Corée du Nord

Washington va appeler le monde Ă  maintenir la pression sur Pyongyang

  • PubliĂ© le 27 septembre 2018 Ă  09:12
  • ActualisĂ© le 27 septembre 2018 Ă  09:53
Le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo à l'ONU à New York le 26 septembre 2018

Les Etats-Unis réunissent jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU pour défendre leur rapprochement spectaculaire avec la Corée du Nord, tout en réclamant au monde le respect des sanctions internationales tant que la dénucléarisation n'aura pas abouti. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui présidera cette réunion en marge de l'Assemblée générale annuelle des Nations unies, arrivera avec des annonces concrÚtes.

Il a rencontré mercredi à New York son homologue nord-coréen Ri Yong Ho et a annoncé qu'il se rendrait en octobre à Pyongyang, pour la quatriÚme fois depuis le printemps.

Objectif: "faire de nouveaux progrÚs" vers le désarmement atomique du régime reclus et préparer le deuxiÚme sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un, prévu dans un avenir proche.

DĂ©sormais "impatient" de retrouver le dirigeant nord-corĂ©en, le prĂ©sident des Etats-Unis a affichĂ© un optimisme Ă  toute Ă©preuve lors de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'ONU, oĂč il avait l'an dernier atteint l'apogĂ©e de son discours musclĂ© en menaçant de "dĂ©truire totalement" la CorĂ©e du Nord.
"Si je n'avais pas été élu, ce serait la guerre" et "des millions de personnes auraient été tuées", a-t-il martelé, saluant "le président Kim", "un homme que j'ai appris à connaßtre et apprécier".

Devant le Conseil de sécurité, Mike Pompeo devrait vanter ces avancées, malgré le scepticisme de nombre d'observateurs qui jugent trÚs limités les progrÚs concrets.

- Pas de calendrier -

Mais, en présence de la Chine et de la Russie, accusés par Washington de relùcher la pression maintenant que les négociations sont engagées, voire carrément de "tricher" pour contourner les sanctions, le secrétaire d'Etat américain devrait aussi réclamer le soutien de la communauté internationale.

Il faut appliquer les sanctions "jusqu'à ce que la dénucléarisation intervienne", "pour faire en sorte que ces progrÚs se poursuivent", a plaidé mercredi Donald Trump.

Le chef de la diplomatie nord-corĂ©enne, qui peut thĂ©oriquement assister Ă  la rĂ©union et prendre la parole, pourrait alors ĂȘtre tentĂ© de dĂ©noncer l'attitude amĂ©ricaine, comme Pyongyang l'a fait Ă  plusieurs reprises ces derniers mois quand les AmĂ©ricains ont durci le ton sur les sanctions.

Lors du premier sommet historique Trump-Kim en juin à Singapour, l'homme fort de Pyongyang avait promis d'oeuvrer à la "dénucléarisation complÚte de la péninsule coréenne".
Mike Pompeo a ensuite engagé des négociations pour transformer cet engagement vague et ancien en un accord sur la "dénucléarisation définitive et entiÚrement vérifiée".

Mais ces discussions ont vite stagné: le secrétaire d'Etat est rentré bredouille d'une visite dans la capitale nord-coréenne en juillet, accusé qui plus est d'employer des méthodes de "gangster". Et son déplacement suivant, prévu fin août, avait été annulé par Donald Trump, contraint de reconnaßtre, pour la premiÚre fois, l'insuffisance de progrÚs concrets.
Depuis, une lettre de Kim à Trump et un troisiÚme sommet intercoréen Kim-Moon ont permis de confirmer le spectaculaire réchauffement en cours aprÚs les menaces de guerre atomique de 2017.

De nombreux observateurs estiment que le numéro un de Pyongyang préfÚre une relation directe avec l'iconoclaste milliardaire républicain, persuadé qu'il peut obtenir davantage de concessions de sa part. La Corée du Nord réclame des contreparties en échange de premiers gestes vers la dénucléarisation, notamment une déclaration mettant formellement fin à la guerre de Corée, qui ne s'est achevée en 1953 que par un simple armistice.
"Nous travaillons ardemment pour faire en sorte que les conditions soient réunies pour avancer autant que possible durant le sommet", a expliqué Mike Pompeo, sans exclure une déclaration de paix à cette occasion.

Mais alors que le ministre a fixé l'échéance de janvier 2021 --la fin du premier mandat de Donald Trump-- pour la dénucléarisation, le président a assuré ne pas vouloir "rentrer dans ce jeu-là". "Si ça prend deux ans, trois ans ou cinq ans, ça n'a pas d'importance", a-t-il lancé devant la presse.

 - © 2018 AFP

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