La victime s'est jetée mardi aprÚs-midi sous un RER à Egly (Essonne)

VIDÉO - Une jeune femme se suicide en direct sur Periscope

  • PubliĂ© le 11 mai 2016 Ă  18:10
Un utilisateur de Periscope, connectĂ© avec la victime, a alertĂ© les gendarmes, qui n'ont pu empĂȘcher le suicide

Une jeune femme de 19 ans s'est suicidée en se filmant en direct sur Periscope, une application de vidéos instantanées au succÚs fulgurant, dont les images sans filtre ont déjà provoqué plusieurs polémiques.


La victime s'est jetée mardi aprÚs-midi sous un RER à Egly (Essonne), selon le parquet d'Evry. C'est un utilisateur de Periscope qui visionnait sa vidéo en direct qui a prévenu les gendarmes.
"Nous avons été alertés vers 16H30 par un utilisateur de Periscope qui était connecté avec la victime et nous disait qu'elle n'allait pas bien", ont rapporté les gendarmes. La jeune femme s'était déjà suicidée quelques instants plus tÎt.

D'aprĂšs les premiers Ă©lĂ©ments de l'enquĂȘte, dans sa vidĂ©o, la jeune femme "aurait Ă©voquĂ© un viol et dĂ©signĂ© un agresseur", selon une source judiciaire, qui reste trĂšs prudente sur la rĂ©alitĂ© des faits allĂ©guĂ©s.
Le parquet d'Evry a ouvert une enquĂȘte, confiĂ©e Ă  la brigade de gendarmerie de Palaiseau.
"DĂšs que les premiers rĂ©sultats de l'exploitation du tĂ©lĂ©phone portable de la victime et des donnĂ©es diffusĂ©es par l'application Periscope seront connus, les enquĂȘteurs s'attacheront Ă  prĂ©ciser les mobiles de son geste", a dit le procureur Eric Lallement dans un communiquĂ©. La jeune femme aurait Ă©galement envoyĂ© un SMS Ă  l'un de ses proches juste avant sa mort.

Toutes les vidĂ©os de la jeune femme ont depuis Ă©tĂ© supprimĂ©es du flux de Periscope. Un extrait oĂč elle se filme avant son suicide, republiĂ© par des internautes, Ă©tait encore toutefois visible mercredi sur YouTube.
Assise, elle se confie à la caméra et dit que sa vidéo "n'est pas faite pour faire le buzz" mais "pour faire réagir les gens, ouvrir les esprits".
Puis, l'écran devient noir pendant un long moment et l'on perçoit, difficilement audibles, les voix de secours venus récupérer le corps. La séquence s'achÚve avec des images d'un secouriste qui semble saisir le téléphone.
"Nous ne faisons pas de commentaires sur les comptes individuels", a réagi un porte-parole de Twitter, qui a racheté Periscope en 2015.

Pas de contrĂŽle a priori

Periscope permet de diffuser gratuitement avec un smartphone un flux vidéo en direct, relayé par Twitter et visible par tous. La vidéo reste accessible pendant 24 heures puis disparaßt.
Ni les images ni les commentaires en direct ne sont contrÎlés au préalable par Twitter qui, comme les autres réseaux sociaux, fonctionne sur le systÚme du signalement a posteriori par les internautes de contenus jugés illégaux ou choquants.

Ses équipes vérifient alors ces contenus, en fonction de la loi du pays et de ses propres critÚres, qui bannissent les images violentes ou sexuellement explicites. Elles décident alors soit de mettre un avertissement, soit de les retirer.

Sur Twitter, un formulaire permet aussi de signaler des menaces de suicide ou d'automutilation. Le réseau peut alors contacter l'utilisateur."Nous lui communiquons des ressources en ligne et des contacts téléphoniques et l'encourageons à solliciter de l'aide", indique Twitter sur son site. Periscope revendique plus de 10 millions d'utilisateurs dans le monde, qui ont tourné plus de 200 millions de vidéos. Ces images brutes ont déjà suscité des controverses dans plusieurs pays. Notamment en France, devenue l'un des premiers pays utilisateurs, quand en février sur Periscope, Serge Aurier, un joueur du Paris Saint-Germain, a insulté son entraßneur Laurent Blanc.
Ou quand un jeune détenu s'est filmé dans sa cellule, alors que les téléphones sont interdits en prison.
En mars, le président François Hollande a été pris à partie dans des commentaires en direct sur un flux Periscope posté par l'Elysée.

AFP

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