Il y a le lieu clos du musĂ©e, parfois gratuit, souvent payant, lieu de recueillement oĂč l'on vient s'incliner devant les oeuvres d'art un peu comme dans une Ă©glise. Et puis, hors les murs, dehors, il y a le vacarme de la ville, sa trĂ©pidation, les sollicitations de la consommation. En voiture, Ă moto, Ă bicyclette, Ă pied, on se presse, on se bouscule, peur d'ĂȘtre en retard au travail, envie de rentrer vite chez soi, impatience d'un rendez-vous.
Soudain,  un mur nous interpelle : "More love !" Pour voir la vie en rose ou en bleu ? A votre préférence ! Un peu comme des signes de piste, l'inscription aux couleurs changeantes est semée d'une ville à l'autre. Là , c'est un conseil, sinon un ordre : "Préserve la nature !". La nature, justement, elle a brûlé, du cÎté du cap La Houssaye : un dessin sur un bloc de béton s'offre à nous consoler. Non loin du Rond-Point des danseuses, au Port, sur l'herbe verte, trÎne un tétrapode royal avec sa parure rouge, noire, étoilée.
Il y a aussi de drĂŽles de bĂȘtes, presque des monstres, mais un enfant les a amadouĂ©s comme dans un conte de fĂ©es. Ailleurs, c'est un avatar du dieu Ă©gyptien Anubis qui s'affiche. D'ailleurs, de nombreux grafs sont un peu les hiĂ©roglyphes modernes de nos villes. MĂȘme les murs de la vieille, trĂšs vieille prison de Saint-Denis ont des choses Ă dire : et voilĂ que Danyel Waro dialogue avec Madiba sur la gramounitĂ© ou bien que Jace nous invite Ă mĂ©diter sur les chaĂźnes de l'amour : prisonniers volontaires ? prisonniers heureux ? A moins que l'amour ne renverse tous les murs et ne fasse exploser les prisons ! En attendant, les murs, ils causent et s'exposent et⊠guettent votre regard.
Brigitte Croisier pour www.ipreunion.com























Retrouvez tout le Street Art Réunionnais sur la page FB : Street Art Reunion Island"