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À La Réunion, 25% des détenus sont incarcérés pour des délits et crimes à caractère sexuel

  • Publié le 10 juillet 2026 à 02:59
Prison domenjod

Le viol et la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans - dont l'auteur présumé, Jérôme Barella, avait déjà été visé par des plaintes pour viol - mettent en avant la gravité de la récidive en matière d'infractions à caractère sexuel. Pour Jessy Yong-Peng, présidente de l'association EPAA974, "le problème est que les professionnels travaillent avec une notion de risque estimé, pas de certitude". Au centre de détention du Port, centre pénitentiaire où sont détenus les auteurs d'infraction à caractère sexuel (AICS), 25% des personnes incarcérées le sont pour délits et crimes à caractère sexuel. Sur cette population, plus de 90% bénéficie d’un suivi pour éviter la récidive (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

"Une personne peut sembler stabilisée pendant plusieurs années puis récidiver. C'est l'une des principales limites du système", dit Jessy Yong-Peng, présidente de l'association EPAA974.

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- À la prison, 25% des personnes incarcérées le sont pour infractions à caractère sexuel -

Au centre de détention du Port, qui est donc le centre pénitentiaire où sont incarcérés les auteurs d'infraction à caractère sexuel (AICS) -, la population de ces auteurs représente 25% des personnes incarcérées.

"Sur cette population, plus de 90% bénéficie d’un suivi de la part du SMPR (Service Médico-Psychologique Régional)", précise le Docteur Olivier Marmasse, praticien Hospitalier et chef de Service Psychiatrie légale (SMPR-CRIAVS-USIP).

Il est prévu par le législateur, "la possibilité d'ordonner un suivi socio-judiciaire à l'encontre des délinquants sexuels, ce qui permet un suivi plus long ainsi que le prononcé d'une injonction de soins", ajoute le parquet.

"L’administration pénitentiaire peut également assurer un suivi dans le cadre d’une libération anticipée (par des conseillers d’insertion et de probation)", indique le parquet général.

Le parquet précise par ailleurs, qu'il existe deux types de sursis pour ces auteurs : "le sursis simple (sans suivi), et le sursis probatoire qui permet de prévoir des obligations et interdictions à respecter durant un certain temps (obligation de soins, interdiction d'entrer en contact par exemple).

Le sursis "est déterminé par la juridiction de jugement (tribunal correctionnel, assises, etc …)", explique le parquet général. "Il est de 3 ans maximum pour un primo-délinquant et 5 ans si la personne est en état de récidive."

Dans l’hypothèse où la personne ne respecte pas ces obligations et interdictions, "le juge de l’application de peine peut révoquer la peine d’emprisonnement prévue au titre du sursis probatoire et ordonner l’incarcération", ajoute le parquet général.

Si le suivi probatoire est terminé, il n'y a plus de suivi judiciaire - hors suivi effectué pour le FIJAIS (c’est-à-dire que la personne doit justifier de son domicile) -, ou d'obligations de soins pour le mis en cause.

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- Le taux moyen de récidive légal est de 5,7 % pour les viols -

Dans le domaine des violences sexuelles comme dans les autres, le risque zéro n'existe pas. "Le taux moyen de récidive légal sur la période 2019-2023 est de 5,7 % pour les viols et ce même taux est de 7.2% pour l’ensemble des crimes", précise le Dr Marmasse.

"La récidive est une question complexe, à multiples facettes. Parmi les facteurs de risque généraux de délinquance figure la violence subie ou agie, ce qui renvoie aussi aux politiques de prévention des violences mises en œuvre dans la société", précise le Dr Olivier Marmasse.

Il note par ailleurs que "le risque de récidive n'est pas le même selon les caractéristiques de l'auteur, de l'acte commis et de la victime".

