Les rÚgles régissant l'affichage font partie des dispositions du code électoral. En revanche, les candidats sont libres d'adopter la pose qu'ils veulent, seuls ou avec leurs colistiers, d'arborer la tenue de leur choix et de se doter d'un slogan accrocheur. Tout est bon pour attirer les électeurs, y compris l'image véhiculée par les affiches électorales. Quant à la réaction du public appelé à voter, elle est parfois surprenante à en juger par les différents graffitis et caricatures observés sur certains panneaux
En pĂ©riode Ă©lectorale, la mise en place de rĂšgles particuliĂšres s'est imposĂ©e comme une nĂ©cessitĂ© pour que tous les candidats puissent accĂ©der, de façon relativement Ă©quitable, aux instruments permettant d'ĂȘtre entendus de l'ensemble des Ă©lecteurs.Des rĂšgles strictes
Pour les municipales et cantonales 2008, l'ensemble des moyens de communication et de propagande mis Ă disposition des prĂ©tendants aux siĂšges de maires et de conseillers gĂ©nĂ©raux sont donc rigoureusement encadrĂ©s. Ainsi, tout affichage est interdit en dehors de panneaux officiels installĂ©s par les mairies dĂšs l'ouverture de la campagne. Les emplacements Ă©tant dĂ©sormais attribuĂ©s par tirage au sort, les candidats n'ont plus besoin de se presser Ă la prĂ©fecture pour s'inscrire afin d'obtenir le panneau n° 1, rĂ©putĂ© pour ĂȘtre le meilleur.
La bonne pose pour séduire les électeurs
En ce qui concerne la composition de l'affiche, tout est affaire de " communication ". Les spĂ©cialistes sont formels, l'aspect visuel compte de plus en plus dans une Ă©lection. Une " bonne tĂȘte ", assortie bien entendu Ă un programme qui tient la route et Ă quelques slogans bien choisis, et le tour est jouĂ© ou presque. Le cadre, bureau studieux ou paysage bucolique, a aussi son importance. L'intĂ©rĂȘt croissant accordĂ© Ă l'image conduit les candidats et leur service "com" respectif Ă beaucoup rĂ©flĂ©chir avant de sĂ©lectionner "LA" photo idoine, celle qui ne laissera pas indiffĂ©rent, sans non plus en mettre plein la vue. Il convient donc au photographe et Ă son sujet d'opĂ©rer un savant dosage entre simplicitĂ©, sĂ©rieux, naturel et allure moderne, sans pour autant verser dans l'exhibitionnisme provocateur, le glamour insolent, le sourire contrit ou la pose trop coincĂ©e. Pas toujours Ă©vident, si l'on considĂšre certaines affiches actuellement placardĂ©es sur les panneaux Ă©lectoraux. Entre la mise Ă quatre Ă©pingles d'une candidate, la risette carnassiĂšre d'une autre, le regard trop candide de tel postulant ou la mine d'enterrement de son voisin, les Ă©lecteurs ont le choix !
Nouveau terrain d'expression artistique ?
Expression artistique, citoyenne ou simple acte de vandalisme, certains parmi l'Ă©lectorat ne se gĂȘnent pas pour donner leur avis avant le rendez-vous de l'isoloir. Ainsi, dans les vingt-quatre communes de l'Ăźle, on observe parfois de curieux graffitis sur les affiches. S'il est des coups de crayon relativement tendres - une candidate de l'ouest verse de fausses larmes de crocodile -, il en existe aussi de plus assassins, comme ceux rĂ©servĂ©s Ă la gent masculine notamment. On peut donc voir actuellement des hommes politiques affublĂ©s d'oreilles de diable, de dents de lapin (quand ils ne sont pas purement et simplement Ă©dentĂ©s !). D'autres encore se voient doter de grossiers attributs sexuels. Les injures, des plus banales aux plus virulentes, sont Ă©galement lĂ©gion. Certains plaisantins y vont de leurs commentaires personnels, ajoutent leurs propres slogans, quand d'autres manifestent u contraire leur approbation.
Bref, on l'aura compris, la bataille électorale se dessine aussi sur les murs et panneaux, avec plus ou moins d'humour et de délicatesse selon les taggeurs. Reste à savoir si le traitement réservé aux affiches est le reflet des intentions de vote. Premiers éléments de réponse dimanche 9 mars 2008.













