15 000 personnes selon les syndicats (5 000 selon la police) ont manifesté mardi 3 juin 2003 suite au mot d'ordre national de grÚve lancé par les syndicats du privé et de la fonction publique. En fin de manifestation, une partie des grévistes a bloqué la 4 voies reliant le Nord à l'Ouest. Des affrontements ont alors eu lieu entre les manifestants et les forces de l'ordre qui, selon la préfecture, auraient 3 blessés à déplorer. Un peu plus tard dans l'aprÚs-midi devant le rectorat, un policier a dégainé son arme pour se frayer un chemin dans la foule
Exception faite de la manifestation du 19 mai 2003 oĂč la police Ă©tait intervenue pour faire Ă©vacuer les locaux de la chambre de commerce Ă Saint-Denis occupĂ©s par les manifestants, le climat qui prĂ©sidait au conflit qui agite La RĂ©union depuis deux mois Ă©tait plutĂŽt bon enfant.Cela ne semble plus de mise dĂ©sormais. Ă l'appel de syndicats de la fonction publique et du privĂ©, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues de Saint-Denis et de Saint-Pierre. Ils rĂ©clament toujours le retrait des projets de dĂ©centralisation dans l'Ăducation nationale et de rĂ©forme des retraites. L'annonce faite la veille par le ministre de l'IntĂ©rieur, Nicolas Sarkozy, n'a guĂšre calmĂ© les esprits. "Il dit qu'il repousse l'examen du projet de dĂ©centralisation Ă la mi-septembre. C'est de la folie, car cela signifie qu'il veut jeter dans la rue des dizaines de milliers de personnes au moment de la rentrĂ©e scolaire. Nous ne voulons pas d'un report, mais d'un retrait pur et simple" notait Raymond Mollard du SNES.
Barrages
Les personnels de l'Ăducation nationale Ă©taient prĂ©sents en force, mais les agents des autres Administrations, des collectivitĂ©s territoriales et les salariĂ©s du privĂ© Ă©taient aussi venus en nombre.
Le dĂ©filĂ© qui, comme Ă l'accoutumĂ©, a eu lieu entre le jardin de l'Ătat et la prĂ©fecture Ă Saint-Denis, s'est passĂ© sans problĂšme particulier. Le climat s'est brusquement tendu lorsque plusieurs centaines de manifestants ont pris la direction de la route du littoral dans la ferme intention de bloquer la circulation. Des dirigeants syndicaux ont tentĂ© de s'opposer Ă l'opĂ©ration, afin "de ne pas se mettre les automobilistes Ă dos". Ils n'ont pas Ă©tĂ© Ă©coutĂ©s.
à 13 heures, des barrages étaient érigés à l'entrée et à la sortie de la route. Les manifestants acceptant de laisser passer uniquement les véhicules de secours et les voitures transportant des malades. Le blocage n'a pas duré longtemps. à 13 heures 20 plusieurs dizaines de gendarmes et de policiers ont chargé les manifestants. Ils les ont poursuivi sur plus de 500 mÚtres les repoussant sans ménagement et tirant plusieurs dizaines de grenades lacrymogÚnes
Grenades lacrymogĂšnes
Ă l'arrivĂ©e des grĂ©vistes sur le pont de la riviĂšre Saint-Denis le gros des manifestants qui Ă©taient restĂ©es devant la prĂ©fecture se joignaient Ă leurs collĂšgues arrivant de la route du littoral. L'imposant cordon de sĂ©curitĂ© arrĂȘtait sa progression. Le face Ă face durait jusqu'Ă 14 heures. Les forces de l'ordre chargeaient Ă nouveau vers 14 heures. Un Ă©change de galets et de grenades lacrymogĂšne avait lieu. Les manifestants Ă©taient repoussĂ©s jusque sur le Barachois.
L'ensemble des dirigeants syndicaux dénonçait avec virulence "l'agression perpétrée par la police et la gendarmerie". La manifestation se disperser sans nouvel incident vers 15 heures.
Arme au poing
C'est devant le rectorat que la tension se dĂ©plaçait. De retour du Barachois, les gardes mobiles voulaient repositionner leurs camions devant l'entrĂ©e du parking du bĂątiment. Les grĂ©vistes restĂ©s sur place s'y opposaient. Une bousculade avait lieu entre les deux camps. Alors que le calme revenait, un grĂ©viste faisait mine de subtiliser la casquette d'un officier de police. Ce dernier n'apprĂ©ciait pas. Un ralĂ© poussĂ© avait lieu entre les deux hommes et le policier finissait par ĂȘtre giflĂ© et sa casquette volait sous le choc. En compagnie de deux autres policiers, il se lançait Ă la poursuite du grĂ©viste. La foule les entourait. Perdant visiblement son sang-froid, un jeune adjoint de sĂ©curitĂ© (policier employĂ© en contrat emploi jeune) dĂ©gainĂ© son arme provoquant un bref mouvement de panique dans la foule. Les esprits se calmaient ensuite.
Les manifestants obtenaient mĂȘme le dĂ©part des gardes mobiles. Lesquels ont rejoint leurs camions Ă reculons, raccompagnĂ© jusqu'au bout par les grĂ©vistes chantant ironiquement "ce n'est qu'un au revoir".
Tous les syndicats et toutes les coordinations ont appelé à la poursuite de la grÚve. Reste à savoir ce qu'il en sera de la mobilisation des grévistes.


















