÚrement blessé, se disant "soulagé" qu'il soit sain et sauf et condamnant les tirs, à l'instar des principaux dirigeants du monde entier.

L'attentat perpĂ©trĂ© contre Donald Trump pourrait lui ĂȘtre bĂ©nĂ©fique sur le plan Ă©lectoral, estiment des experts en sciences politiques, en citant le prĂ©cĂ©dent de Ronald Reagan, griĂšvement blessĂ© par balle en 1981.

Ils relÚvent en contraste combien Joe Biden est actuellement fragilisé par les questions taraudantes sur son ùge avancé et son acuité mentale, avec des élus de son propre Parti démocrate qui l'appellent à se retirer de la course à la Maison Blanche.

Pour Martin Kutlzer, résident de Milwaukee et sympathisant républicain, nul doute: la course pour la Maison Blanche est "pliée".

"Donald Trump va gagner, parce qu'on a toujours tendance à se rassembler autour de ceux qui ont été touchés", clame fiÚrement le sexagénaire à l'AFP.

AFP

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