PremiÚre visite ministérielle à La Réunion

Ericka Bareigts : "Nous arrivons au bout de ce modĂšle post-colonial"

  • PubliĂ© le 5 mars 2016 Ă  04:31
Ericka Bareigts

Ericka Bareigts est en visite Ă  La RĂ©union ces vendredi 3 et samedi 4 mars 2016 en la qualitĂ© de secrĂ©taire d'Etat chargĂ©e de l'Ă©galitĂ© rĂ©elle. AprĂšs avoir rencontrĂ© des bĂ©nĂ©ficiaires d'une action favorisant l'accĂšs aux droits sociaux Ă  Saint-Pierre, et dĂ©jeunĂ© avec les partenaires de l'action " Table effet mĂšre " au Port, l'ancienne dĂ©putĂ©e a Ă©tĂ© reçue Ă  la mairie Ă©voquant ses pistes de travail liĂ©es Ă  sa nouvelle fonction au sein de gouvernement. Dans une interview, la secrĂ©taire d'État Ă©voque la loi sur l'Ă©galitĂ© rĂ©elle outre-mer sur laquelle elle travaillera avec George Pau Langevin, ministre de l'outre-mer. Par ailleurs, Ericka Bareigts a rencontrĂ© en fin d'aprĂšs-midi de ce vendredi, des Ă©lĂšves de terminale du lycĂ©e portois Jean Hinglo qui se prĂ©parent Ă  intĂ©grer Sciences PĂŽ. Elle terminera sa visite Ă  Saint-Denis ce samedi, par la rĂ©pĂ©tition gĂ©nĂ©rale de RomĂ©o Ă© Juliette, piĂšce de théùtre de Lolita Monga Ă  la CitĂ© des Arts de Saint-Denis et se rendra au marchĂ© de nuit du chef-lieu.

Pourquoi la notion de l'égalité réelle est-elle importante à La Réunion ?

La RĂ©union, comme beaucoup de territoires ultras-marins, est le territoire oĂč il y a le plus d’inĂ©galitĂ©s sur tous les domaines, que cela soit Ă©ducatif, sur la santĂ©, Ă©conomiquement ou encore, survle chĂŽmage des jeunes et des moins jeunes
Nous sommes dans une situation hors norme, par rapport Ă  la Nation, par rapport Ă  l’Europe puisque nous avons le premier taux de chĂŽmage des jeunes europĂ©en.  Dans cette situation lĂ , il y a des dispositifs, des lois, des lois santĂ©, des lois contre les exclusions par exemple qui existent et qui portent leurs fruits. Elle ont des consĂ©quences positives, mais il y a toujours les plus exclus des exclus, qui continuent Ă  ĂȘtre exclus parce qu’ils n’arrivent Ă  se connecter aux droits. C’est lĂ  que l’on intervient, par des initiatives qui font que l’on adapte les politiques publiques, nous les formatons un peu pour mieux s’adapter aux territoire et aux gens.

Quelles sont les trois grandes pistes de travail qui seront les vĂŽtres dans les prochaines semaines ?

- Oui, d’abord il y a le comitĂ© interministĂ©riel de l’égalitĂ© et de la citoyennetĂ© qui se rĂ©unit en avril. Je vais proposer un projet qui sortira,j’espĂšre un peu de l’ordinaire, au Premier Ministre. Il aura pour but de montrer ce qui passe de positif sur le territoire. La deuxiĂšme chose c’est qu’il y a une loi Ă©galitĂ© citoyennetĂ© sur laquelle je vais intervenir pour une partie qui est importante parce qu’elle traite de tout ce qui est actes racistes, propos racistes, sexistes oĂč on propose d’ĂȘtre un plus dur lĂ -dessus.

On laisse un peu trop les choses passer lĂ -dessus, d’ailleurs il y a eu un rapport qui pointe la France Ă  ce sujet. Puis, il y un troisiĂšme sujet lĂ©gal qui est important, c’est la loi sur l’égalitĂ© rĂ©elle outre-mer. Cela fait longtemps que l’on y rĂ©flĂ©chit, on va y travailler bien sĂ»r avec George Pau Langevin, mais cette idĂ©e sur la loi Ă©galitĂ© rĂ©elle outre-mer, a pour but de dire qu’il faut changer les choses, profondĂ©ment. Il faut changer de modĂšle, il faut que l’on rĂ©flĂ©chisse autrement, qu’on fasse des programmes territoriaux avec l’État, mais que l’on arrive Ă  se parler ici. Quelle sociĂ©tĂ© voulons-nous ? Quel rĂȘve voulons-nous porter ? VoilĂ , c’est une loi qui va ĂȘtre une loi cadre, qui va porter ces principes et ces valeurs.

