Scandale sexuel

Wes Anderson ouvre la Berlinale, en pleine onde de choc #MeToo

  • PubliĂ© le 15 fĂ©vrier 2018 Ă  18:11
  • ActualisĂ© le 16 fĂ©vrier 2018 Ă  08:54
Le réalisateur américain Wes Anderson signe des autographes aprÚs une conférence de presse pour son nouveau long-métrage, "L'Ile aux chiens", qui ouvre la Berlinale, le 15 février 2018

Wes Anderson et son nouveau long-métrage "L'ßle aux chiens" ouvrent jeudi la Berlinale, avec déjà en marge plusieurs actions de protestation contre les abus sexuels envers les femmes en pleine onde de choc #MeToo.


La Berlinale est le premier grand festival de cinĂ©ma en Europe organisĂ© depuis les accusations d'abus sexuels contre Harvey Weinstein et les rĂ©vĂ©lations sur le traitement rĂ©servĂ© aux femmes dans le 7Ăšme art, qui ont suivi. Le rĂ©alisateur allemand Tom Tykwer, prĂ©sident du jury qui choisira le prochain Ours d'or, a demandĂ© que la discussion "ne soit pas Ă©touffĂ©e par qui que ce soit". Mais en mĂȘme temps "il est important que le dĂ©bat ne soit pas alimentĂ© de maniĂšre artificielle", a-t-il ajoutĂ© en rĂ©fĂ©rence au risque de sensationnalisme des mĂ©dias.

Les organisateurs de la Berlinale ont promis de promouvoir la diversité sous toutes ses formes, bien que seulement quatre des films en compétition aient été réalisés par des femmes. Ils ont indiqué avoir écarté plusieurs cinéastes accusés d'abus sexuels.

- #Poupéedepersonne -

Une actrice sud-coréenne a cependant critiqué le festival pour avoir invité le réalisateur Kim Ki-Duk et son film "Human, Space, Time and Human", présenté samedi. Elle a accusé ce dernier de l'avoir giflée et forcée à tourner des scÚnes de sexe improvisées alors qu'elle travaillait sur un de ses films. "La Berlinale condamne et s'oppose évidemment à toute forme de violence et de comportement sexuel inapproprié", a souligné à l'AFP son directeur, Dieter Kosslick, avant le début du marathon cinématographique.

Jeudi, un groupement de 100 associations de défense des droits civiques en Corée du Sud a accru la pression en critiquant la décision "injuste" du festival d'inviter "le responsable d'une agression physique" tandis que "la victime qui s'est exprimée est marginalisée". La vague #MeToo se fait clairement sentir à Berlin: une pétition en ligne appelant à dérouler un "tapis noir" au lieu du traditionnel "tapis rouge" à la Berlinale, en signe de soutien aux victimes d'abus sexuels, a attiré quelque 21.000 signatures.

Et une comĂ©dienne allemande, Anna BrĂŒggemann, a lancĂ© sur Twitter un appel intitulĂ© #poupĂ©edepersonne pour inviter les stars fĂ©minines Ă  renoncer aux jupes courtes et tenues sexy habituelles, au profit de "vĂȘtements plus confortables". Pendant 11 jours, quelque 400 films vont ĂȘtre diffusĂ©s dans le cadre du premier grand festival de cinĂ©ma de l'annĂ©e en Europe, avant Cannes et Venise, et le seul Ă  ĂȘtre ouvert au public.

Le premier événement est la présentation du dernier Wes Anderson, le cinéaste de "Grand Budapest Hotel". Pour sa deuxiÚme incursion dans l'animation aprÚs "Fantastic Mr Fox" en 2009, le réalisateur américain a réuni un parterre de célébrités: Bryan Cranston, Bill Murray, Jeff Goldblum, Tilda Swinton et Scarlett Johansson qui font les voix des chiens à l'honneur dans le film.

- Japon fantasmé -

"L'Ăźle aux chiens" suit les aventures d'Atari, 12 ans, Ă  la recherche de son fidĂšle compagnon Spots, mis en quarantaine sur une Ăźle en raison d'une Ă©pidĂ©mie de grippe canine. Le film se dĂ©roule dans "une version fantasmĂ©e du Japon" et est un hommage Ă  deux maĂźtres du cinĂ©ma nippons, Hayao Miyazaki et Akira Kurosawa, a soulignĂ© Wes Anderson devant la presse. On y retrouve l'enfance, la famille et la quĂȘte des origines, thĂšmes chers au cinĂ©aste amĂ©ricain.

C'est la quatriÚme fois que le réalisateur est en lice pour l'Ours d'or, qui sera remis le 24 février à un des 19 films en compétition. Au sein du jury, Tom Tykwer ("Cours, Lola, cours", "Le parfum") sera notamment épaulé par l'actrice belge Cécile de France, la productrice américaine de "Moonlight" Adele Romanski, le compositeur japonais Ryuichi Sakamoto ou encore l'historien espagnol du cinéma Chema Prado.

FidÚle à sa tradition, la Berlinale prévoit d?accueillir des films d'auteur et de plus grosses productions. Isabelle Huppert incarnera une femme fatale dans "Eva", un thriller psychologique de Benoßt Jacquot, adapté d'un roman noir de James Hadley Chase. La France sera représentée une deuxiÚme fois avec "La priÚre" de Cédric Kahn, sur d'anciens toxicomanes qui tentent de s'en sortir de maniÚre radicale.

AFP

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