Querelles familiales, textes négationnistes...

Yann Moix ou le coup d'éclat permanent

  • PubliĂ© le 28 aoĂ»t 2019 Ă  15:03
  • ActualisĂ© le 28 aoĂ»t 2019 Ă  16:01
Yann Moix, le 4 novembre 2013 Ă  Paris

Yann Moix n'est pas un Ă©crivain discret. Romancier, rĂ©alisateur, ex-chroniqueur Ă  la tĂ©lĂ©, l'auteur au c?ur d'innombrables polĂ©miques aime ĂȘtre en pleine lumiĂšre quitte Ă  se faire dĂ©tester.

Paru il y a quelques jours, son dernier roman "Orléans" n'est pas passé inaperçu et ce ne sont pas (seulement) ses qualités littéraires qui lui ont valu cet honneur. Aux querelles familiales que le roman a engendrées (Yann Moix y affirme avoir été victime de sévices dans son enfance, ce que son pÚre et son frÚre contestent, ce dernier accusant l'écrivain d'avoir été son bourreau) se sont greffées de graves accusations d'antisémitisme à l'encontre de l'écrivain ùgé de 51 ans.

Et l'exhumation par l'Express de textes négationnistes écrits dans sa jeunesse. Le romancier a reconnu avoir dessiné des caricatures antisémites et écrit des textes négationnistes dans une revue étudiante quand il avait 21 ans. "J'assume, j'endosse tout. Ce que j'ai fait à l'époque avec 3 ou 4 cons, on était des types complÚtement paumés", a admis l'écrivain dans Libération. "Ces textes et ces dessins sont antisémites, mais je ne suis pas antisémite (...)

Aujourd'hui, l'homme que je suis en a honte", s'est dĂ©fendu l'Ă©crivain qui se prĂ©sente comme "le meilleur dĂ©fenseur du judaĂŻsme". "J'ai eu la chance de rencontrer Bernard-Henri Levy qui m'a Ă©vitĂ© de devenir l'homme que j'aurais pu ĂȘtre, une pourriture. Je ne suis pas fier, mais heureux de mon parcours", a ajoutĂ© l'Ă©crivain.

- "Vraie girouette" -

Yann Moix revient de loin. Fils aßné d'un masseur-kinésithérapeute et d'une secrétaire, né en mars 1968 à Nevers, ayant passé son enfance à Orléans, il a fréquenté le sulfureux écrivain Marc-Edouard Nabe (avec lequel il raconte avoir rompu en 2007) et l'historien négationniste Paul-Eric Blanrue. Sur internet des photos circulent de l'écrivain en compagnie de Dieudonné ou d'Alain Soral.

Le nom de Yann Moix a briĂšvement figurĂ© en 2010 sur une pĂ©tition demandant l'abrogation de "la loi Gayssot" condamnant le nĂ©gationnisme et punissant la contestation des crimes contre l'humanitĂ©. Plus tard, l'Ă©crivain assurera s'ĂȘtre fait piĂ©ger. "J'ai Ă©tĂ© contactĂ© il y a quelques jours au sujet d'une pĂ©tition contre la loi Gayssot dont Robert Badinter devait ĂȘtre le signataire vedette. On m'a promis un Robert (Badinter) mais, hĂ©las, j'ai dĂ©couvert un tout autre Robert, in fine, sur la liste : Faurisson!", a racontĂ© Yann Moix sur son blog.

En 2015, au moment de prendre ses fonctions de chroniqueur de l'Ă©mission "On n'est pas couchĂ©" sur France 2, ce diplĂŽmĂ© de Sciences Po confessait ĂȘtre "une vraie girouette" et n'avoir "aucune colonne vertĂ©brale politique". Cela n'empĂȘche pas l'Ă©crivain, Goncourt du premier roman en 1996 Ă  28 ans pour "Jubilations vers le ciel", laurĂ©at du Renaudot en 2013 pour "Naissance" (2013), un pavĂ© de plus d'un millier de pages oĂč il racontait dĂ©jĂ  son enfance maltraitĂ©e, de multiplier les dĂ©clarations Ă  l'emporte-piĂšce.

Faire le compte-rendu de ses déclarations intempestives relÚve d'un travail de Titan. "Jean-Luc Mélenchon, c'est Pétain à l'envers", "Michel Houellebecq, le Droopy des partouzes"...

Animal médiatique, il prend malgré tout le temps d'écrire. Parmi ses plus grand succÚs, on se souvient de "Podium" (2002) dont il fera un film avec Benoßt Poelvoorde. Le livre et le film sont un succÚs. En 2004, il publie "Partouz", roman dans lequel il lie les attentats du 11-Septembre à la frustration sexuelle des jihadistes.

Être Ă©crivain est ce qui lui importe le plus. "J'ai toujours voulu ĂȘtre Ă©crivain, c'est ma seule identitĂ©", dit-il aprĂšs avoir Ă©tĂ© couronnĂ© par le Renaudot.
En n'hésitant pas à créer une polémique au moment de la sortie d'un de ses livres. Au mois de janvier, en marge de la sortie de son roman "Rompre", l'écrivain souligne dans Marie-Claire qu'il est "incapable d'aimer" une femme ùgée de 50 ans, provoquant un déluge de réactions sur les réseaux sociaux. "Orléans", son 17e roman, n'est sans doute pas le meilleur livre de la rentrée littéraire mais c'est celui dont on parle le plus. Et ce n'est pas fini.

AFP

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