(Actualisé) Quatre hommes - dont Anthony de Monjoie Maurice - accusés d'avoir appartenu à une filière djihadiste depuis La Réunion vers la Syrie, entre 2014 et 2019, ont été condamnés mardi 7 juillet 2026 à des peines allant de 19 à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises spéciale de Paris.
Les quatre hommes âgés de 30 à 41 ans sont nés à Madagascar ou à Mayotte avant de se radicaliser à La Réunion où ils ont suivi des cours faisant la promotion du "djihad armé" et un entraînement physique, jusqu'à leur départ pour la Syrie en 2014, selon la cour.
Ils étaient jugés pour avoir fait partie de plusieurs groupes djihadistes, notamment l'État Islamique (EI) et Jabhat al-Nosra, filiale d'al-Qaïda jusqu'en 2016 et dissous début 2017.
- Anthony de Monjoie Maurice condamné à 19 ans de réclusion criminelle -
Anthony de Monjoie Maurice, 40 ans, l'unique accusé à avoir comparu dans le box - les trois autres étant présumés morts, selon la cour - a été condamné à 19 ans de réclusion criminelle, assorti d'un suivi sociojudiciaire pendant six ans (avec une peine de cinq ans en cas de non-respect de la peine), dix ans d'inéligibilité et une inscription sur le fichier des auteurs d'infraction à caractère terroriste (FIJAIT).
Il était accusé d'avoir posé des explosifs afin d'empêcher l'avancée des troupes kurdes des Forces démocratiques syriennes, qui combattaient l'EI dans le nord-est syrien et d'avoir effectué des "surveillances" pour le compte du Jabhat Al-Nosra entre 2014 et 2016.
Les trois autres accusés ont été condamnés en leur absence, à 20 ans de réclusion criminelle et une inscription au FIJAIT. Un mandat d'arrêt a été émis à leur encontre.
Le verdict correspond aux réquisitions de l'avocat général - à l'exception de la durée du suivi sociojudiciaire pour laquelle il avait requis une durée de huit ans - qui a justifié les 19 ans de réclusion criminelle, par le fait que le seul accusé présent "n'avait pas évolué et niait les évidences".
Me Kheira Flissi, l'avocate d'Anthony de Monjoie Maurice, a, elle, estimé qu'une peine de 13 à 14 ans serait plus adaptée. Ce dernier dispose de dix jours pour faire appel.
- Anthony de Monjoie Maurice, parti de La Réunion pour la Syrie en 2014 -
En 2014, Anthony de Monjoie Maurice. avait quitté son domicile de Saint-Denis, avec sa femme, pour partir en Syrie.
Arrêté en Turquie en 2019, il avait été extradé dans le cadre du protocole franco-turc dit "protocole Cazeneuve" du nom de l'ancien ministre de l'Intérieur de 2014 à 2016".
C'est en 2021 que le djihadiste réunionnais Anthony de Monjoie Maurice a été placé en garde à vue dans les locaux franciliens de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Son nom était apparu lors de l'enquête autour de Naïl Varatchia, un Réunionnais condamné en 2018 à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs en vue d'une entreprise à caractère terroriste.
- Plusieurs Réunionnais impliqués dans des affaires liées au terrorisme -
Anthony de Monjoie Maurice n'est pas l'unique Réunionnais impliqué dans une affaire liée au terrorisme : en mars 2020, Jérôme Lebeau a été condamné à 28 ans de réclusion criminelle pour avoir tiré sur des policiers venus l'interpeller en 2017 à Saint-Benoît. Sa mère, Marie Annick Lebeau - qui avait payé ses armes - à écopé de quatre ans de prison ferme.
Autres Réunionnais, les frères Fabien et Jean-Michel Clain étaient activement recherchés pour leurs activités en lien avec le terrorisme, et en particulier pour leur implication dans les attentats de Paris. Ils sont tous les deux décédés en Syrie.
www.imazpress.com avec AFP/[email protected]

Quelle tristesse.
Sombrer lentement, a force d'on ne sait qu'elles frustrations, dans de fausses idéologies, puis se lever un matin avec l'idée de partir dégommer des innocents dont le seul tort est d'avoir des idées ou des croyances différentes.
Des vies brisées, des familles sous le poids de ces horreurs qu'on nous raconte et qui pourraient nous toucher si notre démocratie n'y prenait pas garde.
Et ça ne concerne pas que l'islamisme radical.