Le premier Carrefour des métiers au féminin des métiers au féminin s'est tenu ce mercredi 24 mai 2006 au Palaxa à Saint-Denis. Organisée par la chambre de métiers et de l'artisanat (CMA), en partenariat, notamment, avec le conseil régional et le ministre de l'emploi, la manifestation avait pour thÚme "aujourd'hui tous les métiers ont un féminin".
"Vanessa est homme-grenouille, pourquoi pas femme-reinette?" demande l'une des affiches de la manifestation. "Moi je suis grande chefe, maçonne, menuisiĂšre ou Ă©lectricienne" proclame un autre panneau. Les organisateurs ont choisi l'humour pour faire passer leur message: "plus aucun mĂ©tier ne peut prĂ©tendre ĂȘtre strictement rĂ©servĂ© aux hommes".Pour un jour, la cour du Palaxa s'est donc transformĂ© en grand supermarchĂ© de l'emploi au fĂ©minin. Plusieurs mĂ©tiers Ă©taient reprĂ©sentĂ©s par des entreprises ou des organismes de formation.la bijouterie et l'Ă©lectrotechnique cĂŽtoyaient ainsi la mĂ©canique, la mĂ©tallerie, le gros ?uvre du BTP (bĂątiment et travaux publics) en passant par la boulangerie et la prothĂšse dentaire.
PremiÚre de son genre, la manifestation a attiré un nombre relativement important de visiteuses - le public masculin était largement minoritaire.
"Ils me considĂšrent comme un gars"
"Depuis ce matin nous avons beaucoup de lycĂ©ennes et de collĂ©giennes" remarque Johnny Sibalo, chargĂ© d'opĂ©ration Ă OIDF (organisme d'ingĂ©nierie, de dĂ©veloppement et de formation). "Elles se renseignent sur les mĂ©tiers du BTP. Certaines sont trĂšs intĂ©ressĂ©es. D'autres disent avoir peur pour leurs ongles dĂšs qu'on leur dit qu'il faut mettre les mains dans le mortier elles " sourit Marie-Lourdes Sinama. Elle suit depuis 8 mois une formation d'ouvriĂšre en gros ?uvre BTP. "Je suis mĂšre de deux enfants et je n'avais jamais rien fait d'autre que femme au foyer. J'en en eu assez. Je me suis lancĂ©e dans la premiĂšre formation qui se prĂ©sentait". OuvriĂšre du BTP en l'occurrence. Elle tient bon, "mĂȘme si au dĂ©but on a essayĂ© de me dĂ©courager en me disant que seuls les hommes pouvaient faire ce boulot" se souvient-elle. Aujourd'hui elle travaille au coude Ă coude sur les chantiers avec des collĂšgues hommes qui la considĂšrent "comme un gars. Cela doit vouloir dire que je travaille bien" lĂąche Marie-Lourdes Sinama.
Pas de police
Un peu plus loin Kelly Félix et Christelle Molly se livrent à une démonstration de pose de bordure de trottoir. Elles sont toutes les deux en formation depuis 8 mois."je n'avais pas envie de faire coiffeuse ou esthéticienne. Je me suis lancée dans le BTP par curiosité et ça me plaßt" lance Kelly Félix en maniant sa truelle d'une main sûre. "Les filiÚres de formation typiquement féminine sont archi bouchées. J'ai voulu mettre toutes les chances de mon cÎté en choisissant un métier hors normes féminines" renchérit Christelle Molly.
ElĂšves de 3Ăšme au collĂšge de la Ravine des Cabris (Saint-Pierre) Honorine et AnaĂ«lle ont fait le voyage jusqu'Ă Saint-Denis avec leurs copines de classe ainsi que leurs professeurs de français et d'histoire - gĂ©ographie. "C'est pas mal, mais nous sommes quand mĂȘme un peu déçue. Ni la police, ni la gendarmerie, ni l'armĂ©e n'ont de stand. C'est dommage on aurait aimĂ© pouvoir se renseigner sur ces carriĂšres" regrette AnaĂ«lle. "C'est dans ce genre de mĂ©tiers que l'on peut vraiment prouver que les femmes sont vraiment capables de tout faire" pense Honorine.
Une seconde édition du Carrefour des métiers au féminin devrait alors lieu l'année prochaine.
