Municipales à Saint-André : Joé Bédier fait appel de l'annulation de son élection devant le Conseil d'État

  • Publié le 2 octobre 2026 à 04:54
Saint-André : Joé Bédier rempile pour un deuxième mandat, l'opposition refuse de participer au scrutin

La nouvelle est tombée ce jeudi 1er octobre 2026, l’élection municipale de Joé Bédier à Saint-André a été annulée par le tribunal administratif et ses comptes de campagne ne sont pas validés. Face à cette décision, Joé Bédier et son avocat annoncent faire appel de l'annulation de son élection devant le Conseil d'État. C'est Laurent Virapoullé qui s’est empressé de faire fuiter sur les réseaux sociaux la décision du Tribunal administratif, se mettant ensuite en scène en vidéo : "C'est une grande victoire que je voulais vous partager en avant-première" (Photo : Emmanuel Grondin/www.imazpress.com)

Joé Bédier reste maire de Saint-André et président de la Cirest, pour le moment. Sur le plateau d'Antenne Réunion ce jeudi 1er octobre 2026 à 19 heures, son avocat, Romain Binsard, a annoncé faire appel de la décision du tribunal administratif. "On va former un pourvoi devant le conseil d'État", lance Romain Binsard.

L'avocat l'assure : "La seule chose qui est annulée aujourd'hui, c'est le jugement du tribunal administratif, parce que le recours au Conseil d'État rend cette décision nulle et de nul effet. Il est inexact de dire que l'élection a été annulée. Elle l'a été, elle ne l'est plus, et c'est la juridiction du Conseil d'État qui prendra la décision finale dans ce dossier."

Même si l'avocat de Joé Bédier souhaite le présenter ainsi, l'élection est bien annulée et faire appel de cette décision risque de fragiliser politiquement son client. 

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- "Le risque est mesuré" assure Joé Bédier -  

Le Conseil d'État n'a pas de délais prédéfinis pour se prononcer dans ce dossier et les prochaines échéances politiques risquent même de faire durer ce pourvoi dans le temps : "Il faut qu'on forme un pourvoi, ensuite, qu'un rapporteur soit nommé. On sait qu'il peut y avoir aussi une période de trêve électorale, en tout cas de trêve des juridictions administratives sur le contentieux électoral pendant l'élection présidentielle", affirme l'avocat de Joé Bédier. 

Autant de variables et d'inconnus qui permettront à Joé Bédier de rester à la tête de sa mairie un peu plus longtemps que s'il avait accepté l'annulation de son élection, ce qui aurait amené les habitants de Saint-André aux urnes dans un délai d'un peu plus de trois mois. 

Au Conseil d'État, la décision du tribunal administratif pourra être soit confirmée soit infirmée, laissant ainsi à Joé Bédier son écharpe de maire. 

Dans le cas où il faudrait retourner aux urnes, le résultat des élections présidentielles de 2027 risque d'influer sur la campagne saint-andréenne.

Si, comme les sondages l'indiquent pour le moment, le Rassemblement National devait être élu à la tête du pays, cela pourrait porter la candidature des frères Virapoullé, soutenus par le RN local.

Un risque que Joé Bédier est visiblement prêt à prendre.

Autre risque, que le Conseil d'État se prononce à nouveau sur la question d'inéligibilité posée à l'encontre du maire de Saint-André par le camp adverse. À ce sujet, Joé Bédier répond que "le risque est mesuré". "Si on prend la décision, c'est qu'on a aussi mesuré ce risque. Je ne suis pas dans le camp des tricheurs", assure-t-il. 

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- Six émissions diffusées pendant la période de réserve électorale ajoutées au compte de campagne de Joé Bédier - 

S’il devait se relancer dans une autre élection, Joé Bédier devra assumer pleinement le financement d’une seconde campagne électorale.

En effet le tribunal administratif de Saint-Denis vient de rejeter ses comptes de campagne. En juillet dernier, alors que ses comptes de campagne étaient validés dans un premier temps, il disait avoir contracté un emprunt personnel de 20.000 euros pour la campagne de mars 2026.

Le TA ajoute à ses comptes de campagne le budget de financements d’une série de 5 émissions télé diffusées sur Antenne Réunion, considérée comme de la propagande électorale puisque diffusées pendant la période de réserve des six mois précédant le scrutin.

Dans le compte rendu de son jugement, le TA explique : "la municipalité sortante a continué à diffuser un magazine d’information périodique sur une chaîne de télévision locale. En raison de la tonalité élogieuse de six des émissions concernées et de la similarité entre les thèmes abordés et le programme de campagne du maire sortant, le tribunal a estimé que cette diffusion s’apparente, du moins pour partie, à de la propagande électorale par un moyen de communication audiovisuelle, interdite par l’article L. 52-1 du code électoral".

"Compte tenu du faible écart de voix (34), il a retenu que cette irrégularité était susceptible d’altérer la sincérité du scrutin et justifie, à elle seule, l’annulation sollicitée".

Joé Bédier assure qu'il financera par ses propres moyens une nouvelle campagne s'il le faut : "Le tribunal a tranché et invalide mon compte de campagne, je dois l'assumer". 

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Si le Conseil d'État devait suivre la décision du tribunal administratif de La Réunion, en annulant le scrutin de mars 2026, cette nouvelle élection municipale précéderait les échéances régionales et pour gagner Joé Bédier aura besoin de rallier toutes les forces de gauche, face au duo Virapoullé qui n’a que peu de soutien local. 

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