Miel : ruches détruites par Garance, nuisibles... les abeilles ont du mal à produire

  • Publié le 10 janvier 2026 à 12:36
miel

(Actualisé) Sucré, fruité… le miel de La Réunion a connu une année 2025 en demi-teinte 2025, de l'avis des apiculteurs de l'île. Si certains se réjouissent d'une "très belle année", d'autres ont eu moins de chance. Le cyclone Garance ayant détruit plusieurs ruchers. Une production soumise aux aléas climatiques, mais également aux nuisibles (Photo : rb/www.imazpress.com)

"2025 a été excellente", pour Georges Morel, apiculteur à Saint-Paul. "Cela compense les deux années précédentes qui étaient très médiocres", dit-il.

En 2023, les ruches ont produit, en moyenne, 10 kg de miel, contre 15 kg pour une année normale.

- Des ruchers impactés par le cyclone Garance -

Si la production de Georges Morel fut bonne cette année, il reconnait avoir perdu une quinzaine de ruches au Moulin à eau (Saint-Paul), "suite à la montée des eaux" pendant le cyclone Garance

"D'autres apiculteurs ont perdu beaucoup de ruches, surtout sur l'est et pour eux sûrement l'année fut compliquée", dit-il.

C'est le cas de Nicolas Montauban, apiculteur professionnel du Rucher de la Terre au Miel situé à La Possession. "Le cyclone Garance a impacté mes sites. C'est encore une mauvaise année apicole", déplore-t-il, alors que la production artisanale de cet apiculteur est estimée à moins d'une tonne. Une production "sans traitement médicamenteux dans les ruches".

Un constat amer alors qu'en 2024, "l'année fut déjà la pire. J'ai passé toute l'année 2024 à doubler mes emplacements afin de pouvoir positionner mes ruches là où l'environnement est plus favorable" mais force est de constater que "la sécheresse, les cyclones, le décalage de saison et l'instabilité crée de l'instabilité au niveau des colonies (fort essaimage - quand la reine et une partie des abeilles quittent la ruche pour former une nouvelle colonie, agressivité…)".

- Varroa et loque américaine, des nuisibles qui détruisent les ruches -

Depuis des années, les colonies d'abeilles subissent également "une pression forte du varroa, accentuée par la faiblesse et la qualité des ressources alimentaires", explique Nicolas Montauban.

Le varroa est un "acarien qui se fixe sur le dos des abeilles et qui, en grand nombre, affaiblit la ruche et de ce fait, la production de miel quand il est mal géré", précise Georges Morel. "D'autant que sa reproduction se fait à l'intérieur des alvéoles."

L'apiculteur de Saint-Paul explique que cet acarien "a été introduit à La Réunion par des apiculteurs peu scrupuleux qui ont importé des reines pour améliorer leur production".

Pour lutter contre le varroa, une méthode consiste à attirer les acariens sur un seul cadre de la ruche, de retirer le cadre en question et de le détruire.

Autre menace pesant sur les abeilles, la loque américaine. Il s’agit d’une maladie contagieuse impactant le couvain des abeilles. Elle s’attaque en priorité aux larves pour se répandre petit à petit vers tous les membres de la ruche. La loque américaine est causée par une bactérie appelée Paenibacillus larvae.

La loque américaine est une maladie à déclarer en cas d’infection auprès de sa Direction départementale en charge de la Protection des populations (DDECPP).

Il est aussi nécessaire de brûler les cadres trop infectés par la loque américaine. C’est un moyen efficace pour limiter les risques de contagions.

Dans certaines situations, un apiculteur doit détruire toutes ses ruches.

- Le miel d'importation, une menace pour la filière locale -

"La principale menace pour la filière reste les miels d'importation avec de grandes craintes face au Mercosur et l'entrée de l'Ukraine dans l'UE", interpelle Georges Morel.

En 2020, 478 tonnes de miel ont été importées sur l’île pour un montant global de 2,2 millions d’euros. Les importations ont fortement augmenté sur les 10 dernières années (+ 276 %).

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l'Union européenne a signé l'accord commercial avec le Mercosur avec l'aval des Etats européens, malgré la colère des agriculteurs et l'opposition de la France.

La France est contre, comme l'a annoncé Emmanuel Macron jeudi soir, invoquant un "rejet unanime" de la classe politique hexagonale.

Ce traité entre l'UE et quatre pays du Mercosur créerait une zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs, réclamée par les milieux d'affaires. 

En supprimant une large part des droits de douane, il favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins ou de fromages. Dans le sens inverse, il faciliterait l'entrée en Europe de boeuf, de volaille, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui alarment les filières concernées.

Lire aussi - Le Tampon : Miel Vert fait son grand retour le 7 janvier à la Plaine des Cafres

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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2 Commentaires
Zouzou
Zouzou
12 heures

Quelle intervention raffinee ! Ça fait avancer le sujet

Tout sauf les Vira
Tout sauf les Vira
15 heures

Nos ruches aussi ont ete impactées.