[Photos - Vidéos] La Possession : contre l'habitat indigne, la ville lance sa "Police de l'habitat"

  • Publié le 4 juin 2026 à 11:49
  • Actualisé le 1 juillet 2026 à 09:29
police habitat eric fontaine

(Actualisé) Odeurs d'humidité, fientes de pigeons, infiltrations d'eau, moisissures et parties communes dégradées. Face aux situations de logements dégradés signalées par les habitants, la ville de La Possession entend renforcer ses actions dans le domaine. Ce jeudi 4 juin 2026, le maire Erick Fontaine et les services municipaux se sont rendus sur plusieurs sites de la commune afin de constater les difficultés rencontrées par certains locataires et présenter les moyens mobilisés dans le cadre de la nouvelle Police de l'habitat. (Photos Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Une odeur pestilentielle saisit dès les premiers pas dans les couloirs. Sur les rambardes, les traces blanchâtres laissées par les pigeons s'accumulent. Au sol, quelques plumes volent encore.

C'est dans ce décor que le maire de La Possession, Erick Fontaine, a choisi de lancer officiellement sa "Police de l'habitat". Une initiative qui vise à lutter contre les logements dégradés et les situations d'insalubrité signalées par les habitants. "Moi, en tant que maire, je n'accepterai pas un seul logement indigne sur ma commune", affirme l'élu.

- "Les fientes de pigeons arrivent jusque dans ma maison" -

Dans la résidence Les Lataniers Bleus, Amandine ne cache plus son exaspération. Depuis son appartement, elle montre un local technique envahi par les pigeons. "En face de chez moi, il y a un bloc électrique, eau et téléphone. Les pigeons viennent y faire leur nid. Les fientes arrivent jusque dans ma maison, j'ai des plumes qui volent chez moi", raconte-t-elle. 

La locataire évoque également l'odeur persistante qui remonte jusque dans son logement. "Les gens viennent chez moi, j'ai honte limite. Certes ce n'est pas de ma faute, mais de 2018 à 2026, ça fait quand même très long et rien n'a bougé."

Selon elle, les signalements se succèdent depuis des années sans réponse satisfaisante. Volet cassé, fuite dans la chambre de sa fille, chauffe-eau défectueux, équipements abîmés : la liste est longue. "J'ai fait des lettres recommandées, des mises en demeure. Rien n'y fait. À un moment donné, ce n'est plus possible."

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Un peu plus loin, dans la résidence Café Mocha, à Moulin Joli, Marie raconte sa situation, les larmes aux yeux. Depuis 2024, cette mère de famille n'habite plus l'appartement qu'elle loue pourtant toujours.

- Deux ans à payer un logement inhabitable -

Lorsqu'elle ouvre la porte, une forte odeur d'humidité envahit immédiatement le salon. Dans l'ancienne chambre de son fils, au plafond, les traces d'infiltration et de moisissure sont visibles. "J'ai un fils asthmatique et un bébé de moins de deux ans. Je ne pouvais plus rester ici", explique-t-elle. Regardez.

Hébergée depuis deux ans chez sa mère, elle continue pourtant de régler son loyer, ses charges et ses factures. "Je paie toujours parce que je ne peux pas repartir de zéro. J'ai deux enfants et je ne travaille pas." Face à l'ampleur des dégradations, elle ne souhaite même plus réintégrer son logement. "Même s'ils font les travaux, je préfère partir. Si ça recommence, il faudra encore attendre des années."

- La police municipale mobilisée -

Pour répondre à ces situations, la municipalité s'appuiera désormais sur la police municipale. À travers cette démarche, et dans le cadre de la mise en place de la Police de l’Habitat, la mairie de La Possession souhaite "engager une action déterminée afin que chacun puisse vivre dans un logement et un environnement digne, sûr et respectueux de la qualité de vie des habitants". Regardez.

Ce service sera rattachée à la police municipale et au service de l'Habitat. "La procédure est simple", explique le maire de La Possession. "Dès le signalement en mairie - via l'adresse mail ou le numéro de téléphone unique - une réclamation concernant les conditions d'habitabilité ou d'occupation du logement est réalisée. Une enquête est ensuite menée et un constat dressé par le marie, un adjoint, un agent de police municipale ou un autre agent assermenté"

A terme, une unité dédiée pourra être créée, au sein de la police municipale. Écoutez Patrick Rivière, chef de la police municipale de La Possession. 

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Si la plainte est fondée, un premier rappel à la réglementation est adressé au bailleur ou au propriétaire. Si un traitement amiable est possible, l'affaire est classée. Si non, un rapport est réalisé et une mise en demeure adressée au propriétaire de remédier à la situation assortie d'un délai d'exécution.

Ce rapport va également permettre aux locataires qui en bénéficie, de demander à la CAF de suspendre le versement de l'allocation logement. "Ces gens vivent dans des conditions d'indéscence, voire d'insalubrité. Cela peut avoir des conséquences grave sur la santé. C'est innacceptable", déplore le maire. 

- "Habitat indigne = tolérance zéro" -

"Les travaux doivent ensuite être réalisés", explique Erick Fontaine. "Nous nous rendons sur place pour des contrôles et recueillons les justificatifs tel que des factures ou attestations de conformité". Si les travaux ne sont pas faits, un procés verbal d'infraction est dressé, accompagné d'amendes pouvant aller jusqu'à 450 euros par infraction. "Si l'urgence est avérée, le procés verbal peut-être transmis à l'officier du ministère public", martèle le maire. "Nous prévoyons également une saisine du juge civil intervenant en référé avec assignation par un huissier ou un avocat".

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Dans un communiqué, la municipalité estime que "depuis trop longtemps, certains habitants de La Possession vivent dans des conditions qui ne sont pas acceptables".

Le dispositif concernera aussi bien les bailleurs sociaux que le parc privé. Erick Fontaine assure vouloir également cibler les marchands de sommeil. "Certains bailleurs sont à l'écoute, d'autres beaucoup moins. Mais le message est clair : habitat indigne, tolérance zéro", martèle-t-il.

vg / www.imazpress.com / [email protected]

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4 Commentaires
Lucie
Lucie
3 semaines

Et les locataires qui dégradent ? Et sont indignes en ne payant pas leur loyer? Le proprio doit tout, avec ses impôts fonciers? Vivement une contestation au tribunal administratif de ces décisions inéquitables. L'insalubrité qui est parfois forte c'est vrai, n'est pas pour des politiques de gauche, l'occasion de fiscaliser et donc toujours rendre fautifs des propriétaires de bonne foi. Quelle honte

Templier974
Templier974
3 semaines

Qu'a t'elle fait l'ancienne mairesse de la Possession, à part se remplir les poches sur le dos des contribuables et des malheureux ?Tout mon soutien au nouveau maire qui a vu depuis longtemps les mal logés es.

Sophie
Sophie
3 semaines

Est des malfaçons ou des dégradations du fait des occupants ?

Lili
Lili
3 semaines

Je pense que ce qui est visé ce sont les dégradations de gros œuvre ( infiltration, mur qui s’effrite, plomberie ou électricité non conforme) il y a toujours un état des lieux d’entrée qui peut permettre de vérifier si le locataire a abîmé les équipements… il ne faut pas tout confondre !