Santé

Le zamal pour soigner légalement les douleurs

  • PubliĂ© le 26 aoĂ»t 2013 Ă  05:04
Zamal

PubliĂ© au Journal officiel du vendredi 7 juin 2013, un dĂ©cret autorise l'ANSM (Agence nationale de sĂ©curitĂ© du mĂ©dicament) Ă  dĂ©livrer une autorisation de mise sur le marchĂ© pour des mĂ©dicaments contenant du cannabis ou ses dĂ©rivĂ©s. Ces traitements pourraient ĂȘtre utilisĂ©s pour traiter des douleurs notamment chez des patients atteints de sclĂ©rose en plaques, de cancer ou du VIH. DĂ©jĂ  commercialisĂ© dans la majoritĂ© des pays de l'Union EuropĂ©enne, le Sativex (spray buccale Ă  base de cannabis) devrait ĂȘtre le premier Ă  entrer sur le marchĂ© du mĂ©dicament dĂ©but 2014. Une premiĂšre en France oĂč, selon une enquĂȘte de lepoint.fr menĂ©e en 2010 en mĂ©tropole, prĂšs d'un tiers des 18 - 64 ans avouaient avoir consommĂ© de l'herbe.

La France n’en est pas encore au Nugtella, chocolat Ă  l’huile de cannabis en vente en Californie, mais l’annonce a eu l’effet d’une bombe dans le milieu mĂ©dical. Sativex, Bedrocan, Marinol, CĂ©samet
 autant de mĂ©dicaments cannabinoĂŻde bientĂŽt disponibles sur ordonnance pour soigner les douleurs liĂ©s au VIH, Ă  la sclĂ©rose en plaque et au cancer. David MĂ©tĂ©, mĂ©decin addictologue du centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Denis rapporte que "mĂȘme si le cannabis n’est pas indispensable comme peut l’ĂȘtre la morphine, les progrĂšs de la mĂ©decine attestent de vertus mĂ©dicinales et calmantes de la plante".

Jusque lĂ , la France faisait partie des rares pays de l’Union EuropĂ©enne Ă  ne reconnaĂźtre le cannabis qu’en tant que stupĂ©fiant. Pour le mĂ©decin addictologue "la consommation doit ĂȘtre avant tout encadrĂ©e, le cannabis pharmaceutique est largement prĂ©fĂ©rable Ă  celui qui se fume et qui prĂ©sente des risques d’effets secondaires et des rĂ©percussions sur la santĂ© Ă  long terme".

Claude Cheung Lung, pharmacien spĂ©cialiste des plantes mĂ©dicinales, estime que ce dĂ©cret arrive "comme un cheveu sur la soupe". Pour l’herboriste "il existe dĂ©jĂ  des mĂ©dicaments qui soignent les douleurs". Cette autorisation de mise sur le marchĂ© est, dit-il, "un coup politique et dĂ©magogique avant une possible lĂ©galisation".

A la question que pensez vous de la dĂ©pĂ©nalisation, David MĂ©tĂ© avoue que "la sĂ©vĂ©ritĂ© ne paie pas en France". Et pour cause, selon l’Observatoire europĂ©en des drogues "les Français sont les premiers consommateurs d’Europe alors que la lĂ©gislation est l’une des plus rĂ©pressive. L’interdit ça ne fonctionne pas" commente l’addictologue.

"Une dĂ©pĂ©nalisation peut ĂȘtre envisageable" estime-t-il. "Mais elle doit impĂ©rativement ĂȘtre encadrĂ©e et contrĂŽlĂ©e, les mesures de prĂ©vention devraient ĂȘtre amplifiĂ©es et associĂ©es Ă  des soins" ajoute le mĂ©decin.

"Les lois sont faites pour ĂȘtre contournĂ©es, je suis un hors la loi ", estime pour sa part Christopher. Il n’a pas vraiment d’avis sur les vertus mĂ©dicinales du zamal. Il dit simplement qu’il continuera " Ă  consommer quelque soit les conditions " car "cela me fait du bien". A 22 ans ce Tamponnais en est Ă  sa seconde annĂ©e de recherche d’emploi. AprĂšs avoir allumĂ© son joint, il commente "ma seule fenĂȘtre sur le monde c’est Marijane".

Christiane, une dionysienne de 22 ans, n’est ni pour ni contre la dĂ©pĂ©nalisation : "chacun fait ce qu’il veut tant que cela ne nuit pas aux autres, mais personnellement je ne consomme pas et je ne le ferais jamais. Et si je suis malade, je ne prendrais pas un mĂ©dicament Ă  base de drogues".

Pierre, 33 ans n’est pas un consommateur d’herbe, mais s’est vraisemblablement beaucoup intĂ©ressĂ© au sujet. Et il a des idĂ©es sur la question. "LĂ©galiser le zamal et ensuite le taxer comme les cigarettes serait aussi un moyen de renflouer les caisses de l’Etat" lance-t-il en forme de boutade.

Nous n’en sommes pas encore lĂ  mais l’idĂ©e d’un usage de cannabis en mĂ©decine n’est pas nouvelle Ă  La RĂ©union, lors de l’épidĂ©mie de chikungunya en 2006, nombreux Ă©taient ceux affirmant que le zamal calmait les douleurs gĂ©nĂ©rĂ©es par la maladie. Et ils Ă©taient tout aussi nombreux Ă  avouer avoir essayer de calmer leurs courbatures avec cette tisane pĂ©i.

Quand à savoir si cela était efficace


Gabriel Robert pour www.ipreunion.com

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