Manifestation devant la préfecture

La "petite mobilisation" des fonctionnaires

  • PubliĂ© le 31 mai 2011 Ă  12:00
Mardi 31 Mai 2011

Manifestation de la fonction publique

Environ 300 agents de la fonction publique se sont mobilisés devant la préfecture ce mardi 31 mai 2011 en faveur d'une hausse du pouvoir d'achat et de la mise en place d'un plan de titularisation des salariés contractuels. Une "petite mobilisation" de l'aveu des syndicats qui ne parviennent pas à expliquer ce phénomÚne.

Salaires gelés, recours aux contrats précaires, conditions de travail jugées "déplorables", hausse continue des prix, autant de raisons qui provoquent la colÚre de l'intersyndicale (CFDT-CFTC-CGTR-FO-FSU-Solidaires-Unsa) qui a appelé à la manifestation ce mardi matin. "Tous les ingrédients de l'exaspération sont là", souligne Jean-Pierre RiviÚre, secrétaire général à la CFDT.

Pourtant, il n'y avait pas plus de 300 agents de la fonction publique devant la préfecture. "C'est une petite mobilisation", reconnaßt Jean-Pierre RiviÚre. Ivan Hoarau, secrétaire général à la CGTR, concÚde aussi que "ce n'est pas la grande foule".

Pourquoi une si faible mobilisation des fonctionnaires ? "Je ne sais pas", avoue le reprĂ©sentant de la CFDT. Ivan Hoarau n'est pas plus prolixe: "il faudrait prendre du recul", explique-t-il. A force d'insistance, les deux syndicalistes tentent tout de mĂȘme d'analyser le phĂ©nomĂšne. "La situation est difficile. Les gens sont accablĂ©s mais ils ont du mal Ă  se mobiliser. Cela traduit peut-ĂȘtre la faiblesse des organisations syndicales", souligne le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Ă  la CGTR.

Jean-Pierre RiviÚre justifie cette "petite mobilisation" par le "peu de temps" qu'ont eu les syndicats locaux pour préparer cette manifestation nationale. "On a du mal à mobiliser quand il s'agit d'un mot d'ordre national. Cela traduit une différence de tempo entre la Métropole et La Réunion", affirme-t-il.

Lorsqu'on lui fait remarquer que les mouvements sociaux localisĂ©s (dans des entreprises ou des institutions) se multiplient mais que la mobilisation est faible lors d'appels nationaux, il rĂ©pond: "lorsqu'on fait grĂšve dans une entreprise ou une institution, on sait que ça va payer dans les jours qui viennent. Ce qui n'est pas le cas dans le cadre de manifestations nationales oĂč on proteste contre des mesures gouvernementales". RĂ©signation ou consĂ©quence du dĂ©veloppement d'une sociĂ©tĂ© individualiste ? Jean-Pierre RiviĂšre n'Ă©carte aucune hypothĂšse.

Le responsable de la CFDT locale poursuit son analyse: "c'est tout de mĂȘme Ă©tonnant de voir qu'une telle exaspĂ©ration de la population ne se transforme pas en mouvement collectif". Il avance une mutation du rĂŽle des syndicats: "on va de plus en plus vers un syndicalisme de services. Les collectifs ne sont plus aussi percutants qu'avant", juge-t-il.

Malgré cette faible mobilisation, les syndicalistes restent optimistes: "cette manifestation était une premiÚre étape. Il y'en aura d'autres dans les semaines qui viennent", annonce Patrick Corré, secrétaire général à la CGTR Educ'Action.

Mounice Najafaly pour
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