Pour les auteurs d'infraction à caractère sexuel (AICS), les objectifs de prise en charge sont : de "réorganiser le système défensif psychique et augmenter la capacité de mentalisation, c'est-à-dire travailler à une réorganisation de la configuration psychique du patient, renforcer le contrôle pulsionnel, en aidant la personne à acquérir des compétences sociales et affectives favorisant des relations satisfaisantes, à développer une maîtrise de son excitation sexuelle, à corriger les distorsions en matière de sexualité, et à identifier les situations qui favorisent le passage à l'acte afin de les éviter ou d'y mettre fin" Et enfin "améliorer, à terme, la qualité de vie de la personne, avec pour indice une meilleure insertion sociale, professionnelle et affective", indique le Dr Olivier Marmasse.

"Le suivi peut être individuel ou en groupe. Les professionnels de santé qui prennent en charge des AICS adoptent la même attitude qu'avec toute autre personne nécessitant des soins : non jugeante et bienveillante. C'est ce qui permet de créer les bases d'une alliance thérapeutique et d'engager le travail nécessaire", dit-il.

Pour ce praticien hospitalier, "des soins plus intensifs sont préconisés lorsque le risque est évalué comme élevé, pouvant aller jusqu'à la prescription de médicaments dits "anti-libidinaux".

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- "Stop", une ligne d'écoute pour les personnes attirées sexuellement par des enfants -

Sur le plan préventif, la fédération des CRIAVS (Centre de Ressources au profit des Intervenants auprès des Auteurs de Violences à caractère Sexuel) a créé le dispositif STOP, une ligne téléphonique destinée aux personnes éprouvant des attirances sexuelles envers les enfants. Il permet d'accueillir leur parole avant tout passage à l'acte.

S'il n'est pas encore effectif dans le département, le CRIAVS-OI souhaite l'ouverture de cette ligne à La Réunion.

"Il reste toutefois à constituer le réseau de soignants en mesure de prendre ces personnes en soin", précise le Dr Marmasse.

Selon Jessy Yong-Peng, "il faudrait aussi davantage de soins spécialisés pour les auteurs, davantage d'évaluations régulières du danger, un meilleur partage d'informations entre justice, santé et secteur social et enfin un suivi plus long pour certains profils à haut risque".

Dans tous les cas, il existe deux dispositifs permettant d’assurer la protection de la victime : le BAR (bracelet anti-rapprochement) et le TGD (téléphone grave danger).

"Si l'affaire est classée sans suite, il n'y a plus de cadre de suivi puisque l'enquête est clôturée", nous dit-on. Des classements sans suite qui, à La Réunion, suscite l'indignation dans certaines affaires, notamment pour celle de suspicions de violences sexuelles dans une crèche à Saint-Paul ou encore à l'école primaire privée Sainte-Marguerite de Saint-Benoît.

- Les auteurs de violences sexuelles inscrits au FIJAIS -

En 2024, 995 enfants ont été victimes d'atteintes sexuelles à La Réunion, dont 382 dans un cadre intrafamilial, et 158 viols ont été recensés, en hausse de 23%, selon la gendarmerie

À La Réunion, 1.325 dossiers de violences sexuelles sur mineurs sont inscrites dans les services d'enquête (718 côté police nationale et 607 secteur gendarmerie).

1.417 affaires sont enregistrées dans les tribunaux de l'île, selon le parquet (733 procédures pour le tribunal de Saint-Denis et 674 pour le tribunal judiciaire de Saint-Pierre).

Pour toutes les condamnations, "pour des faits de nature sexuelle, les auteurs sont inscrits au FIJAIS (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes), note le parquet de La Réunion.

Ce "fichier oblige la personne condamnée à devoir se présenter aux services de police pour justifier de son adresse. Cela permet de tracer/localiser les auteurs d'infractions sexuelles."

Chaque année en France, près de 6.000 personnes – en majorité des hommes – sont condamnés dans des affaires de violences sexuelles.

En cas d'urgence, le seul numéro à composer est celui de Police Secours.

Le 119 pour les enfants en danger

Le 112, numéro d'urgence européen

Le 114 pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques

Vous pouvez signaler des faits de violences , directement auprès du commissariat ou de la gendarmerie la plus proche sur le www.servicepublic.fr/cmi Anonyme et gratuit, ce tchat est accessible 24h/24 et 7j/7 pour échanger avec des policiers ou des gendarmes spécialement formés aux violences sexistes et sexuelles.

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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