À La Réunion, des règles de sécurité strictes pour éviter un incendie mortel comme en Suisse

  • Publié le 3 janvier 2026 à 03:00
  • Actualisé le 3 janvier 2026 à 09:19
soirée fete

Après la tragédie qui a coûté la vie à une quarantaine de personnes dans un bar de Crans-Montana en Suisse la nuit du Nouvel an, la question des normes de sécurité dans les établissements recevant du public (ERP) est sur toutes les lèvres. À La Réunion, ce type de drame ne s'est, fort heureusement, jamais produit. Comme sur tout le territoire français les règles de sécurité sont strictes pour les ERP et c'est leur non-respect qui peut avoir des conséquences dramatiques, indique le service d'incendie et de secours 974 (Photo www.imazpress.com)

"En France, il ne peut pas y avoir de création d'ERP sans autorisation de la mairie. Lorsque le maire est sollicité, il saisit la commission de sécurité qui s'assure du respect des normes avant construction (ou aménagement) et avant ouverture", explique le commandant Léonce Villandeuil, adjoint au chef du Groupement Prévention du Sdis 974.

Les normes sont nombreuses : calcul du nombre de personnes autorisées dans l'établissement en fonction de la taille, inventaire du nombre de sorties disponibles au prorata de la capacité d'accueil, respect des matériaux d'aménagement, alarme incendie spécifique aux boîtes de nuit, présence d'extincteurs et un personnel formé aux gestes de sécurité. 

"Avant d'ouvrir un ERP, la commission de sécurité va s'assurer du respect de ces règles. Dans une discothèque, les faux plafonds doivent être de catégorie M1, c'est-à-dire qui résistent au feu. De même pour les fauteuils, la moquette…Pour justement éviter une propagation rapide du feu", détaille le commandant Léonce Villandeuil. 

L'alarme incendie est aussi spécifique : "quand elle se déclenche, elle coupe automatiquement la musique pour permettre à la clientèle d'entendre l'alarme". 

"Les normes sont renforcées lorsqu'il s'agit d'un établissement en sous-sol, avec des conditions de désenfumage plus contraignantes et une majoration du nombre de sorties par rapport au niveau d'enfouissement", explique-t-il par ailleurs. 

Selon ce dernier, les interventions des pompiers en boîtes de nuit sont "rares" à La Réunion. "Les plus gros risques sont pris lors de soirées privées, où il n'y a pas de régulation", affirme-t-il. 

"Je ne veux pas m'avancer sur le drame survenu en Suisse, l'enquête étant en cours. Mais ces tragédies sont souvent en lien avec un non-respect de la sécurité, comme ce qui est arrivé à Rouen en 2016", dit-il. A l'époque, un incendie survenu dans une petite cave d'un bar qui avait été privatisé pour un anniversaire avait fait 14 morts.

Lire aussi - Suisse : l'identification des victimes se poursuit après l'incendie d'un bar, une quarantaine de morts dénombrés

- Feux de bengale et plafond en mousse -

Si l'enquête est toujours en cours, plusieurs témoins ont attribué l'origine de l'incendie à l’utilisation de bougies sur des bouteilles dans le sous-sol de l’établissement. Des bougies très souvent utilisées dans les établissements de nuits, et qui ne sont techniquement pas interdites. 

"Selon la législation, pour pouvoir utiliser ce type d’engin, il faut avoir "un permis feu", c’est-à-dire avoir été formé pour intervenir immédiatement et efficacement en cas de déclenchement d’un incendie dû à un feu de bengale ou à un feu d’artifice", explique un gestionnaire de restaurants et de salles de réception qui a requis l’anonymat.

"Une serveuse ou serveur ne possédant pas ce permis ne peut donc pas utiliser ces artifices", souligne-t-il. 

Sans cette formation, la présence de "flamme ouverte" est interdite en ERP.  "En ce que concernent nos établissements, nous avons purement et simplement interdit toute utilisation d’éléments pyrotechniques à l’intérieur, le risque et beaucoup trop important", confie le responsable. 

Les feux de bengales et les feux d’artifices "peuvent non seulement mettre le feu aux plafonds et au mobilier s’ils ne sont pas correctement ignifugés, mais ils peuvent aussi enflammer les vêtements synthétiques portés par les clients de l’établissement", note-t-il.

"Il y aussi des règles à respecter de manière absolue concernant les matériaux de construction. Par exemple, on ne peut pas mettre de mousse isophonique au plafond et sur les murs au prétexte que cela isolera le bruit. Cette matière est hautement inflammable et donc très dangereuse", alerte ce gérant. 

Une mousse qui semble avoir été utilisée pour insonoriser le plafond du bar "Le Constellation" en Suisse, selon des images partagées sur les réseaux sociaux ces derniers jours. 

"De manière générale c’est aussi le bon sens qui doit s’appliquer : on peut faire la fête sans avoir besoin de balancer des feux de bengales ou des feux d’artifices dans une salle fermée", estime le gérant.

Pour le commandant Léonce Villandeuil, si les incidents sont rares à La Réunion, il reste essentiel pour les gérants "de ne pas procéder à des travaux sans autorisation". "Le danger vient des aménagements réalisés sans autorisation de travaux, et donc sans consultation de la commission de sécurité", prévient-il. 

En cas de non-respect de ces normes, la population peut "saisir la mairie concernée ou la préfecture", conclut-il.

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4 Commentaires
Isabelle
Isabelle
57 minutes

Faites les magnifiques !!! Surtout sur le dos des autres.

Jack
Jack
2 heures

Bien dit commandant.

Tout sauf Lorion  2K26
Tout sauf Lorion 2K26
4 heures

Pas de feu d'artifice en boîte

Tout sauf Alec
Tout sauf Alec
4 heures

Prudence
Prudence
"Tout ce sui brille n'est pas d'or," y compris en politique.