BATAILLE COQ

Les derniers gladiateurs

  • PubliĂ© le 31 juillet 2009 Ă  04:00
Les combats de coqs sont tolérés à La Réunion. Tous les dimanches les paris se comptent en milliers d'euros dans les différents "ronds" (aire de combat en créole réunionnais) de l'ßle

Ils vont au combat sans reculer, poussés par les hommes. Ils luttent jusqu'à l'épuisement. Leur victoire est l'enjeu de paris. Ils font gagner et perdre de l'argent aux parieurs fiévreux. Ce sont les derniers gladiateurs, les rois des week-ends réunionnais, quand la "bataille coq" fait rage

La pratique (légalement interdite mais tolérée à La Réunion) est dure, parfois difficilement supportable pour les non initiés. Ergots limés pour devenir aussi tranchants qu'un rasoir, becs affûtés, ailes déployées, les deux coqs se jettent l'un sur dans le "rond" (espace aménagé pour le combat).
Autour de l'arÚne des paquets de billets passent de main en main. Peu de mots sont échangés entre les parieurs. Chacun sait combien il a misé et combien il encaissera en cas de victoire. On est ici entre spécialistes et l'arnaque n'a pas droit de cité.

3 000 euros le coq

Dans le rond, pour le plaisir et la fortune de leurs maĂźtres, les deux coqs s'affrontent. Les spectateurs ne les lĂąchent pas des yeux. Certains les encouragent de la voix. Coups de becs et d'ergots pleuvent. Le combat est souvent bref. Un "coq bataille" - selon son nom crĂ©ole -, peut coĂ»ter jusqu'Ă  3 000 euros Ă  l'achat, parfois plus. À ce prix-lĂ  pas question pour les Ă©leveurs de les laisser mourir dans l'arĂšne. Maigre consolation. Car l'animal ne sort jamais indemne d'une lutte. C'est souvent en sang que le vaincu quitte le rond. Le vainqueur a un rĂ©pit jusqu'au prochain combat.
L'un comme l'autre vont faire l'objet de toutes les attentions de la part de leurs propriĂ©taires. Leurs blessures vont ĂȘtre soignĂ©es. Si les remĂšdes traditionnels Ă  base d'herbages et d'Ă©corces ne suffisent pas, les animaux seront conduits chez le vĂ©tĂ©rinaire.

Coqs en pĂąte

Hors combat, il faut bien dire qu'ils sont traitĂ©s comme des coqs en pĂąte. NettoyĂ©s et brossĂ©s tous les jours, ils font des repas Ă  base de viande et ils ont droit Ă  des petites friandises. Rien Ă  voir avec la vie d'un coq de basse-cour. Lui n'a pas droit Ă  tous ses Ă©gards. C'est peut-ĂȘtre pourtant Ă  cette vie-lĂ  que rĂȘve le coq - bataille aprĂšs chaque combat. Mais personne ne lui demande jamais son avis...

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