LA POSSESSION Un hélico de la gendarmerie survole plusieurs secteurs de la ville. Les effectifs de gendarmes ont été renforcés

MOBILISATION LYCÉENNE Un groupe de jeunes manifestent toujours sur le Barachois à Saint-Denis. Photos sur notre site

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À La Réunion : un week-end de violence urbaines, des dégâts importants, des interpellations et des membres des forces de l'ordre blessés

  • Publié le 19 octobre 2026 à 04:56
Mobilisation du 17 octobre : plusieurs dizaines de personnes ont répondu à l'appel à La Réunion

La journée du dimanche 18 octobre 2026 a été calme après les violences urbaines qui ont lieu dans plusieurs communes de La Réunion dans la nuit de samedi à dimanche. À la Possession, les pompiers ont passé plusieurs heures à éteindre l'incendie qui a éclaté vers 4h du matin dans le McDonald's. À Saint-Denis, au Port ou encore à Saint-Pierre, les pompiers et les agents communaux se sont employés à nettoyer les dégâts commis par les manifestants. Selon un bilan publié par la préfecture dimanche, 18 personnes, dont des mineurs, ont été interpellées et 11 membres des forces de l'ordre ont été blessés. Ces faits se sont produits en marge de la mobilisation contre la vie chère et le prix des carburants (Photo Richard Bouhet / Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

La situation a été particulièrement tendue au Port samedi après-midi lorsque des jeunes ont installé des barricades enflammées autour du rond-point du Sacré Coeur au Port. 

Les heurts, avec échanges de jets de galets de grenades lacrymogène, ont opposé les manifestants aux forces de l'ordre pendant près de 2 heures. 

Les jeunes ont été repoussés vers la Rivière des Galets et la situation s'est calmée. Mais ce n'était visiblement que partie remise.

- Le McDonald's de la Possession totalement détruit -

Vers 4h du matin dimanche, des personnes ont mis le feu au McDonald's de la Possession situé non loin du lieu des affrontements de l'après-midi.

Le fast-food a été totalement détruit par les flammes, le bâtiment s'est effondré. Une quarantaine de salariés étaient employés dans ce restaurant.

- Érick Fontaine, maire de la Possession : "nous avons été livrés à nous-mêmes, ce n'est pas possible" -

Le maire de la Possession, Érick Fontaine, n'a pas mâché pas ses mots dimanche matin au micro d'Imaz Press. Il a souligné un manque de moyens au niveau des forces de l'ordre.

"Nous avons été livrés à nous-mêmes, on avait une population apeurée et une police municipale qui a essayé de faire tout ce qu'elle pouvait (face aux manifestants -ndlr)" a-t-il lancé. 

"J'ai dit au préfet à deux reprises dans la nuit et ce matin qu'on ne pouvait pas laisser aussi peu de gendarmes à la Possession lorsqu'il y a des événements aussi graves". Regardez.

- Le syndicat de police UNITÉ 974 "exige des moyens" -

Le syndicat de police UNITÉ 974 a aussi déploré le manque de moyens alloués aux forces de l'ordre.

"Hier (samedi - ndlr), La Réunion a connu des scènes de violence d'une gravité exceptionnelle. Des policiers ont été blessés dans l'exercice de leurs missions, des bâtiments ont été incendiés, des véhicules appartenant à des Réunionnais ont été saccagés, et des barrages filtrants ont servi de cadre à des extorsions à l'encontre de la population.

UNITÉ 974 a ensuite condamné "avec la plus grande fermeté ces (...) actes n'ont rien à voir avec l'expression légitime d'une colère : ce sont des délits et des crimes".

Le syndicat a terminé son communiqué en exigeant : "que les auteurs de violences, d'incendies et d'extorsions soient identifiés et fermement poursuivis (ainsi que) des effectifs et des moyens de protection adaptés pour faire face à de tels événements dans notre département".

- Manifestations à Saint-Denis et à Saint-Pierre -

Pour rappel, samedi soir, 120 policiers étaient dans les quatre circonscriptions sous leur autorité, à savoir : Saint-Denis, Le Port, Saint-André et Saint-Pierre.

Lire aussi - Mobilisation du 17 octobre : le quartier du Chaudron quadrillé à Saint-Denis, heurts entre jeunes et forces de l'ordre au Port

- Le quartier du Chaudron à Saint-Denis sous surveillance -

Dans le chef-lieu, l'après-midi avait débuté dans le calme. Ce samedi, une cinquantaine de manifestants ont défilé dans les rues de Saint-Denis.

Par la suite, un sitting a été organisé sur le Barachois par plusieurs manifestants. Plusieurs d'entre eux arboraient des gilets jaunes et portaient des pancartes protestant contre la vie chère. Tous scandaient : "ne nous regardez pas, rejoignez-nous !". Regardez.

Du côté de la Jamaïque, à l'entrée du quartier du Chaudron, des personnes avaient installé des barrières sur les quatre voies.

Peu de temps après, les voies ont été libérées par les forces de l'ordre.

Dans la soirée, des feux de poubelles ont été allumés.

- Saint-Denis : intrusion dans la grande surface Intermark la Providence -

Dans la nuit de samedi à dimanche des personnes sont entrées dans la grande surface Intermark de la Providence à Saint-Denis. 

Elles ont soulevé le rideau métallique pour entrer. Le magasin a ensuite été pillé. Regardez.

- Des barrages installés dans le sud de La Réunion -

300 personnes, selon les organisateurs, ont déambulé dans les rues de Saint-Pierre dans la matinée.

À Saint-Pierre, où la situation s'était tendue dans l'après-midi au niveau du rond-point du fast-food, trois personnes ont été interpellées selon nos informations. Dans le secteur, des barrages avaient été installés et des jets de galets ont fusé.

Selon un témoignage, plusieurs vitres du fast-food à proximité ont été brisées.

- Une mobilisation sur fond de vie chère et de crise des carburants -

Cette appel national à la mobilisation intervient alors que la hausse des prix des carburants au prix record de 2 euros à La Réunion nourrit les inquiétudes sur le pouvoir d'achat.

D'autant plus que La Réunion a appris qu'aucun stock stratégique de baril de pétrole ne sera libéré dans l'île, contrairement à l'Hexagone où le Premier ministre a promis la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques, avec l'objectif de faire baisser le prix à la pompe de 12 à 18 centimes par litre.

À La Réunion, selon les chiffres de l'Insee, le coût des aliments et des produits de grande consommation est 37% plus élevé que dans l'Hexagone.

Selon les mêmes chiffres 36,4% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

À six mois de l'élection présidentielle, l'appel à faire renaître le mouvement des gilets jaunes a rencontré la protestation des lycéens et étudiants.

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