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Vincent Lambert: le sort du patient revient devant la justice

  • PubliĂ© le 28 septembre 2015 Ă  23:14
Francois Lambert le 15 juillet 2015 devant l'hĂŽpital Ă  Reims

L'hĂŽpital de Reims peut-il maintenir artificiellement en vie Vincent Lambert malgrĂ© les dĂ©cisions des plus hautes instances juridiques françaises et europĂ©ennes? La justice administrative saisie par son neveu qui rĂ©clame l'arrĂȘt des traitements examinera mardi Ă  nouveau le cas du patient en Ă©tat vĂ©gĂ©tatif.


Sept ans jour pour jour aprÚs l'accident de la route qui lui a causé des lésions cérébrales irréversibles, la question de la fin de vie de Vincent Lambert, dont la famille se déchire sur son sort dans un interminable feuilleton judiciaire, revient devant le tribunal administratif de Chùlons-en-Champagne qui se réunira mardi à 15 heures en formation élargie.
"Nous demandons au juge de faire prĂ©valoir les intĂ©rĂȘts et le droit fondamental de Vincent Ă  ne pas subir d'acharnement thĂ©rapeutique comme il l'avait demandĂ©, droit qui lui est illĂ©galement refusĂ© tous les jours par le CHU depuis la dĂ©cision de la Cour europĂ©enne des droits de l'Homme (CEDH)", explique François Lambert, le neveu de l'ancien infirmier psychiatrique de 39 ans.
Le 5 juin 2015, la justice européenne avait confirmé l'avis du Conseil d'Etat, qui estimait que la continuation des soins de Vincent Lambert constituait une obstination déraisonnable. Les plus hautes instances juridiques validaient ainsi la décision prise le 11 janvier 2014 par le docteur Eric Kariger, qui a depuis quitté ses fonctions, de suspendre l'alimentation et l'hydratation artificielles de son patient en l'accompagnant jusqu'à la mort par des soins palliatifs.
AprĂšs l'arrĂȘt de la CEDH, le nouveau mĂ©decin en charge de Vincent avait entamĂ© "une nouvelle procĂ©dure en vue d'une dĂ©cision d'arrĂȘt des soins". Mais, contre toute attente, il refusait de statuer sur sa fin de vie en raison de pressions extĂ©rieures nuisant Ă  "la sĂ©rĂ©nitĂ©", notamment aprĂšs des menaces d'enlĂšvement. A sa demande, le procureur de Reims a saisi un juge des tutelles d'une mesure de protection pour Vincent Lambert.
- 'L?impossible consensus' -
C'est la légalité de cette nouvelle procédure collégiale que conteste François Lambert, pour qui le CHU aurait simplement dû appliquer la décision médicale du 11 janvier validée par le Conseil d'Etat et la CEDH.
ContactĂ© par l'AFP, Me Pierre Desmarais, l'avocat du CHU de Reims, se refuse Ă  tout commentaire. MĂȘme silence du cĂŽtĂ© de la direction de l'hĂŽpital qui a Ă©mis un appel d'offre dĂ©but aoĂ»t pour s'adjoindre les services d'un cabinet spĂ©cialisĂ© dans la communication de crise pour une mission de trois mois facturĂ©e Ă  hauteur de 90.000 euros.
Le tribunal administratif de ChĂąlons-en-Champagne, qui a Ă©tĂ© saisi de deux requĂȘtes au fond et en rĂ©fĂ©rĂ©, a choisi de joindre les deux procĂ©dures en une mĂȘme audience et devrait mettre sa dĂ©cision en dĂ©libĂ©rĂ© dans un dĂ©lai de deux Ă  trois semaines.
Si Rachel, l'Ă©pouse de Vincent qui se bat pour "laisser partir" son mari, n'a pas souhaitĂ© s'associer Ă  la procĂ©dure engagĂ©e par le neveu, les parents, catholiques traditionalistes farouchement opposĂ©s Ă  l'arrĂȘt des soins, ont dĂ©posĂ© un mĂ©moire au tribunal et plaideront par l'intermĂ©diaire de leur avocat Jean Paillot.
"Vu la difficultĂ© de l'affaire et l'impossible consensus dans la famille, l?hĂŽpital se devait d'ouvrir une nouvelle procĂ©dure collĂ©giale, qu'il a d'ailleurs suspendue et non arrĂȘtĂ©e. Vincent a fait des progrĂšs depuis les derniĂšres expertises, il doit ĂȘtre dans un premier temps transfĂ©rĂ© pour ĂȘtre bien pris en charge et il doit subir de nouveaux examens pour Ă©valuer son Ă©tat", estime l'avocat.
Le débat sur la fin de vie, qui été relancé par la succession des épisodes judiciaires de l?affaire Lambert depuis le printemps 2013, doit revenir début octobre devant l'Assemblée nationale avec l'examen en deuxiÚme lecture d'un projet de loi rejeté en juin par le Sénat.

- © 2015 AFP
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