Venant des hauts de l'Est et de l'ouest de l'ßle, une vingtaine d'éleveurs de bovins se sont rassemblés devant le siÚge de la chambre d'agriculture à Saint-Denis ce mardi 28 juillet 2009. Les manifestants veulent attirer l'attention du président de la chambre verte, Jean-Yves Minatchy, sur deux points jugés "essentiels". à savoir, la situation d'endettement de leurs exploitations et l'état de leur cheptel "décimé par des maladies transmises par les animaux d'importation". Pour étayer leurs accusations, les éleveurs sont venus manifester avec une vache malade qu'ils ont attaché dans les jardins de la chambre consulaire.
Dans un climat tendu, une premiĂšre entrevue avec Jean-Yves Minatchy a lieu en milieu de journĂ©e. Le prĂ©sident a expliquĂ© que sa collectivitĂ© ne peut gĂ©rer "tous les problĂšmes rencontrer par les Ă©leveurs". Il s'est par contre engagĂ© Ă intervenir auprĂšs de la prĂ©fecture afin que des solutions soient trouvĂ©es au problĂšme d'endettement des exploitants."J'ai perdu une partie de ma propriĂ©tĂ© et d'autres terrains sont Ă prĂ©sent vides", explique un Ă©leveur. Les exploitants soutiennent que l'importation des animaux est la source de leur problĂšme sanitaire. "La RĂ©union est la poubelle de l'Europe. On nous envoie des bĂȘtes dĂ©jĂ malades dont personne ne veut plus ailleurs", s'insurge Jacqueline Laurent, Ă©pouse d'un Ă©leveur. Les manifestants accusent les vĂ©tĂ©rinaires et les organismes chargĂ©s de la vĂ©rification de la santĂ© des animaux de "ne pas gĂ©rer ces problĂšmes sanitaires".
Les éleveurs mettent aussi l'accent sur l'aspect social de leur problÚme. Pour la plupart, ils ont hérité d'un cheptel de leurs parents et souhaitaient que leurs enfants prennent leur succession. Or, ils affirment que désormais ils ne veulent plus leur transmettre un "cheptel pourri, sans avenir".
Les familles se plaignent également de la situation catastrophique de leur trésorerie. Les exploitants doivent faire face à des dettes dont ils peuvent "difficilement s'acquitter". Madame Payet désespÚre : "pour entrer dans la filiÚre élevage, nous étions entourés de conseillers. Maintenant que nous rencontrons des difficultés, nous devenons les seuls responsables. Plus personne ne nous aide. La banque nous réclame toujours de l'argent, alors que nous avons de plus en plus de mal à subvenir à nos besoins". Daniel BÚgue, porte-parole de la délégation, demande l'effacement total des dettes des éleveurs. Par ailleurs, un appel aux dons est lancé au 0692.66.62.22 ou au 0692.76.55.58.
Une marche est organisée ce mercredi 29 juillet, entre le Tampon et la sous-préfecture de Saint-Pierre. Les manifestants y attendront les élus de toute l'ßle. Ils reviendront sur les problÚmes sanitaires, l'endettement des éleveurs, l'aide à un projet de reconversion, ainsi que sur la volonté d'une agriculture raisonnée.




