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Une poignée de communes interdisent le "burkini" sur leurs plages

  • PubliĂ© le 16 aoĂ»t 2016 Ă  19:36
En pleine polĂ©mique sur le "burkini", quelques mairies cĂŽtiĂšres de France, de Corse jusqu'au Pas-de-Calais, ont pris des arrĂȘtĂ©s pour interdire ce type de tenue de plage

En pleine polĂ©mique sur le "burkini", quelques mairies cĂŽtiĂšres de France, de Corse jusqu'au Pas-de-Calais, ont pris des arrĂȘtĂ©s pour interdire ce type de tenue de plage couvrant le corps et la tĂȘte des femmes, parfois mĂȘme sans avoir constatĂ© son usage.


La mairie LR de Cannes (Alpes-Maritimes) est la premiĂšre cet Ă©tĂ© Ă  s'ĂȘtre opposĂ©e, le 27 juillet, Ă  "une tenue de plage manifestant de maniĂšre ostentatoire une appartenance religieuse, alors que la France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d?attaques terroristes".
Toute contrevenante sera punie d'une amende de 38 euros, prĂ©cise l'arrĂȘtĂ©. Le directeur gĂ©nĂ©ral des services de la ville, Thierry Migoule, qui affirme observer ces costumes de bain depuis l'Ă©tĂ© dernier, estimait dans une interview Ă  l'AFP que ces tenues "font rĂ©fĂ©rence Ă  une allĂ©geance Ă  des mouvements terroristes qui nous font la guerre".
Mandelieu-la-Napoule, voisine de Cannes, avait pris en toute discrĂ©tion un arrĂȘtĂ© similaire dĂšs juillet 2013, "Ă  partir de faits constatĂ©s", selon le service communication de la ville.
D'autres mairies de droite leur ont emboßté le pas depuis début août, notamment à Villeneuve-Loubet, toujours dans les Alpes-Maritimes. Au Nord, le député-maire LR du Touquet (Pas-de-Calais), Daniel Fasquelle, a annoncé vouloir copier ces initiatives tout en admettant "il n'y a pas de burkini pour le moment au Touquet".
- "Opportunisme politique"-
A Sisco, en Haute-Corse, Ange-Pierre Vivoni (PS) a rĂ©uni en urgence son conseil municipal dimanche soir aprĂšs de graves altercations sur une plage de sa commune, qui auraient Ă©clatĂ©, selon certains tĂ©moins, alors que des baigneuses en "burkini" Ă©taient prises en photo par des touristes, ce que l'enquĂȘte judiciaire n'a pas permis de confirmer ni d'infirmer jusqu'ici.
Ange-Pierre Vivoni assure vouloir "protéger la population et notamment la population musulmane, car je pense qu'ils sont les premiÚres victimes de ces provocations extrémistes". Pour lui, le "burkini" est "un effet de mode qu'on voit sur toutes les plages en Corse".
Un autre maire socialiste, Ă  Oye-Plage dans le Pas-de-Calais, a annoncĂ© mardi vouloir prendre la mĂȘme dĂ©cision aprĂšs avoir croisĂ© dimanche une femme qui se rendait sur le bord de mer "en cape intĂ©grale, gantĂ©e: on ne voyait ni son visage ni ses yeux".
L'arrĂȘtĂ© de Mandelieu-la-Napoule, le plus ancien, a Ă©tĂ© copiĂ© textuellement par les autres mairies sur sa dĂ©finition des tenues interdites. L'accĂšs aux plages y est "interdit Ă  toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laĂŻcitĂ©".
Une définition floue, qui ne vise pas seulement le "burkini" selon l'avocat du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), Sefen Guez Guez. "Une simple maman voilée sur la plage peut se faire verbaliser", craint-il, dénonçant "une réaction d'opportunisme politique à l'approche de primaires pour 2017".
AprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©boutĂ© par le tribunal administratif de Nice, le CCIF attend une dĂ©cision du Conseil d'Etat sur la lĂ©galitĂ© de l'arrĂȘtĂ© de Cannes, qu'il conteste.

Par Yannick PASQUET - © 2016 AFP
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