Une plateforme de signalement en ligne des violences sexistes et sexuelles sera lancée mardi par le gouvernement, a annoncé dimanche le Premier ministre Edouard Philippe, à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.
Initialement attendue pour octobre, cette plateforme sera "opérationnelle 24H/24 via le site service-public.fr", a précisé le chef du gouvernement dans une tribune publiée sur le réseau social Facebook.
"Elle permettra aux victimes ou aux témoins d'échanger avec un policier ou un gendarme spécialement formé pour les aider dans leurs démarches", a ajouté Edouard Philippe.
"C'est le premier des jalons, technique et politique, pour Ă©radiquer les violences sexistes et sexuelles", a-t-il estimĂ©. "DĂ©sormais quelques clics peuvent aider chacune Ă prendre un nouveau dĂ©part: pour soi, pour sa famille. Et peut-ĂȘtre pour Ă©viter le pire", a insistĂ© le Premier ministre.
Promise il y a un an par le prĂ©sident Emmanuel Macron, la plateforme doit ĂȘtre lancĂ©e en prĂ©sence de la secrĂ©taire d'Etat Ă l?ĂgalitĂ© femmes-hommes MarlĂšne Schiappa et des ministres de l'IntĂ©rieur et de la Justice, Christophe Castaner et Nicole Belloubet.
En 2016, 123 femmes avaient été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit environ une tous les trois jours.
Une loi a été adoptée en août "pour renforcer les condamnations des violence sexistes et sexuelles", a rappelé MarlÚne Schiappa dimanche lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNews-Les Echos.
"Nous allons installer dans les jours à venir avec la garde des Sceaux (Nicole Belloubet) un groupe de suivi de ces condamnations pour vérifier l'efficacité" du texte, a-t-elle expliqué. "Si ce n'est pas assez efficace, nous ferons des lois encore plus contraignantes", a-t-elle promis.
Une "mission" va en outre ĂȘtre lancĂ©e "pour voir s'il est nĂ©cessaire de modifier" le droit français sur la question du viol, qui "ne parle pas de consentement", contrairement Ă ce que prĂ©voit la convention d'Istanbul ratifiĂ©e par la France en 2014, afin de "mettre fin Ă (une) forme d'impunitĂ© intolĂ©rable", a annoncĂ© Mme Schiappa.
La crĂ©ation d'un "outrage sexiste" pour le harcĂšlement de rue, passible de 90 euros minimum d'amende immĂ©diate, a dĂ©jĂ permis "plusieurs condamnations" avant mĂȘme la parution d'une circulaire d'application, a-t-elle assurĂ©.
Autre annonce de Mme Schiappa, le fléchage de 400.000 euros non dépensés et initialement inscrits à son "budget communication" vers des associations, dont beaucoup verront "leur subvention doubler cette année", notamment le Mouvement du Nid "qui accompagne les femmes en sortie de la prostitution".
"L'association Excision, parlons-en" ou "le collectif féministe contre le viol" vont également bénéficier de rallonges, selon Mme Schiappa.
Samedi, 50.000 personnes selon les organisatrices, dont 30.000 Ă Paris (12.000 selon la prĂ©fecture de police), ont manifestĂ© contre les violences faites aux femmes dans le cadre du mouvement #NousToutes. "C'est la plus grosse mobilisation (fĂ©ministe) qu'on ait connue en France", s'est fĂ©licitĂ©e son instigatrice, Caroline De Haas, MarlĂšne Schiappa saluant sur Twitter une "grande manifestation" qui "doit ĂȘtre vue et entendue".
"Ce que j'entends, c'est qu'on nous demande de faire plus, mieux et plus vite" contre les violences sexistes et sexuelles, a commenté dimanche la secrétaire d'Etat, qui "partage cette impatience" avec les associations féministes.
AFP
