Arrêts maladies : des indemnités journalières versées au compte-goutte et des malades privés de revenus

  • Publié le 9 janvier 2026 à 11:27
arret de travail

(Actualisé) Pendant plusieurs mois, Marie* s'est retrouvée sans revenus et sans les indemnités journalières qui lui sont due en raison de son arrêt maladie. Malgré un dossier complet envoyé à la Caisse générale de Sécurité Sociale (CGSS), elle explique avoir eu des difficultés à communiquer avec eux. Un non-versement qui pèse sur le budget de cette mère de famille. Interrogée par Imaz Press, la CGSS précise "le délai moyen de paiement est d’environ 26 jours". Elle ajoute, "les situations de retard sont souvent liées à l’absence ou au caractère incomplet des documents transmis". (Photo photo Sly/www.imazpress.com)

La jeune femme est en arrêt de travail depuis plus de 18 mois. Elle précise que malgré le dossier complet envoyé à la CGSS, "j'ai eu des déboires pour communiquer avec eux et obtenir mes indemnités journalières".

- Les indemnités se font attendre -

Marie est en arrêt de travail après un état d'anxiété et dépressif sévère d'un point de vue médical.

Si le premier mois, elle a été rémunérée par son employeur, la salariés – à 80% thérapeutique –, a vu son salaire passer à 0 euro en avril 2024. Marie contacte alors son employeur qui lui indique que c'est la CGSS qui doit faire le relais.

"J'avais beau envoyer des mails, prendre des rendez-vous téléphoniques sur Ameli, au départ on me disait que l'on ne pouvait rien faire", raconte-t-elle à Imaz Press.

Une situation qui l'affecte physiquement et psychologiquement puisque, déjà en arrêt maladie pour anxiété, le stress de ne rien percevoir pour cette mère de trois enfants, ajoute de l'inquiétude.

Interrogée par Imaz Press, la CGSS explique que "lorsqu’un arrêt de travail ouvre droit à indemnités journalières, deux situations se présentent : l’employeur pratique la subrogation : il continue de verser le salaire (tout ou partie) et reçoit directement les IJ de la CGSS, comme dans ce cas présent. Ou alors l’employeur ne pratique pas la subrogation : la CGSS verse alors les IJ directement à l’assuré.

Lire aussi - Le Tampon : un couple de nonagénaires privé d'allocation solidarité, la CGSS condamné à leur payer 50.000 euros d’indemnités a fait appel

- Un compte bancaire dans le rouge et une vie dans la précarité -

Ayant une connaissance à la CGSS, Marie a pu enfin voir son dossier étudié alors qu'elle était sans ressources et a dû vivre sur ses économies et "vendre des choses précieuses pour vivre".

Le versement des indemnités journalières a commencé à se débloquer en début juillet 2024. "Là tous les sous sont arrivés sur le compte de l'employeur mais pas chez moi et comme l'employeur était en congé, il a fallu plus de trois semaines le temps que l'argent arrive sur mon compte", se désole-t-elle. En attendant, son compte est dans le rouge, cumulent les AGIO, les rejets de prélèvements…

Cette situation se reproduisit à plusieurs reprises.

À partir du mois d'août, les sous sont arrivés "au bon vouloir de la CGSS", parfois "trois semaines sans rien et puis parfois payé tous les trois jours". Elle explique, "l'on m'a indiqué que comme ces indemnités sont calculés sur 80% du salaire et non pas 100, ce n'était pas programmé automatiquement mais que le traitement se faisait manuellement".

La seule réponse qu'elle indique avoir eu de la Caisse générale de sécurité sociale, "c'est de ne pas hésiter à consulter le chat bot d'Ameli". Un chatbot sur lequel il y a un nombre de caractère limité et pas de possibilité d'envoyer une pièce jointe.

- Beaucoup de retard dans le paiement des indemnités journalières -

En mars 2025, elle décide de saisir le médiateur de la CGSS "car je n'en pouvais plus de cette situation".

Marie a même été jusqu'à appeler les services de la CGSS chaque 12ème jour, comme elle savait que le versement devait se faire au bout de 14 jours "pour m'assurer que tout allait être correctement fait".

"Lors de mon dernier appel, on m'a indiqué que sur ma fiche d'assurée, il y avait une indication spéciale "client fragile" pour les personnes ayant déjà signalé des problèmes", explique Marie.

Depuis, "quand j'envoie un mail, on me répond de suite et les versements des indemnités journalières sont enfin réguliers", dit-elle, soulagée, même si elle "reste sur le qui-vive".

"Je n'ai pas abandonné mais je pense qu'il doit y avoir d'autres personnes dans mon cas qui finissent par laisser tomber et reprennent le travail."

Le délai de paiement de l’indemnité journalière doit intervenir généralement sous 14 jours, à condition que le dossier soit complet. Pourtant, à À La Réunion, "le délai moyen de paiement des indemnités journalières est aujourd’hui d’environ 26 jours, avec une amélioration progressive ces derniers mois", conçoit la CGSS à Imaz Press.

