Du 6 au 12 octobre 2014, Lucie DĂ©cosse, la femme la plus titrĂ©e de l'histoire du judo tricolore, sera de passage Ă La RĂ©union. Une grande fĂȘte pour le judo rĂ©unionnais, mais pas seulement. La venue de la championne olympique 2012 s'inscrit en effet dans un projet plus large, menĂ© par 7 clubs locaux Ă l'initiative du Dojo Huang-Judo Club de l'AmitiĂ© : dĂ©velopper les actions en direction des femmes, basĂ©es sur la self-dĂ©fense, dans le cadre d'un programme Ă©ducatif et social s'Ă©talant sur 3 ans.
"Les marches blanches, c'est bien, mais aprĂšs qu'est-ce qu'on fait ?" Pour JĂ©rĂŽme Vellayoudom, membre du Dojo Huang-Judo Club de l'AmitiĂ©, le projet initiĂ© par son club part d'un constat : "Aujourd'hui, les femmes sont confrontĂ©es Ă de nombreuses situations de violences, dans la sociĂ©tĂ© ou dans le monde du travail, oĂč elles sont sous-payĂ©es, subissent des harcĂšlements quotidiens..."
Face à cette réalité, le club du Chaudron s'est associé à six autres clubs - le Judo-Club de Saint-André, le Dojo Portois, le Dojo de Saint-Leu, le Judo-Club de l'Ouest, le Judo-Club de Bois-de-NÚfles et Saint-Pierre Judo - afin de lancer un programme d'actions en direction des femmes, basé sur la self-défense. Le tout sur une période de 3 ans : 2014-2017. "Il s'agit d'intervenir avant les violences, afin d'apporter aux femmes des compétences pour qu'elles soient en mesure de préserver leur intégrité", poursuit JérÎme Vellayoudom.
Et pour mettre en lumiĂšre ce projet qui se veut "Ă©ducatif et social", ils ont su convaincre une ambassadrice de choix : la Guyanaise Lucie DĂ©cosse, championne olympique en 2012, triple championne du monde, quadruple championne d'Europe. Elle sera sur l'Ăźle du 6 au 12 octobre, pour une semaine qui promet d'ĂȘtre une grande fĂȘte du judo.
"Elle a revu ses prestations à la baisse car le projet lui tenait à coeur", explique Jean-Pierre Huang Ying Chin, responsable technique du Dojo Huang et coordonateur du projet. "Mais nous voulons bien faire comprendre que le projet, ce n'est pas seulement la venue de Lucie Décosse. L'objectif c'est avant tout que les femmes, mais aussi les jeunes, poussent les portes des clubs", détaille-t-il.
"Faire venir un intervenant extérieur, ce n'est pas compliqué dans l'absolu. Ce qui est important, c'est de créer un cadre, un programme qui va rester. Faire venir Lucie Décosse, c'est un éclairage fort sur ce qu'on souhaite faire sur la période 2014-2017", abonde JérÎme Vellayoudom.
Durant ces trois années, des actions mensuelles seront organisées au sein des 7 clubs partenaires, principalement en direction des femmes. "Le schéma, c'est 3 ans de travail avec les clubs partenaires pour que s'ouvrent des sections de self-défense destinées aux femmes. Le but est aussi de pouvoir se greffer au calendrier institutionnel pour mettre des coups de projecteurs sur le projet global", souligne JérÎme Vellayoudom.
Le programme dépasse ainsi largement le simple cadre du sport. Il s'agit d'utiliser et de transmettre les valeurs véhiculées par le judo : rigueur, probité, respect... En ce sens, les clubs réunionnais cherchent également à nouer des partenariats avec des entreprises, comme ce fut le cas l'an dernier par exemple lors d'un projet social mené avec le Medef.
"On ne cherche pas forcément à avoir plus de licenciés", poursuit Jean-Pierre Huang Ying Chin. "Au Chaudron, on n'en a 320 et cela nous pose déjà des problÚmes, car on n'a pas de salle... Notre ambition c'est de transmettre ce que le judo nous a apporté", précise-t-il.
"On ne prétend pas résoudre tous les problÚmes du monde, ni se substituer aux institutions, mais simplement apporter notre compétence et travailler à notre niveau", complÚte JérÎme Vellayoudom. "Notre message, c'est faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais faire maintenant", conclut-il.
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