"Vive la respiration" et "la "reconquĂȘte de la ville": Anne Hidalgo a inaugurĂ© dimanche le parc "Rives de Seine", espace de dĂ©tente au c?ur de Paris dĂ©diĂ© aux piĂ©tons et cyclistes sur les bords du fleuve, dont la piĂ©tonnisation rive droite est contestĂ©e.
"Cela fait 15 ans que l'on rĂȘvait de redonner aux piĂ©tons, aux enfants, l'usage de cette magnifique promenade", a affirmĂ© la maire socialiste de Paris en dĂ©ambulant, sous un soleil printanier, le long de la Seine, dont les deux rives forment dĂ©sormais un parc urbain de huit hectares avec jeux et animations.
Au milieu d'une forĂȘt de micros et de trĂšs nombreux Parisiens venus profiter de la promenade, Mme Hidalgo a cĂ©lĂ©brĂ© ce "moment de fĂȘte" et "50 ans d'autoroute urbaine qui se terminent dĂ©finitivement aujourd'hui".
"Nous ne sommes pas antivoitures, nous sommes antipollution", a insisté la maire de la capitale, aprÚs avoir lancé un "Vive la vie, vive Paris et vive la respiration !".
La rive droite de la Seine, dont les berges sont classĂ©es au patrimoine mondial de l?Unesco, est officiellement interdite aux voitures depuis le 21 octobre par arrĂȘtĂ© municipal, sur 3,3 km du quai bas le long de la Seine, de l'entrĂ©e du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) Ă la sortie du tunnel Henri-IV (IVe).
Cette piétonnisation, trÚs surveillée par la préfecture de police et plusieurs observatoires, reste toujours contestée par des élus souvent de droite et de banlieue, selon lesquels elle provoque des embouteillages.
Les études sur la circulation, le bruit, la qualité de l'air, auxquelles la Ville s'est engagée pour six mois, font l'objet d'une bataille de chiffres entre la mairie de la capitale et la région Ile-de-France.
- De l'autoroute au parc -
Sa présidente LR Valérie Pécresse, fer de lance de la contestation, a demandé au préfet de police, le 14 mars, de "prolonger l'expérimentation" de trois mois, une "expérimentation" jugée apparemment définitive par la maire de Paris.
Le parc "Rives de Seine" associe les 2,5 km dĂ©jĂ piĂ©tons de la rive gauche - du musĂ©e d?Orsay au pont de l?Alma (VIIe) - Ă 4,5 km de la rive droite, pour former un "espace de dĂ©tente" mĂȘlant animations culturelles et sportives.
Une voie de la rive droite restera néanmoins toujours dégagée d'installations fixes, pour éventuellement faire passer des véhicules de secours et autres engins prioritaires.
Dimanche, parmi une foule de promeneurs, des enfants faisaient du vélo, des curieux profitaient d'installations de gymnastique, des couples s'attablaient dans un bistrot de plein air, un orchestre swinguait.
"Je suis Parisienne, je n'utilise pas ma voiture et cette promenade est une bonne chose", a dit Ă l'AFP Laure Bertrand.
"C'est une excellente initiative", a ajouté Laurent Wagner, habitant de Chartres, trouvant "la polémique est un peu dépassée quand on connaßt les problÚmes sanitaires dus à la pollution dans Paris".
Les animations du parc seront complétées dans les semaines qui viennent avec un restaurant employant des salariés en insertion, un café équitable, un magasin de souvenirs avec des produits issus du commerce équitable ou bio, un atelier vélo, etc.
Une exposition évoque également "l?histoire des rives de la Seine, de l?autoroute urbaine créée dans les années 1970 au parc désormais rendu aux piétons et aux circulations douces", indique la Ville.
Les "tour opérateurs de Tokyo ont déjà commencé à informer les futurs touristes de l'existence du parc", s'est encore félicitée Mme Hidalgo, répétant qu'il "fallait oser faire ce que l'on a fait, redonner cet espace aux promeneurs".
Par Fabienne FAUR - © 2017 AFP

