PubliĂ© au Journal officiel du vendredi 7 juin 2013, un dĂ©cret autorise l'ANSM (Agence nationale de sĂ©curitĂ© du mĂ©dicament) Ă dĂ©livrer une autorisation de mise sur le marchĂ© pour des mĂ©dicaments contenant du cannabis ou ses dĂ©rivĂ©s. Ces traitements pourraient ĂȘtre utilisĂ©s pour traiter des douleurs notamment chez des patients atteints de sclĂ©rose en plaques, de cancer ou du VIH. DĂ©jĂ commercialisĂ© dans la majoritĂ© des pays de l'Union EuropĂ©enne, le Sativex (spray buccale Ă base de cannabis) devrait ĂȘtre le premier Ă entrer sur le marchĂ© du mĂ©dicament dĂ©but 2014. Une premiĂšre en France oĂč, selon une enquĂȘte de lepoint.fr menĂ©e en 2010 en mĂ©tropole, prĂšs d'un tiers des 18 - 64 ans avouaient avoir consommĂ© de l'herbe.
La France nâen est pas encore au Nugtella, chocolat Ă lâhuile de cannabis en vente en Californie, mais lâannonce a eu lâeffet dâune bombe dans le milieu mĂ©dical. Sativex, Bedrocan, Marinol, CĂ©samet⊠autant de mĂ©dicaments cannabinoĂŻde bientĂŽt disponibles sur ordonnance pour soigner les douleurs liĂ©s au VIH, Ă la sclĂ©rose en plaque et au cancer. David MĂ©tĂ©, mĂ©decin addictologue du centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Denis rapporte que "mĂȘme si le cannabis nâest pas indispensable comme peut lâĂȘtre la morphine, les progrĂšs de la mĂ©decine attestent de vertus mĂ©dicinales et calmantes de la plante".
Jusque lĂ , la France faisait partie des rares pays de lâUnion EuropĂ©enne Ă ne reconnaĂźtre le cannabis quâen tant que stupĂ©fiant. Pour le mĂ©decin addictologue "la consommation doit ĂȘtre avant tout encadrĂ©e, le cannabis pharmaceutique est largement prĂ©fĂ©rable Ă celui qui se fume et qui prĂ©sente des risques dâeffets secondaires et des rĂ©percussions sur la santĂ© Ă long terme".
Claude Cheung Lung, pharmacien spĂ©cialiste des plantes mĂ©dicinales, estime que ce dĂ©cret arrive "comme un cheveu sur la soupe". Pour lâherboriste "il existe dĂ©jĂ des mĂ©dicaments qui soignent les douleurs". Cette autorisation de mise sur le marchĂ© est, dit-il, "un coup politique et dĂ©magogique avant une possible lĂ©galisation".
A la question que pensez vous de la dĂ©pĂ©nalisation, David MĂ©tĂ© avoue que "la sĂ©vĂ©ritĂ© ne paie pas en France". Et pour cause, selon lâObservatoire europĂ©en des drogues "les Français sont les premiers consommateurs dâEurope alors que la lĂ©gislation est lâune des plus rĂ©pressive. Lâinterdit ça ne fonctionne pas" commente lâaddictologue.
"Une dĂ©pĂ©nalisation peut ĂȘtre envisageable" estime-t-il. "Mais elle doit impĂ©rativement ĂȘtre encadrĂ©e et contrĂŽlĂ©e, les mesures de prĂ©vention devraient ĂȘtre amplifiĂ©es et associĂ©es Ă des soins" ajoute le mĂ©decin.
"Les lois sont faites pour ĂȘtre contournĂ©es, je suis un hors la loi ", estime pour sa part Christopher. Il nâa pas vraiment dâavis sur les vertus mĂ©dicinales du zamal. Il dit simplement quâil continuera " Ă consommer quelque soit les conditions " car "cela me fait du bien". A 22 ans ce Tamponnais en est Ă sa seconde annĂ©e de recherche dâemploi. AprĂšs avoir allumĂ© son joint, il commente "ma seule fenĂȘtre sur le monde câest Marijane".
Christiane, une dionysienne de 22 ans, nâest ni pour ni contre la dĂ©pĂ©nalisation : "chacun fait ce quâil veut tant que cela ne nuit pas aux autres, mais personnellement je ne consomme pas et je ne le ferais jamais. Et si je suis malade, je ne prendrais pas un mĂ©dicament Ă base de drogues".
Pierre, 33 ans nâest pas un consommateur dâherbe, mais sâest vraisemblablement beaucoup intĂ©ressĂ© au sujet. Et il a des idĂ©es sur la question. "LĂ©galiser le zamal et ensuite le taxer comme les cigarettes serait aussi un moyen de renflouer les caisses de lâEtat" lance-t-il en forme de boutade.
Nous nâen sommes pas encore lĂ mais lâidĂ©e dâun usage de cannabis en mĂ©decine nâest pas nouvelle Ă La RĂ©union, lors de lâĂ©pidĂ©mie de chikungunya en 2006, nombreux Ă©taient ceux affirmant que le zamal calmait les douleurs gĂ©nĂ©rĂ©es par la maladie. Et ils Ă©taient tout aussi nombreux Ă avouer avoir essayer de calmer leurs courbatures avec cette tisane pĂ©i.
Quand Ă savoir si cela Ă©tait efficaceâŠ
Gabriel Robert pour www.ipreunion.com
