Didier Robert attendait au moins 5 000 personnes devant la préfecture ce jeudi 16 octobre 2014. Ils ont été officiellement à peine plus de 3 000 au plus fort de la manifestation (8 000 selon les organisateurs) à répondre à l'initiative du président de Région pour défendre la continuité territoriale. C'est que cet appel au rassemblement "au-delà des clivages" s'est rapidement transformé en meeting politique, où certains "intrus" et "députés complices" comme Thierry Robert n'étaient visiblement pas les bienvenus. Ce grand raout s'est d'ailleurs achevé par une longue diatribe d'un Didier Robert n'hésitant pas à évoquer "la colonisation", "l'esclavage" et "un État qui nous oppresse", avant d'appeler les Réunionnais "à entrer en Résistance". La machine - ou plutôt la campagne - est lancée, puisqu'une nouvelle mobilisation est prévue le 9 novembre dans l'Ouest.
Dès 8 heures du matin, le dispositif était en place. Les six grandes banderoles disposées autour des jardins de la préfecture avec le nom de Didier Robert écrit presque aussi gros que les mots de "continuité territoriale". Les différents stands proposant bracelets, chapeaux, drapeaux. Et surtout les très nombreuses pancartes où figurait, là aussi en bonne place, le nom du président de Région.
Et puis le défilé des bus a débuté. Venus de Saint-André, de Cilaos, de Saint-Benoît, de la Plaine-des-Palmistes, de Saint-Pierre et surtout de Saint-Paul, Joseph Sinimalé ayant fait les choses en grand. Militants, sympathisants sont venus au fil de la matinée grossir les rangs. Certains étaient bien présents "pour défendre la continuité territoriale". Mais d’autres avaient fait le déplacement pour de multiples raisons : "pour soutenir Didier", "parce que nos emplois verts sont menacés", "parce qu’on paye trop d’impôts" ou encore "à cause de tout ce qu’on entend à la télé..."
Une confusion qui a gagné également les intervenants à la tribune. De la présidente du conseil général Nassimah Dindar au maire de Saint-Pierre Michel Fontaine, tous ont certes entamé leurs interventions respectives en évoquant la continuité territoriale. Tous avaient d’ailleurs parfaitement appris leur leçon pour régurgiter l'exemple corse, très parlant il est vrai mais qui existe depuis plus de quarante ans sans émouvoir grand monde jusque-là.
Et puis tous se sont mis à digresser sur d’autres sujets comme la défense des allocations familiales, du congé parental, du service public, de la famille réunionnaise que le gouvernement menacerait. Pour tous ces grands partisans d’un rassemblement "au-delà des clivages", il s’agissait avant tout de tirer à boulets rouges sur la politique menée par François Hollande et Manuel Valls. De se positionner en défenseurs du "peuple réunionnais" contre cet "État qui nous oppresse".
Le rassemblement a ses limites
Dans ce contexte, il y avait beau jeu de regretter "l’absence des élus socialistes", d’appeler sans cesse à "l’union" mais sans dire un mot de la bousculade ayant précédé la prise de parole de Thierry Robert pour tenter de l’empêcher de s’exprimer. Le rassemblement a sans doute ses limites. De son côté, le député-maire de Saint-Leu n’en demandait pas tant pour pouvoir se poser en victime de "méthodes d’un ancien temps".
Mais le point d’orgue a bien sûr été la montée à la tribune de Didier Robert sous les drapeaux, les applaudissements et les "Didier ! Didier !". L’emphase pouvait commencer. "Vous êtes des milliers ce matin ! C’est toute La Réunion debout qui est là !", a débuté le président de Région, devant un parterre de 3 000 personnes maximum selon les chiffres de la préfecture. Sans doute cette dernière est-elle aussi "complice" de ce gouvernement "qui nous a trahi" avec "ce coup de massue terrible".
Et de poursuivre : "C’est le point de départ d’une nouvelle grande croisade ! Je ne lâcherai rien !", s’est égosillé le président d'Objectif Réunion avant de pousser encore le bouchon dans des termes que n’aurait pas renié le parti communiste : "Je n’oublie pas l’esclavage, je n’oublie pas la colonisation ! Je crie à l’injustice ! Il n’y pas les hommes et les sous-hommes, il n’y pas de citoyens de seconde zone !" Il ne manquait plus que la petite touche finale : "Nou lé pa plis, nou lé pa moin, respekt anou !"
Pour qui en doutait encore, le tour pris par la manifestation ce jeudi matin ne laisse pas beaucoup de place à l'équivoque. En se désengageant très maladroitement de la continuité territoriale, le gouvernement a offert au président de Région un bel os à ronger mais surtout un beau petit tremplin pour lancer sa campagne. Prochain meeting prévu le 9 novembre sur les terres de Joseph Sinimalé.
Guilhem George pour www.ipreunion.com












"Vous êtes des milliers ce matin ! C'est toute La Réunion debout qui est là !"
J'ai fait un calcul rapide et dire que c'est toute la Réunion qui est là, c'est MENTIR : cela ne représente que 0,375% de la population.
Voilà là encore une belle preuve de tentative de manipulation de la population réunionnaise.
Si on enlève les personnes des différents services de la collectivité, des intercommunalités, des communes, forcés et contraints de venir manifester, il ne reste pratiquement personne.
C'est dire à quel point Le Président de Région ne sait plus compter !!! Enfin quand ça l'arrange...
Réunionnais, ouvrez les yeux, Didier Robert ne pense pas à vous, il ne pense qu'à l'argent et le pouvoir avant toute chose.
Le remettre en place, ce sera augmenter la précarité, la misère, le chômage, la non utilisation des 17000 contrats aidés mis en place par le gouvernement, etc... !!!
C'est ça que vous voulez pour La Réunion ?
Non sûrement pas, alors mobilisez-vous en force contre ces pratiques lors des élections cantonales et des régionales pour dire NON à cette politique colonialiste...
Il attendait 5000, il y en a eu 3000 et vous parlez d'une réussite, non pensez à déduire les nervis, les employés des collectivités et vous verrez comme il est convaincant le Didier Robert ! et comme vos dites, cela fait 5 ans qu'il est président et il s'aperçoit aujourd'hui qu'il y a une différence avec la Corse ? il voyage trop cet homme, il ferait mieux de rester travailler un peu
Pourquoi mentir? J'y étais et j'ai pris le temps de faire un comptage à 10h00 et nous avions dépassé les 4000 personnes et des bus n'étaient pas encore arrivés!
C'est un peu orienté comme article non !