En captivité

Vers une fermeture définitive du Marineland d'Antibes, le sort de ses orques toujours en suspens

  • PubliĂ© le 6 dĂ©cembre 2024 Ă  10:14
  • ActualisĂ© le 6 dĂ©cembre 2024 Ă  14:51
Le Marineland Ă  Antibes, le 17 mars 2016 ( AFP / VALERY HACHE )

Le parc aquatique Marineland d'Antibes, au coeur d'une polémique autour de ses orques, les derniÚres en captivité en France, a annoncé mercredi "son projet de fermeture définitive à compter du 5 janvier 2025", invoquant la loi de 2021 qui interdit les spectacles de cétacés.

Le projet de fermeture du parc, qui emploie 103 salariés, a été annoncé en Comité social et économique (CSE) mercredi matin, a précisé la direction.

Installé sur la CÎte d'Azur depuis 1970, le Marineland, qui se présente comme le premier zoo marin d'Europe, fait l'objet depuis un an d'une vive contestation aprÚs la mort de deux de ses orques. Et la polémique s'est encore renforcée avec le projet de transférer les deux orques restantes, nées en captivité, dans un parc à Kobe, au Japon.

Fin novembre, la ministre de la Transition Ă©cologique AgnĂšs Pannier-Runacher s'Ă©tait opposĂ©e Ă  ce transfert en raison de la rĂšglementation nippone sur le "bien-ĂȘtre animal".

Selon le Marineland, ce projet de fermeture est "totalement décorrélé" de l'affaire du transfert des orques, qui doit faire l'objet d'une décision de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence jeudi.

En dĂ©but d'annĂ©e, l'association de dĂ©fense des animaux One Voice avait obtenu du tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes) que les orques ne puissent pas ĂȘtre transfĂ©rĂ©es tant qu'une expertise judiciaire ordonnĂ©e en 2023 pour connaĂźtre leurs conditions de vie n'Ă©tait pas terminĂ©e. Marineland avait fait appel.

"La coĂŻncidence est quand mĂȘme troublante, alors que le juge doit rendre demain sa dĂ©cision sur le dĂ©part des orques ou pas", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP la prĂ©sidente de One Voice, Muriel Arnal.

- 4.000 animaux -

"Que Marineland ferme ou pas, ils doivent assumer leurs animaux et ne pas les jeter à la poubelle comme de vieilles choses !", s'insurge-t-elle, rappelant que Keijo, 11 ans, et sa mÚre Wikie, 23 ans, "ont 60 ans d'espérance de vie devant eux !".

Dans son communiquĂ©, Marineland se dit "contraint d'envisager de se sĂ©parer des animaux avant la mise en Ɠuvre de la loi" de 2021 contre la maltraitance animale qui interdira les spectacles de cĂ©tacĂ©s en France Ă  partir de dĂ©cembre 2026 et limitera les possibilitĂ©s de maintenir les orques en captivitĂ©.

Or, "90% des visiteurs choisissent de venir à Marineland pour admirer les représentations d'orques et de dauphins", affirme le parc, qui fait aussi état de "graves difficultés économiques" en raison d'une chute continue de la fréquentation, passée en dix ans de 1,2 million à 425.000 visiteurs par an.

C'est "une mauvaise nouvelle pour notre territoire", a commenté dans un communiqué le maire LR d'Antibes, Jean Leonetti, qui rappelle avoir "dénoncé" la législation de 2021 dÚs sa promulgation.

Riche de quelque 4.000 animaux de 150 espÚces différentes (orques, dauphins, otaries, tortues et nombreux poissons et coraux), Marineland se donne comme "objectifs prioritaires" de "relocaliser l'ensemble de ses animaux dans les meilleures structures existantes à ce jour" et de "négocier dans les prochaines semaines avec les partenaires sociaux les conséquences sociales de ce projet de fermeture".

Concernant spĂ©cifiquement les cĂ©tacĂ©s, Marineland se dit "en lien Ă©troit avec les autoritĂ©s compĂ©tentes pour identifier les meilleures solutions" pour les accueillir "avec comme seule prioritĂ© le bien-ĂȘtre des animaux".

Fin novembre, AgnÚs Pannier-Runacher avait évoqué la possibilité que les orques soient transférées dans des parcs respectant "la réglementation européenne", comme celui de Tenerife dans l'archipel espagnol des Canaries.

Une solution rejetĂ©e par One Voice, dont la prĂ©sidente affirme que "le parc en Espagne, c'est pareil qu'au Japon", avec "de tout petits bassins oĂč les orques se battent".

Selon Mme Arnal, ce parc espagnol "a perdu quatre orques en quatre ans, dont la derniùre il y a dix jours", et l'association plaide toujours pour que les deux orques d'Antibes trouvent refuge dans un sanctuaire en Nouvelle-Écosse (Est du Canada).

Un appel en ce sens a également été lancé mercredi par l'association PETA qui se félicite de la fermeture de "la prison marine qu'est le Marineland" et "exhorte les autres delphinariums du monde entier, dont le Loro Parque de Tenerife, à suivre le mouvement et à faire la transition vers des divertissements sans animaux". 

AFP

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