Un cas suspect s'est finalement avéré négatif à l'hÎpital de Mamoudzou

Mayotte : le spectre du cholĂ©ra

  • PubliĂ© le 6 octobre 2014 Ă  11:39
Mayotte

La semaine derniĂšre, un cas suspect dĂ©tectĂ© au centre hospitalier de Mamoudzou a ravivĂ© la crainte du retour du cholĂ©ra Ă  Mayotte. Si le diagnostic s'est finalement avĂ©rĂ© nĂ©gatif, le souvenir de l'Ă©pidĂ©mie de 2000 - 10 malades avaient Ă©tĂ© infectĂ©s - est encore prĂ©sent dans les mĂ©moires. À l'heure oĂč la menace Ebola se fait de plus en plus pressante, France Mayotte Matin met l'accent sur les dĂ©faillances sanitaires de l'Ăźle aux parfums, dĂ©crite comme "un creuset idĂ©al pour les maladies infectieuses".

La suspicion de cholĂ©ra concernait un Anjouanais ayant dĂ©barquĂ© Ă  Mayotte en kwassa la semaine derniĂšre. "Deux jours aprĂšs son arrivĂ©e, son Ă©tat de santĂ© s’est rapidement dĂ©gradĂ© et eu centre hospitalier de Mamoudzou, le cholĂ©ra a Ă©tĂ© diagnostiquĂ©", relate France Mayotte Matin. Des analyses effectuĂ©es Ă  l’institut Pasteur ont ensuite Ă©cartĂ© la menace cholĂ©rique et l’homme ne serait pas en danger.

Mais pour le journal mahorais, "plusieurs questions se posent" et "la crainte d’une Ă©pidĂ©mie existe bel et bien, comme en 2000". Et de rappeler qu’à l’époque, "10 cas de cholĂ©ra avaient Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©s aprĂšs qu’une pandĂ©mie ait frappĂ© l’archipel des Comores en faisant plusieurs centaines de morts", mais aussi que "si l’üle avait Ă©tĂ© plus ou moins Ă©pargnĂ©e, c’est avant tout parce que l’immigration clandestine n’avait pas l’ampleur connue en 2014".

Pour France Mayotte Matin, le 101Ăšme dĂ©partement français est ainsi devenu "un creuset idĂ©al pour les maladies infectieuses". "Plus de 50 % de la population est aujourd’hui Ă©trangĂšre Ă  Mayotte et ils sont des milliers Ă  vivre dans des bidonvilles oĂč les conditions de vie et d’hygiĂšne relĂšvent du Moyen Âge", s’alarme le quotidien, Ă©voquant Ă©galement l’interdiction de baignade sur quatre plages en raison de la prĂ©sence de "matiĂšres fĂ©cales en quantitĂ© anormale", mais aussi ces "cours d’eau polluĂ©s dans toute l’üle oĂč s’approvisionnent les populations les plus dĂ©munies tant pour la lessive que la cuisine".

Aussi, pour le quotidien mahorais, "le risque est lĂ , omniprĂ©sent". Il explique : "Les conditions de vie Ă  Mayotte relĂšvent d’un autre temps pour plus de la moitiĂ© de la population et l’üle s’est transformĂ©e en poudriĂšre de la dĂ©linquance en quelques annĂ©es, elle pourrait tout aussi bien muter en poudriĂšre virale Ă  grande Ă©chelle". Et de citer l’exemple d’un mĂ©decin de l’hĂŽpital de Mamoudzou selon lequel "le cholĂ©ra ou Ebola peuvent ĂȘtre dĂ©tectĂ©s Ă  tout moment, toutes les conditions Ă©tant rĂ©unies pour une propagation et ce, Ă  la veille de la saison des pluies".

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