A4. Ce format de feuille de papier communĂ©ment utilisĂ© est ici l'objet de toutes les controverses. En effet, c'est un nouveau challenge lancĂ© sur les rĂ©seaux sociaux, que les jeunes filles chinoises ont largement tentĂ© de relever. Le principe du #A4WaistChallenge : la taille arborĂ©e ne doit pas dĂ©passer la largeur d'une feuille de papier format A4, soit 21 centimĂštres. Ce dĂ©fi, qui alimente un peu plus la course Ă la minceur - parfois extrĂȘme et dangereux-, trouve ses adeptes et ses dĂ©tracteurs via les rĂ©seaux sociaux.
C'est sur le réseau Weibo, l'équivalent chinois de Twitter que le défi s'est répandu comme une trainée de poudre. Sous le hashtag #A4WaistChallenge, plusieurs photos de trÚs jeunes filles quasi squelettiques exposent leur taille trÚs fine cachée sous une feuille de papier.
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#A4WaistChallenge. Le défi minceur, nouvel idéal ascétique. RDV demain, 7h25. #E1matin pic.twitter.com/EmvAbPuF0Y
â RaphaĂ«l Enthoven (@Enthoven_R) 21 mars 2016
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Chinese women are showing off their thin⊠https://t.co/pNoIfXtjNr #Viral #Memes #A4WaistChallenge #China #Weibo pic.twitter.com/Z2a4vXRYVv
â roger keyserling (@rkeyserling) 17 mars 2016
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EnumĂ©rĂ©es dans un article du Parisien le 21 mars 2016 , les photos des jeunes filles affolent les professionnels de santĂ©. CitĂ©e par le mĂ©dia national, le docteur Corinne Chicheportiche, nutritionniste Ă Paris, estime que ce challenge, "toujours sur le mĂȘme registre de la minceur" est "un marqueur supplĂ©mentaire, particuliĂšrement Ă lâĆuvre dans les milieux plutĂŽt favorisĂ©s et Ă©duquĂ©s, dâune sociĂ©tĂ© oĂč le diktat de la norme sâimpose.
Cela fonctionne sur le mĂȘme mĂ©canisme que lâanorexie mentale : contrĂŽler Ă lâextrĂȘme un corps Ă qui lâon refuse de devenir soi-mĂȘme, et femme. Avec un seul but : contrĂŽler son image" dĂ©plore le mĂ©decin dans l'article du Parisien.
Sachant que la taille moyenne d'une Française est de 30 cm, que la taille de Miss France est de 25 cm contre les 21 requis par le "paper challenge, ce dĂ©fi s'apparente clairement Ă une certaine forme d'anorexie, indique Corinne Chicheportiche. Les jeunes "ne font plus la diffĂ©rence entre minceur et maigreur" constate t-elle.Â
Ce genre de dĂ©fi attirant l'extrĂȘme maigreur comme seul canon de beautĂ© n'est pas le premier du genre Ă faire des Ă©mules sur les rĂ©seaux sociaux. Avec l'instantanĂ©itĂ© de l'outil, liĂ© Ă la nouvelle culture du selfie apprĂ©ciĂ©e de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, les "challenges" Internet vont bon train. Avant l'objectif A4, le but Ă©tait d'avoir le plus grand espace possible entre ses cuisses. Ce dĂ©fi, qui a Ă©galement alertĂ© les mĂ©decins, s'appelait le "thigh gap".
Bon à savoir, bien que ce défi (de plus) ait connu un certain succÚs en Asie chez les jeunes filles, les dérisions et moqueries sont allées bon train du cÎté des réseaux sociaux. Des internautes arborant à leur tour des photos humoristiques, dénonçant à la fois l'absurdité et la dangerosité du défi lancé.
Love @5tevieM response to the #A4WaistChallenge more on it here - https://t.co/YwADNdmDMS @thepooluk pic.twitter.com/2FgP2sd1UN
â Frankie Graddon (@FrankieGrad) 18 mars 2016
Ce nouveau dĂ©fi dangereux s'ajoute Ă celui des groupes pro ana (pro-anorexia) pronant l'extrĂȘme maigreur comme seul exemple Ă suivre et sĂ©vissant toujours sur les rĂ©seaux sociaux. Sans doute encouragĂ© par l'image de la femme Ă la taille XXS toujours renvoyĂ©e par les top model. Car mĂȘme si des efforts ont Ă©tĂ© fait du point de vue lĂ©gislatif pour limiter l'anorexie forcĂ©e des mannequins, il est toujours rare pour des femmes Ă la taille "normale" de faire la Une des magazines de mode.
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