La CGSS précise, "les situations de retard sont souvent liées à l’absence ou au caractère incomplet des documents transmis. Pour limiter ces difficultés, quelques réflexes utiles : transmettre rapidement l’arrêt de travail, s’assurer que l’employeur a bien envoyé l’attestation de salaire et suivre l’avancement du dossier via son compte ameli.

- Chaque situation en matière d’indemnités journalières présente des particularités indique la CGSS -

Contactés, les services de la CGSS expliquent que "chaque situation en matière d’indemnités journalières peut présenter des particularités (type d’arrêt, quotité de travail, éléments transmis par l’employeur, délais de réception des justificatifs, etc...)".

Elle précise :
• les indemnités journalières compensent une partie de la perte de salaire en cas d’arrêt maladie,
• elles sont calculées à partir des salaires bruts des 3 derniers mois (ou 12 mois en cas d’activité discontinue),
• le montant de l’indemnité journalière maladie correspond, en règle générale, à 50 % du salaire journalier de base,
• un délai de carence légal de 3 jours s’applique en début d’arrêt (sauf exceptions prévues par les textes). (Ameli)
Les règles d'ouverture de droits et de calcul s’appliquent de la même manière pour les salariés à temps plein ou à temps partiel.

Les assurés peuvent joindre la CGSS :
- par rendez-vous (téléphonique ou en accueil physique), accessibles sous 4 jours en moyenne,
- par téléphone au 36 46, avec un taux de réponse de 9 appels sur 10 (plage la plus fluide : 13h–15h du lundi au jeudi),
- via la messagerie du compte ameli,
- en accueil physique sur nos quatre sites (Saint-Denis, Saint-Paul, Saint-Pierre, Saint-André) aux horaires habituels.

Le chatbot complète ces canaux : il apporte des réponses rapides aux questions les plus fréquentes et permet de désengorger les lignes pour les situations plus complexes.
 
Enfin, nous recommandons de demander au médecin de télétransmettre l’arrêt de travail lorsqu’il le peut. On ne sait pas toujours que cela est possible, pourtant, cela sécurise les échanges, limite les risques de perte ou de retard d’envoi et permet un traitement plus rapide des dossiers.

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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12 Commentaires
MissMacatia
MissMacatia
7 heures

On a travaillé, on a cotisé, on y a droit. Pourquoi s'en priver ?

A miss macatia
A miss macatia
11 heures

Gardez vos souhaits pour vous.

Kub
Kub
11 heures

La France, pays des Droits de l'Homme est devenu le pays où on ne peut plus tomber malade! La nouvelle théorie, c'est que tous les édecins seraient des corrompus qui prescirvent des arrêts de complaisance! Bientôt, sur votre lit d'hôpital, il faudra faire du télétravail! Macron envoie 10000 soldats en Ukraine, avec nos impôts! Il fait la guerre avec nos impôts et nous qui payons des impôts, nous devons quémander pour maintenir des finances pour nous nourrir!

Bosser
Bosser
12 heures

Il faut travailler et ne pas tendre les bras et attendre le 6, aller ensuite a la salle,

On est entrain de créer un pays de paresseux

Réfléchis avant de parler
Réfléchis avant de parler
10 heures

Je vous souhaite d’avoir une très bonne santé, aucune maladie quelconque, aucun accident du travail reconnu par la sécurité sociale qui nécessite une longue période de convalescence

MissMacatia
MissMacatia
11 heures

Je vous souhaite d'avoir une santé en acier tout le reste de votre vie.

Abdourazak Houssein Ahmed
Abdourazak Houssein Ahmed
13 heures

Bonjour je suis dans le même cas sans salaire ni prime de fin d'année j'étais privé par mon employeur arrêt maladie de un mois sans salaire ni prime de fin d'année je trouve ça horrible et inadmissible qu'on nous traite moins qu'un animal et aucune réponse de la part de l'employeur j'ai besoin d'un conseil pour me rembourser

KZU
KZU
13 heures

réponse très fréquente : on a pas reçu, c'est la faute de l'employeur ...

Louise
Louise
16 heures

Pareil pour les congés de paternité, soit disant indemnité payable tous les 14 jours….deux mois d’attente pour être indemnisé. Lamentable. Pendant ce temps il faut tout acheter pour les soins du bébé. Et on paie des ilpôts pour ce service!!!!

Will
Will
13 heures

bin retourne bosser si ça ne te convient pas !

Will
Will
13 heures

Depuis quand les indemnités journalières sont-elles devenues des revenus ?
Il faut arrêter de penser qu'on peut gagner sa vie avec les assurances sociales. Pour gagner sa vie, il faut bosser !

MissMacatia
MissMacatia
11 heures

Je vous souhaite de rester en bonne santé toute votre vie.