Vous avez dit que "nous sommes arrivĂ©s au bout du modĂšle de fin de pĂ©riode post-coloniale, et qu’il faut maintenant Ă©voluer". Vers quoi Ă©voluer et pourquoi ? 

On tourne la page d’un systĂšme qui est arrivĂ© au bout puisque le systĂšme de base Ă©tait celui de la sortie de la colonie :  en construisant les Ă©coles, en construisant les lycĂ©es les collĂšges, les hĂŽpitaux, on crĂ©ait du travail tout simplement. Aujourd’hui nous sommes arrivĂ©s au bout de tout cela. On va rajouter une route, un bĂątiment, mais ça ne créé pas l’activitĂ© Ă©conomique. Le BTP du rattrapage, des grands travaux, ça ne créé pas de l’activitĂ©.

Maintenant nous avons deux pistes : la premiĂšre c’est que nous devons faire une Ă©conomie, non pas une Ă©conomie qui se referme sur elle-mĂȘme, mais une Ă©conomie gĂ©nĂ©reuse qui utilise les hommes et les femmes de ce territoire et qui leur offre des opportunitĂ©s. La deuxiĂšme chose c’est que nous avoir enfin une Ăźle qui en plus d’ĂȘtre tournĂ©e vers l’Europe, en plus d’ĂȘtre tournĂ©e vers l’Hexagone se tourne vers les pays de la zone. Cela fait des annĂ©es qu’on le dit. On n’y arrive pas, on ne l’a pas fait mais maintenant je crois que l'on n’a plus le choix. Il faut faire ce choix lĂ .

Vous avez reçu un accueil trĂšs chaleureux et vous avez demandĂ© aussi un allĂšgement de votre cordon de sĂ©curité 

Oui parce que bon, il y a les protocoles
 Moi je me plie au protocole minimum. Mais voilĂ  je suis Ă  La RĂ©union, je peux pas ĂȘtre plus que le minimum, ça ne me va pas. Nous sommes ici Ă  La RĂ©union, les gens ont une expression, ils l’expriment, et on est aussi lĂ  pour entendre les choses, sinon on vient pas sur le terrain. on s’enferme. Je vais faire beaucoup de terrain ici comme ailleurs parce qu’il n’y a que sur le terrain que l’on voit les choses. AprĂšs c’est du papier, c’est de la thĂ©orie, ça n’est pas palpable. Il faut toucher, il faut comprendre


Que pensez-vous de la fermeture totale de la route du littoral ?

Il faut que ça se passe aussi vite que possible parce que derriĂšre c’est aussi de l’argent. Cela a un coĂ»t, mais aussi vite que possible c’est aussi ne pas faire n’importe quoi. Je pense que ceux qui ont des responsabilitĂ©s ne font pas n’importe quoi. Il faut veiller Ă  l’environnement mais aussi Ă  la sĂ©curitĂ©. LĂ  il y a le problĂšme de cette route mais il y a aussi surtout l’insĂ©curitĂ© pour l’autre route. Mais bon, nous qui sommes rĂ©unionnais, nous savons que cela a rythmĂ© notre vie Ă©conomique, et ça aussi, il serait temps que cela change.

www.ipreunion.com

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3 Commentaires
aterla
aterla
10 ans

Bon je vais rajouter mon grain de sel:
"nous sommes arrivés...
au bout du modĂšle...
de fin de période...
post-coloniale, ...
et qu’il faut maintenant Ă©voluer"

Pas mal de redondance littéraire pour dire que ça doit changer.
Espérons que les actes (positifs) suivront.

erikA
erikA
10 ans

apres c l autonomie democratique et populaire.......dis ouvertement mme la depute...

tagoun
tagoun
10 ans

J'ai pas compris ! elle était à la Réunion jusqu'à ces derniers temps et elle revient en voyage officiel pour se rendre compte des problÚmes.....c'est X-FILES un monde parallÚle ou quoi ?