Attention, virage dangereux: aprÚs cinq défaites de suite et à deux ans de la Coupe du monde 2019, le XV de France de Guy NovÚs se retrouve sous tension à l'heure de retrouver, samedi (21h00) au Stade de France, l'Afrique du Sud, dans un test-match charniÚre au goût de revanche.
L'objectif ambitieux fixé par le président de la Fédération Bernard Laporte de remporter trois des quatre rencontres envolé aprÚs les deux défaites contre la Nouvelle-Zélande (18-38 samedi puis 23-28 mardi), les Bleus doivent à présent sauver les meubles de ces tests d'automne. Si NovÚs a évacué la question jeudi devant la presse -- "l'équipe de France joue toujours trÚs gros, je m'en suis rendu compte
Damian Penaud s'est montrĂ© plus clair. "Oui, c'est un match important pour nous: si on perd, ça fera zĂ©ro (victoire) sur trois (matches), et là ça va ĂȘtre compliquĂ©" a reconnu le centre, remplaçant samedi aprĂšs s'ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ© lors de la dĂ©sastreuse tournĂ©e de juin en Afrique du Sud (trois lourdes dĂ©faites), pour ses dĂ©buts internationaux.
C'est un euphémisme. L'automne prendra définitivement une couleur gris foncé et un match de la peur contre le Japon le 25 novembre se profilera. Laporte, renforcé par l'obtention, mercredi, de la Coupe du monde 2023 aux dépens de... l'Afrique du Sud (et de l'Irlande), pourrait lui en profiter pour pousser son avantage et accentuer la pression sur un sélectionneur qu'il n'a pas choisi. Voire davantage?
L'entraßneur des avants Yannick Bru a évacué la question du sursis pesant sur les épaules de l'encadrement: "Quand on prend le job en équipe nationale, on sait que ce ne sera pas facile. Il faut garder la motivation par rapport au projet, ce qu'on a mis à l'intérieur du staff. J'y crois. Je crois en tous ces gars (les joueurs)."
- 'Si on a le temps de travailler...' -
Mais NovÚs, au bilan de plus en plus négatif (sept victoires en vingt matches), a lui prononcé cette phrase sibylline: "Si on a le temps de travailler, on continuera à y croire." Pour ça, la meilleure façon est donc de rendre la monnaie de leur piÚce aux Springboks, qui ont inscrit 109 points en juin (37-14, 37-15, 35-12) à des Bleus pourtant confiants avant d'aborder cette tournée.
Avec, comme traditionnel levier de motivation, un double sentiment de revanche. Par rapport Ă ces trois dĂ©culottĂ©es et la premiĂšre pĂ©riode atone face aux All Blacks samedi dernier (5-31 Ă la mi-temps). Quand NovĂšs a vu "une Ă©quipe" en la rĂ©serve qui a bien mieux tenu tĂȘte Ă celle de la Nouvelle-ZĂ©lande Ă Lyon.
"Effectivement, il y a ce match revanche (de juin) mais surtout une revanche par rapport Ă nous-mĂȘmes. (J'attends) une prestation qui se rapproche de ce qu'on a vu mardi. Une fiertĂ© que nous n'avions pas samedi" a soulignĂ© le sĂ©lectionneur.
- Les Boks aussi revanchards -
L'orgueil sera aussi en jeu cĂŽtĂ© sud-africain. Moins, sans doute, pour lever l'affront de la dĂ©faite dans la course Ă l'organisation de la Coupe du monde 2023, que pour relever la tĂȘte aprĂšs une raclĂ©e contre l'Irlande samedi dernier (3-38). Au passage, la dĂ©route de Dublin accentue encore un peu plus l'obligation de rĂ©sultat pesant sur les Ă©paules françaises: si perdre contre les doubles champions du monde nĂ©o-zĂ©landais, largement au-dessus, n'a rien d'infamant, chuter contre des Boks en plein doute le serait beaucoup plus.
Pour éviter la sortie de route au bout d'une semaine à la préparation tronquée par l'absence de nombreux joueurs, mobilisés à Lyon, NovÚs a également actionné le levier de la fierté dans sa composition d'équipe en reconduisant l'intégralité du XV de départ en retard samedi dernier.
Ses quatre bizuths qui ne le sont plus, dont l'ouvreur Anthony Belleau, associé à la charniÚre à Antoine Dupont, seule satisfaction bleue du premier test. Mais aussi ses cadres qui ont déçu, Louis Picamoles, Jefferson Poirot et le capitaine Guilhem Guirado. Eux aussi ont à bien négocier ce virage dangereux.
AFP



