C'est sur le site de la Grande Chaloupe que Biotope, un bureau d'étude privé spécialisé dans l'environnement, proposait une démonstration du radar Aviscan II, ce vendredi 3 décembre 2010. Cette nouvelle technologie est utilisée pour étudier les oiseaux en les détectant en plein vol jusqu'à 1 500 mÚtres de hauteur. L'outil sert à mieux observer et connaßtre les migrations des oiseaux marins, comme le pétrel de barrau ou le puffin de Baillon, mais aussi à évaluer les impacts d'aménagements telle une ligne d'éoliennes, sur ces espÚces protégées.
UtilisĂ©e Ă l'origine pour l'aĂ©ronautique ou encore la pĂȘche, la technologie du radar a Ă©tĂ© adaptĂ©e et mise en ?uvre sur l'Ăźle pour l'Ă©tude des oiseaux marins. En plus d'ĂȘtre indigĂšne (originaire de La RĂ©union) ou endĂ©mique (spĂ©cifique Ă La RĂ©union) ces espĂšces ont la particularitĂ© de migrer la nuit et souvent par des ravines ou vallĂ©es difficiles d'accĂšs.Jusqu'Ă prĂ©sent les ornithologues de l'Ăźle, spĂ©cialistes des oiseaux, observaient les volatiles principalement Ă l'aide de jumelles infrarouges, outil limitĂ© Ă une distance de 300 mĂštres. Avec le radar, "on dĂ©passe les limites d'observation humaines" affirme Matthieu Souquet, directeur rĂ©gional de l'agence Biotope OcĂ©an Indien. "Le radar nous donne le flux et la hauteur des oiseaux passant Ă un endroit donnĂ©, et ce jusqu'Ă une hauteur de 1500 mĂštres".
Plusieurs éléments scientifiques basés sur des observations humaines ont ainsi été confirmés par l'outil, notamment les couloirs de migrations des oiseaux. "à Ilet à Cordes nous avons détecté 5 000 échos (signal détecté par le radar) par heure sur une distance d'un kilomÚtre au sol" raconte Matthieu Souquet. En s'appuyant sur les études existantes, "on peut déterminer les espÚces grùce à leur hauteur de vol" précise-t-il.
Ce radar Aviscan II est ainsi transporté sur toute l'ßle pour des nuits de recueil de données. Pour Biotope, l'objectif est à terme "d'obtenir une cartographie précise des corridors de migrations des oiseaux, notamment des espÚces protégées".
"Parmi les oiseaux marins rĂ©unionnais, certaines espĂšces sont protĂ©gĂ©es par le code de l'environnement" rappelle Matthieu Souquet. Il ajoute, "les amĂ©nageurs sont hors la loi s'ils perturbent les migrations de colonies, avec par exemple la construction d'un pont". D'oĂč l'importance de pouvoir quantifier et localiser avec prĂ©cision les trajets de migrations.
Présent à la démonstration, Yannick Giloux, directeur de la société d'études ornithologiques de La Réunion (Seor), s'intéresse à cet outil "qui permet de visualiser précisément le passage des oiseaux. Il ajoute, "le plus intéressant sera par la suite de trouver comment s'en servir pour résoudre le problÚme des échouages des oiseaux, victimes des lumiÚres du littoral".
Marie Trouvé pour









