Christiane Taubira est arrivée ce mercredi 15 octobre 2014 au tribunal de grande instance de Saint-Denis. La ministre - qui a été notamment accueillie par le nouveau procureur Eric Tuffery et le procureur général Claude Laplaud - est venue en compagnie du préfet Dominique Sorain. La garde des Sceaux a visité les différents services du TGI, avant de s'entretenir avec les organisations syndicales et les professions réglementées. Cette visite a surtout été l'occasion pour les justiciables réunionnais d'interpeller la ministre de la Justice sur de nombreux dossiers.
Arrivée sous la pluie, Christiane Taubira a été accueillie par les élus locaux, mais également par un justiciable qui a souhaité lui faire part de ses soucis. "Je suis menacé quotidiennement par un étranger, un kamikaze", a-t-il déclaré à la ministre en tentant de lui remettre un dossier. "Il ne faut pas que je prenne vos pièces monsieur. Donnez-moi plutôt vos coordonées", lui a répondu la garde des Sceaux avant de poursuivre sa visite du tribunal de grande instance de Saint-Denis. Une visite au cours de laquelle elle a pu notamment s'entretenir quelques instants avec le président du conseil régional Didier Robert et la présidente du conseil général Nassimah Dindar.
Christiane Taubira a également été interpellée par Michèle Graja, présidente de l'association départementale de défense des intérêts patrimoniaux (ADDIP), au sujet d'un dossier. "L'ADDIP a écrit à la garde des Sceaux qui nous a répondu. Elle a donné l'ordre à monsieur le préfet de tenir compte de cette affaire qui traîne depuis un an. Mais je constate que ce courrier n'est pas pris en compte par la préfecture qui s'est désengagée", explique-t-elle. "J'ai vu la ministre pour discuter de cette problématique. Elle a bien compris l'affaire, je suis très contente pour la population. Je ne suis pas là pour crier pour rien, il fallait la toucher. En tant que femme ultramarine, c'est sûr qu'elle est très sensible à notre histoire, et je pense qu'elle ne fermera pas l'oeil dessus", précise la responsable de l'association.
Christiane Taubira avait tenu à rencontrer une juridiction "ouverte sur le monde", elle n’a pas été déçue, jusqu’à voir un individu tenter de rentrer de force dans la salle d’audience où elle s’apprêtait à prononcer un discours sur sa réforme de la "justice du XXIème siècle". "Je souhaite être en contact avec la population, avec parfois les risques que cela implique", commentera-t-elle après coup.
Même dans ce bref moment de tension, la ministre aura gardé son sang-froid. Elle s’est d’ailleurs montré relativement disponible tout au long de cette visite matinale, allant à la rencontre des adhérents du collectif Eveil Citoyen 974 avant de quitter le palais de justice.
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