Quelles menaces planent à ce point sur le voyage officiel de Victorin Lurel à La Réunion ? Certes, l'homme est membre d'un gouvernement contesté de toutes parts. Certes, des gérants de stations-services aux agriculteurs en passant par les chefs d'entreprise ou les associations d'usagers de la mer, beaucoup tentent de se faire entendre par le biais de cette visite. Mais cela justifie-t-il le coûteux déploiement de forces observé autour du ministre des Outre-mer ?
Ce jeudi matin, on ne comptait plus les services de sĂ©curitĂ© mobilisĂ©s pour lâoccasion : la police municipale, la gendarmerie, la compagnie dĂ©partementale dâintervention (CDI), la brigade anti-criminalitĂ© (BAC), la sous-direction de lâinformation gĂ©nĂ©rale (SDIG) mais aussi le groupement dâintervention de la police nationale (GIPN). Rien que ça !
Si le dĂ©placement dâun ministre impose un minimum de sĂ©curitĂ©, Ă©tait-ce nĂ©cessaire de mobiliser des troupes dâĂ©lite face aux gĂ©rants de stations-services munis dâun extincteur ?
La prĂ©fecture et les services du ministĂšre de lâOutre-mer ont souhaitĂ© prendre le moins de risques possibles, poussant le principe de prĂ©caution Ă lâextrĂȘme. La situation Ă©conomique et sociale de lâĂźle est trĂšs prĂ©occupante ; elle peut devenir, Ă terme, explosive. Mais La RĂ©union est-elle devenue pour autant un territoire hostile voire une terre de tous les dangers pour un ministre ?
En rĂ©alitĂ©, ce bataillon de forces de lâordre se veut surtout prĂ©ventif, voire dissuasif. Victorin Lurel sait bien que les attentes de la population sont si nombreuses quâelles dĂ©passent largement le champ dâaction dâun ministre de lâOutre-mer. Aussi ses rĂ©ponses ne pourront ĂȘtre quâincomplĂštes, partielles et forcĂ©ment dĂ©cevantes. Le ministre antillais a sans doute Ă©galement pris la mesure de la frustration face Ă une mĂ©tropole semblant toujours plus Ă©loignĂ©e des rĂ©alitĂ©s locales, la nomination de Claudine Ledoux comme ambassadrice pour lâocĂ©an Indien en Ă©tant la derniĂšre illustration.
De tout cela peut naĂźtre une vraie colĂšre, mais sans doute pas une menace telle quâelle nĂ©cessite de transformer lâĂźle en camp retranchĂ© au premier ministre venu.
www.ipreunion.com
