Ce mardi 28 avril 2025, les députés Karine Lebon (La Réunion) et François Jolivet (Indre), tous deux rapporteurs dans le cadre de l'évaluation nationale de la politique du logement social dans les Outre-mer, se sont rendus à La Possession. Accompagnés du maire, Erick Fontaine, et de Jean-Michel Singainy, président de la CNL à La Réunion ils ont visité des logements insalubres. (Photos Emmanuel Grondin / www.imazpess.com)
Selon les chiffres de la Fondation pour le logement (anciennement Fondation Abbé Pierre) , en 2025, le mal-logement s’est encore aggravé à La Réunion. "Quatre Réunionnais sur dix sont impactés par la crise du logement, plus de 2.500 personnes sont sans domicile (+39 % en 7 ans), plus 51.000 ménages sont en attente d'un logement social, un nouveau record (+72 % d'augmentation depuis 2018).
Le ComitĂ© d'Ă©valuation et de contrĂ´le des politiques publiques (CEC) de l'AssemblĂ©e nationale, prĂ©sidĂ© par YaĂ«l Braun-Pivet, conduit actuellement une Ă©valuation nationale de la politique du logement social dans les Outre-mer.Â
Dans ce cadre, la députée réunionnaise Karine Lebon et le député de l'Indre François Jolivet sont actuellement à La Réunion afin de rencontrer les acteurs du logement social local. L'occasion de se rendre compte des problématiques relatives au logement et à l'habitat sur le territoire.
- Parking inondé, trou dans la salle de bain... -
Ce mardi 28 avril 2026, ils se rendront à La Possession pour une visite de terrain avec le maire, Erick Fontaine et Jean-Michel Singainy, président de la Confédération nationale du logement (CNL) à La Réunion.
"Nous avons pu visiter plusieurs types de logements", explique Karine Lebon. "Dans une rĂ©sidence senior, nouvellement livrĂ©e (en novembre 2025, ndlr), il restait encore Ă rĂ©aliser quelques amĂ©nagements. L'immeuble est bien, mais le parking sous-terrain est inondĂ© Ă chaque Ă©pisode pluvieux".Â
D'autres travaux doivent intervenir dans les appartements. "Dans la salle de bain d'une locataire, il y a un gros trou alors quand la voisine du dessus se douche, ça coule chez la voisine du dessous". La construction étant récente, la députée estime que les problèmes seront réglés sans encombre.
- Une crise qui ne touche pas que le logement social -
La délégation s'est ensuite rendue rue de la Boulangerie, visiter une maison en situation d'insalubrité. "Il ne s'agissait pas là de logement social mais c'était important de visiter ce type d'habitat pour rendre compte de la situation", assure Karine Lebon. "Dans cette case en tôle, on a pu constater tous les problèmes que cela pose : électricité, normes... insalubrité de manière générale".
"Le plus gros des problèmes d'insalubrité ne vient pas nécessairement du logement social", admet la rapporteuse. "C'est pour ça aussi que nous pensons à redéfinir le cadre de cette mission en l'élargissant à l’habitat des personnes défavorisées de manière générale".
À La Réunion, la crise du logement est près de deux fois plus importante que dans l'Hexagone. Elle est présente sous différentes formes dans les 24 communes de l'île", précise la Fondation pour le logement.
Dans un communiqué publié ce mercredi 22 avril 2026, l'association régionale des maîtres d’ouvrage sociaux et aménageurs de l’océan indien (Armos - OI) tire également la sonnette d'alarme : "les acteurs du secteur ont appris officieusement que l’enveloppe de la Ligne Budgétaire Unique (LBU - enveloppe de l'Etat servant à financer les logements sociaux - ndlr ) pour 2026 pourrait être ramenée à 27 millions d’euros, alors qu’elle s’élevait à 85,65 millions d’euros en 2024 et à environ 78,5 millions d’euros en 2025".
"Défendre le droit à un logement digne et décent, et le droit à un hébergement inconditionnel, est aujourd'hui un besoin vital pour 150.000 personnes mal-logées ou sans logement", alerte Matthieu Hoarau, directeur régional de la Fondation pour le logement à La Réunion.
vg / www.imazpress.com / [email protected]Â Â








