Par peur du Covid, ce mardi 11 janvier 2022, la Fédération française de basket-ball a exclu des 16e de finale des Trophées Coupes de France les quatre clubs outre-mer qualifiés. La Tamponnaise Basket Ball et la ligue réunionnaise de basket, à l'instar des qualifiés guyanais et mahorais, ont décidé de faire appel de cette décision qu'ils jugent "discriminatoire".
"Vos Ă©quipes se sont qualifiĂ©es pour participer aux 16e de finales des TrophĂ©es Coupes de France seniors fĂ©minines et masculines prĂ©vues le 22 janvier en mĂ©tropole. Cependant, au regard des risques sanitaires liĂ©s Ă la pandĂ©mie sur les territoires ultra-marins et la mĂ©tropole, en accord avec les autoritĂ©s gouvernementales, nous avons jugĂ© quâil Ă©tait plus raisonnable dâannuler votre dĂ©placement. En effet, nous souhaitons privilĂ©gier la santĂ© avant tout et Ă©carter tout risque Ă©ventuel de cas COVID avant, pendant et aprĂšs la compĂ©titionâŠ"
Voici les premiĂšres phrases du courrier en date du mardi 11 janvier 2022, co-signĂ© par Jean-Pierre Siutat, le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration française de basket-ball, et Alain Salmon, prĂ©sident de la commission fĂ©dĂ©rale 5x5, arrivĂ© dans la soirĂ©e dâhier sur les boites mails des ligues et clubs concernĂ©s (lâASC Tours, lâUS Sinnamary â Guyane -, le BC de MâTsapere â Mayotte - et la Tamponnaise BB - RĂ©union).
Romuald Tami-Tabeth : "nous sommes de la mĂȘme France, non ? -
Un mail terrible Ă lire pour les rĂ©cipiendaires Ă quelques jours dâun dĂ©part pour la mĂ©tropole pour participer Ă une compĂ©tition qui leur tient Ă cĆur. Câest lundi prochain que les joueuses de la Tamponnaise BB devaient sâenvoler pour la rĂ©gion parisienne pour y affronter lâĂ©quipe de lâASA Sceaux (92), club de nationale 1. Ce matin, leur entraineur Romuald Tami-Tabeth Ă©tait encore abasourdi par la nouvelle.
"Câest lâincomprĂ©hension totale", dit-il. "Câest une dĂ©cision inacceptable. Si je comprends bien, seules les Ă©quipes Outre-Mer sont concernĂ©es. La compĂ©tition va se poursuivre pour les clubs mĂ©tropolitains. Si nous sommes privĂ©s de compĂ©tition pour des raisons sanitaires, pourquoi continuer en mĂ©tropole alors que la pandĂ©mie en est au mĂȘme point. Nous sommes de la mĂȘme France, non ?" poursuit-il, Ă©nervĂ© par cette diffĂ©rence de traitement. Le coach est Ă©galement dĂ©goĂ»tĂ© pour ses joueuses qui ont pour certaines"sacrifiĂ© leurs vacances, les fĂȘtes pour sâentrainer quatre ou cinq fois par semaine pour prĂ©parer cette compĂ©tition".
- Freddy Paré : "il y a un coût important pour nous financiÚrement et psychologiquement" -
Freddy ParĂ©, son prĂ©sident, est dans le mĂȘme Ă©tat. "On ne comprend pas cette annulation. Nous avions tout prĂ©vu pour que notre Ă©quipe soit dans une bulle dans le cadre de son dĂ©placement. Nous avions prĂ©venu les filles quâil nây aurait pas de tourisme, que ce serait entrainement â hĂŽtel. Certaines avaient pris des congĂ©s pour ce dĂ©placement. Ce nâĂ©tait pas un dĂ©placement anodin pour le club⊠Il y a un coĂ»t important pour nous financiĂšrement et psychologiquement. Cette dĂ©cision nous laisse Ă penser que nous ne sommes plus français".
- Johan Guillou : "il y a un manque de respect" -
Et le prĂ©sident des Bleues dâannoncer quâil va faire appel. "On va faire un recours au niveau de la FFBB. On veut montrer notre mĂ©contentement". "On sâest investis. On veut jouer. Sâil faut, on ira jusqu'au CNOSF"renchĂ©rit Romuald Tami-Tabeth.
Le club tamponnais sera bien évidemment épaulé dans sa démarche par la Ligue réunionnaise de basket-ball qui, par la voix de son président Johan Guillou, a déjà réagi dÚs ce matin par courrier adressé au président du basket français. (voir par ailleurs).
"Nous sommes choquĂ©s", indique Johan Guillou. "Je voudrais comprendre mais je nây parviens pas. La mĂ©thode, en plus, me choque. Il y a un manque de respect ; il nây pas eu dâĂ©changes avec les clubs pour Ă©voquer la problĂ©matique; câest discriminatoire. Et quand je lis la fin du courrier oĂč ils disent avoir prĂ©vu de voir trĂšs vite la maniĂšre de vous remercier de votre intĂ©rĂȘt et participation Ă la compĂ©tition, jâai envie de rĂ©pondre que nous ne sommes ni achetables ni vendables. On veut juste jouer".
Et celui-ci de conclure quâil compte mener une bataille sportive, juridique et politique.
Lire aussi - Tribune libre de Johan Guillou : Lettre ouverte au président de la Fédération Française de basket-ball
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Vous trouvez ça étonnant ' MOI pas. Choquant ' Y a longtemps que nous sommes considérés comme des citoyens soi disant français mais de seconde zone. J espÚre que vous saurez vous en souvenir au mois d avril. Et voilà pensez vous que l esclavage et la colonisation sont terminés ' Je vous laisse répondre.
La baballe ou la santé.
Comment est ce possible car nous ne sommes pas responsables de la situation sanitaire locale, nous respectons tous le port du masque, les gestes barriĂšres, les restrictions. C'est injuste car Monsieur Ratenon l'a bien dĂźt : c'est de la faute des touristes
Les Reunionnais ne peuvent pas partir en métropole. Par contre pour le Grand Raid on peut venir à la Reunion. Belle logique.